40 ans de scoutisme à Charonne (chronique 1946 - 1950)

Trois troupes et trois meutes.

Cette période du scoutisme est faste et brillante à Charonne, avec une belle expansion : deux nouvelles troupes (dont une très éphémère !) et deux nouvelles meutes sont créées.
C’est l’époque de Léon Catusse, des frères Albe, du Père Lacoin, d’Odile de Lussigny, de François Chaboche, de France Carrel, Jeanne Marie Guibrunet, tous auréolés de prestige au yeux des petits louveteaux? et des scouts.
Pendant toute cette période, c’est un scoutisme « effervescent » que l’on vit. Beaucoup de gaîté, beaucoup de plaisir, quelque absence de conformisme. L’environnement est favorable : la paroisse lui est acquise, les rues du quartier sont à eux, surtout la rue des Haies, la place et la rue Saint Blaise. On se pose peu de questions : on est croyant et pratiquant. On adhère à la loi scoute et on vit une fraternité réelle ou les jeunes admirent les aînés. Et les aînés aiment se faire admirer. Les grands jeux, les explorations touristiques, les fêtes et les feux de camp sont des moments forts. Il y a un peu d’angélisme dans ce scoutisme, marqué sans doute aussi d’un petit manque de modestie. Mais avec beaucoup de hauts et quelques bas, çà marche !

1946

Le Groupe vit bien. En janvier, Il y a désormais 6 patrouilles à la troupe. P David obtient sa seconde classe et Jacques Raineri, Roger Chevalier, RemyLorrain, L Patron, Jacques Brignon, Claude Klotz, J Theinaud entre à la troupe. La formation des CP est poussée. Témoin ce petit texte de consignes intitulé " Exemple de réunion de Patrouille :

I. Mise en route : soit un petit chant, soit un jeu assez calme autant que possible d’intérieur.
II. Partie technique de la réunion : si les scouts ne sont pas très forts, utiliser les plus aptes à former les autres, en les prévenant une semaine à l’avance.
III. Partie Physique : jeu sportif, ou partie individuelle : histoire, ou causeries diverses. "

Les Scouts, en commun avec la JOC, l’Amicale des jeunes de Charonne et le Patro ouvrent un foyer des jeunes de 15 à 25 ans, au 126 rue de Bagnolet, ouvert à tous le jeudi et le dimanche.

Les 2 et 3 mars une grande fête de Groupe est donnée Au programme les louveteaux? produisent “ le jeu des 4 saisons ", les troupes " le secret d’Escarmador ”, les chefs “ la farce du Chaudronnier ”.

Cette fête est l’occasion de la création par Claude Albe d’une chorale, la “ Cigale ”. Elle verra des débuts triomphants, jouera un grand rôle à Charonne, parmi les scouts et les chefs et sera rattachée à la Chorale du Scoutisme français. La Chorale s’appellera aussi un temps Chorale Saint François. Claude Albe passera la baguette à d’autres. Puis par manque d’assiduité, elle finira par disparaître. Une belle Histoire… Nous en reparlerons.

Le 7 mars est annoncé la création d’une seconde troupe au Groupe. La très nombreuse 37e de 53 garçons, dénombrés sur un trombinoscope de 46/47, est dédoublée et comme la coutume le veut, la nouvelle troupe prend le numéro 137 et la double bordure blanche sur le foulard brun. Les patrouilles restent globalement constituées comme en novembre 1945, mais leur répartition dans les deux troupes est la suivante : à la 37, Ramiers " toujours mieux ", Léopards " toujours tenaces ", Alouettes " toujours plus haut ", à la 137, Rouges gorges " toujours gais ", Hirondelles " toujours ? Unies ” dont le CP est Claude Lahure, et Chamois.

Si la 37 continue d’être dirigée par Jean Jacques Albe, assisté de Pierre Thomas, son frère jumeau Daniel prend la charge de la 137 avec Jean Pujol pour Assistant.
Si le local de la 37 reste au 70 rue des Haies, la 137 a un local provisoire, plus modeste et proche de Saint Germain de Charonne, au 7 de la rue Saint Blaise, un bâtiment aujourd’hui démoli.

Il y a aussi trois meutes. Celle de la 37 reste aux mains d’Odile de Lussigny, assistée par Liliane Verrier. La meute de la 137 est dirigée par Geneviève Verrier. Une troisième meute, la 237e est crée avec Claude Albe pour Louvetier, mais sera éphémère.

La 137e gagne le rallye de District. Louis Hacquin raconte que “ la manœuvre est assez complexe : elle fait converger les patrouilles sous la responsabilité des CP, depuis différentes gares vers un point en forêt. Les troupes se reconstituent et sous la direction de leurs chefs doivent faire flotter le plus haut possible le foulard de leur troupe. La 137 construit un ensemble d’éléments croisés et triangulés avec les 28 ou 30 bâtons de 1,60 mètre (le “ staf ” dont chaque scout est alors doté), et élève cette construction à 8 mètres du sol. Comme astuce, l’ensemble est édifié sur un monticule de 5 m de haut. Le foulard brun à double bordure blanche est le plus haut de tous ”.

Le camp de Pâques a lieu pour les deux troupes à Montgé en Goèle, en Seine et Marne, chez Monsieur de Lessardières. Claude Albe dirige la 137. Jacques Blot, Loup serviable alors aux Léopards, et Michel Benoist y font leur promesse.

Le 20e anniversaire de la fondation du Groupe est fêté le dimanche 2 juin. De nombreux anciens, dont le docteur Maurer (Hathi), y participent à la messe en plein air sous les ombrages de la rue des Haies, puis à un repas avec les chefs. Mais que de vieilles barbes aux yeux des adolescents, se souviennent nos évidemment toujours jeunes anciens !

Le camp d’été a lieu au château d’Aubonne, par Saint Gorgon dans le Doubs, chez la famille Lombardot. Dirigé par Léon Catusse le chef de Groupe et l’Abbé Lacoin, il dure du 15 juillet au 5 août. Les meutes 37 et 137 sont dirigées respectivement par Odile de Lussigny assistée de Marie-Rose Melun et Claude Albe assisté d’Emile Herment. Les troupes : Jean Jacques Albe et Pierre Thomas ACT pour la 37 et Daniel Albe assisté de Jean Claude Bildgen pour la 137.
Cette année là il faut encore recueillir tickets d’alimentation et provisions auprès des parents. L’équipement individuel demandé aux garçons est le suivant :

" Avec un petit sac par catégorie :
Affaires de nuit : 2 couvertures ou un sac de couchage, 1 paillasse, 1 tricot de laine, 1 pyjama.
Affaires de toilette : 1 savon, 1 gant de toilette, 1 brosse à dent, 1 dentifrice, 1 peigne, 3 serviettes de toilette.
Sac de cuisine : 1 assiette, 1 cuiller, 1 fourchette, 1 couteau, 1 quart, 1 bidon, 1 serviette et 3 torchon.
Affaires de jeu : 1 culotte, 3 chemisette, 1 paire d’espadrille, 1 foulard de jeu.
Rechange : 1 tricot d’uniforme, 1 chemise d’uniforme, 3 paires de chaussettes, 2 caleçons, 1 maillot de bain, 4 mouchoirs.
Uniforme : chemise, culotte, foulard, socquettes blanches, cape ou imperméable.
Divers : livre de messe, chapelet, papier, crayon, ficelle, lampe électrique, carnet de chants, harmonica, pipeau, lacets. "

Quels changements avec aujourd’hui, si ce ne sont les couvertures ?

L’année scoute s’ouvre le jeudi 3 octobre par une messe de Saint-François patron du Groupe. Le traditionnel " passage des louveteaux " à la troupe se fait le dimanche 6, suivi de l’admission des novices.
Quelques changements ont lieu au sein de la Scoutmaîtrise : Philippe Gauge prend la direction de la Meute 137, assisté d’Emile Herment. Pierre Thomas encadre la Troupe 137.
Une troupe d’aînés, groupant les garçons les plus âgés est créée et dirigée par Daniel Albe. Elle prend le n° 237 (avec trois bandes blanches) et comporte de nouvelles patrouilles, les Lions et peut-être les Tigres ?
En tous cas, voici le chant du Lion retrouvé sur une feuille (sur quel air ?) :

" Refrain :
C’est nous les Lions
Nous rugissons
En redisant nos vieilles chansons
Nous avons l’air fripons
Mais nous sommes de bons garçons

I.
Quand sur la route
Avec la troupe nous marchons
Sans aucun doute
En chantant nous les entraînons

II.
Dans la patrouille
Comme les cinq doigts de la main
Jamais de brouille
Nous sommes unis pour le destin "

Le Comité des " Amis des Scouts " et la Scoutmaîtrise organisent une grande sortie le dimanche 27 octobre, avec le Groupe au complet " en vue de reprendre un rapide contact avec les parents… par la pratique du scoutisme, nous nous proposons de faire de vos enfants des garçons virils et pleins d’idéal. Nous avons donc besoin de votre concours et de votre aide et ainsi, tous ensemble, nous réaliserons une belle oeuvre. "

Dans le même temps Julien Tailliez, ACDE du district Paris II incite les scouts et CP à un itinéraire de travail en patrouille, opération nommée " Soleil Levant " qui doit aboutir au choix de celles qui seront invitées à participer au JAM prévu en 1947.

1947

L’année commence par une fête des Rois fêtée joyeusement autour des galettes préparées par les parents et des saynètes préparées par les scouts.
Le programme du mois de janvier de la 237e signé du CT Daniel Albe indique pour effort du mois : la tenue. L’Uniforme, les attitudes extérieures etc. L’appel de l’ACDE relatif aux progrès et réalisation de la Patrouille est repris. Le programme technique envisage que tous les scouts de la troupe possèdent à fond toutes les épreuves de seconde classe.

Le 26 février , l’ACDE informe que les 6 premières patrouilles seront désignées après le Rallye de district du 2 mars. Pour après Pâques, " défendre l’honneur du District dans l’éliminatoire de Province. "

Bernard Martel, stagiaire de la 84e, vient renforcer Jean Jacques Albe à la 37°. Jean Louis Cassou fait renaître la patrouille des Cigognes " en plein…ciel ! ", dont il sera un vaillant CP.

Pendant l’année scolaire 1947, le Groupe assure difficilement la maîtrise à la 137e. Trois chefs s’y remplacent successivement.

Les 8 et 9 mars les CP et SP? sont patrouille de service, “ Lévriers ” au foulard gris, au Camp Ecole de Chamarande.

Le Camp de Pâques se déroule à Soisy sur Seine du 5 au 11 avril, sous un temps médiocre. Léon Catusse l’encadre, Jean Jacques Albe dirige la 37° et Pierre Thomas la 137° Claude Albe est chargé de l’intendance. Une fois encore c’est une affaire de tickets " pain : 2200 g, si vous pouvez avoir des tickets supplémentaires, apportez les, n’hésitez pas. " Le prix du camp est de 550 F voyage compris.

A ce camp un Grand Jeu est évidemment organisé. " Deux équipes d’explorateurs sont à la recherche de gisements d’uranium au Congo Belge. L’une est sous l’autorité du gouvernement français, l’autre du gouvernement anglais.
Après un voyage très pénible elles arrivent vers l’endroit où se trouve le gisement.

1° Les deux équipes conviennent de se communiquer réciproquement les renseignements qu’elles auront pu obtenir sur l’emplacement du gisement. Les équipes ont réussi à capter des messages portés par des indigènes.
Après avoir bâti une tour de signalisation chaque équipe donne à l’autre les renseignements obtenus.
Les Français doivent commencer à signaler.
L’ensemble des renseignements que possèdent les équipes doit pouvoir situer exactement l’emplacement cherché.

2° Arrivés sur les lieux les explorateurs doivent se conformer aux ordres contenus dans la lettre cachetée qu’ils ouvrent alors et….. "
On peut voir sur les photos que les scouts portent encore le chapeau, mais ce n’est plus guère pour longtemps, et les bâtons ont disparu.

C’est aussi à Soisy, à la demande du Curé du lieu que se retrouveront les parents le 22 juin pour une grande sortie. " Cette journée sera une peu différente des sorties de Groupe habituelles. Elle est destinée à prendre contact avec la population de Soisy et à faire voir aux garçons susceptible de devenir scouts ce que nous faisons aux camps. Nous ferons notre possible pour que les habitants du village se joignent à nous et comptons sur vous pour leur montrer que même des adultes peuvent prendre intérêt à notre mouvement. "

Le Groupe a envisagé un grand camp en Allemagne et en a fait part au Commissaire National George Gauthier. Le Secrétaire Général du Scoutisme Français répond que le Conseil national du Scoutisme Français ne tient pas à ce " qu’actuellement des troupes scoutes aillent camper en Allemagne ".

Ainsi le camp d’été a lieu du 16 juillet au 6 août pour les 37° et 137° et du 25 juillet au 14 août pour la 237° à Flayat (Saint Agnant près Crocq) dans la Creuse, chez le Baron Pierre d’Ussel.

Sous la direction de Léon Catusse qui rejoindra le 2 août, avec le Père Lacoin, Odile de Lussigny et Geneviève Verrier dirigent la meute de la 37°, aidées des cheftaines de la 207 (Le Cœur Eucharistique) qui campent avec elle. Claude Albe pour sa part dirige la Meute de la 137°.

René Merlier devait diriger la 137°, assisté de Claude Lahure. Mais son Patron lui refuse des vacances. Enfin Daniel Albe aidé de Gilbert François ff ACT, dirige la 237° (10 à 12 garçons) pendant la première semaine et Le CG assure la suite.

Ce camp reste pour tous ceux qui l’ont vécu, comme un moment formidable. Il y a une centaine de garçons, il fait très beau temps, sauf la nuit de l’exploration de patrouille. Les Installations de celles-ci sont très sophistiquées. Les Alouettes montent notamment une tente surélevée. Pendant le camp, les scouts font des excursions très réussies au Mont d’Or et au Puy de Sancy (1886 m). C’est fait, les scouts ont adopté le béret, mêmes si quelques chapeaux subsistent.

Et puis voilà que le camp est le théâtre d’un incendie spectaculaire et mémorable, couvant dans les racines de pins plusieurs jours, mobilisant les inquiétudes de tous et des chefs en particuliers. Daniel Albe s’y montre très actif, notamment sur la technique de la tranchée pare-feu.

La 37° et la 137° vont visiter le Jamboree de Moisson (vallée de la Seine), les 9 et 10 août et la 237 les 16 et 17 août. Alors que le Groupe n’y participe pas directement, Jean Louis Cassou (CP Furet Vivace) se souvient “ qu’afin d’établir une sélection représentative des scouts de son District Paris Est II, Louis Hacquin avait organisé un concours de patrouille de toutes les troupes. Pour la 37, ce fut ma patrouille des Cigognes qui arriva en tête et ainsi eu la chance de participer au Jamboree dans les meilleures conditions. Une fois sur place nous fûmes honorés de la visite de notre CT, Jean Jacques Albe qui vint inspecter ses ouailles avec son patron (lui-même Commissaire " de quelque chose " à ses moments perdus), auprès duquel il avait réquisitionné une camionnette.
Pour nous les scouts du 20e, cette réunion fut un émerveillement, une découverte après une très pénible période de guerre et de clandestinité.
Des indiens dans leur costume comme au cinéma, avec plumes et tentes, des Philippins, des scouts marins qui déjà développaient une discipline presque militaire… En un mot une immense communion de jeunes de tous peuples et confessions. C’était vraiment la Fraternité . ”

Octobre et la reprise des activités apporte ses réorganisations. René Merlier ne peut plus assurer la direction de la 137° et accepte de prendre un poste de CG adjoint de Léon Catusse. Odile de Lussigny garde la meute de la 37° et Geneviève Verrier prend la 137°. Jean Chéret, détaché du Clan du Collège Stanislas, prend la direction de la 37°, appelé par le Père Lacoin . Il est accompagné de Hubert Grangé et de François Chaboche du même clan. Ce dernier va rester au Groupe de nombreuses années.

La 237° formée l’an passé était une transition pour préparer la Route. La plupart des garçons ayant désormais l’âge requis, deviennent novices routiers? sous la direction de Daniel Albe. Les plus jeunes de la 237 reprennent place au sein des deux autres troupes. La 237° disparaît donc. Il n’est pas sûr, mais il faudrait le vérifier, que la 237° aie été homologuée par L’association des SDF.

La Cigale qui a pris le nom de Chorale Saint François est très demandée. Elle reprend ses répétitions sous la direction de Claude Albe.
Claude Benoist fait un stage à la 84e Paris avant de revenir ff ACT à la 37e. Pour les chefs de cette époque, la Route reste alors un passage obligé avant d’être assistant. Plus tard on sera plus fréquemment en même temps routier et ACT.

En novembre, France Carrel arrive au Groupe assister l’Akéla de la 37e .
Et la messe de minuit est célébrée rue des Haies.

1948

Les meutes semblent regroupées ( ou ont des activités communes ?) avec Odile de Lussigny, assistée de Geneviève Verrier et France Carrel. Pierre Tiechon est sizenier des gris et Georges Desplanques, des noirs cette année là.
Le 1er février a lieu la Fête de Groupe. Les louveteaux produisent “ Cendrillon ”, la 37 “ Le roi d’Islande et la puce ”, la 137 “ l’impromptu de Barbe-bleue ” et les routiers “ Les irascibles ”. Léon Catusse se marie le 7 février.

En mars une circulaire signée du CG Léon Catusse, de Robert Merlier CG Adjoint, de Louis Lacoin Aumônier et de Claude Albe Cigalier, remercie tous les Parents et Amis " pour votre participation et votre présence à la veillée de Noël et à la messe de minuit, pour la réunion familiale de l’Epiphanie qui a été votre œuvre, pour tout ce que vous avez fait pour la réussite de notre fête de Groupe. Grâce à vous nous avons pu réaliser un bénéfice net de 51 340 francs "…. Mais il ne suffit pas de regarder en arrière, Il faut faire face à l’avenir, et comme par le passé nous comptons toujours sur vous et bien davantage encore. Dans un avenir prochain, voici Pâques et avec Pâques la saison des camps. Nous comptons sur vous tous pour que vous compreniez la nécessité de ne pas priver vos enfants de ces quelques jours de vie scoute intensive et nous insistons auprès de vous afin que tous participent à ce camp, même s’il ne dure que trois jours. (La 37° et la 137° campent à Athis Mons) Puis bientôt ce sera juin et le 27 juin c’est notre grande sortie familiale et, dès maintenant, nous vous demandons de réserver cette date.

On peut imaginer à cette lecture que l’absentéisme commence à frapper le Groupe après les années fastes des frères Albe.

Dans cette même circulaire on trouve aussi quelques informations sur la vie de la cigale :

" En mars 1946, commençait une réunion de " Cigale " — nous avions le désir de lancer une chorale au sein de notre groupe scout — ce désir, grâce à l’effort général et persévérant, s’est réalisé.
Vous nous avez dit votre joie de nous entendre chanter, et nous vous remercions de l’appui que vous nous avez apporté.
Il y a deux semaines, deux chefs scouts de l’extérieur (tous deux faisant partie d’une chorale parisienne) ont accepté de nous prêter leur concours. Mais nous voudrions, au lieu de la vingtaine de garçons réguliers aux répétitions, leur présenter cinquante ou soixante louveteaux, scouts et routiers. C’est très possible et pour cela, chers parents, nous vous demandons votre soutien en envoyant vos enfants à l’unique répétition hebdomadaire, le samedi de 18 heures à 19 h 15 très précises, 126 rue de Bagnolet.
En plus des chants que nous apprenons " nous faisons" du solfège pas trop ennuyeux ( et nous demandons à chaque garçon un cahier de musique et un crayon).
Nous essayons de leur faire aimer le beau chant pur et joyeux, sans histoire, sans " dissonances trop modernes ". nous aidons " les voix " (même fausses) à sortir et être justes : effort pénible parfois, mais bien souvent récompensé.
Nous comptons , comme l’année dernière, enregistrer au mois de juin, et nous voulons sérieusement nous y préparer. Nous avons chers Parents besoin de votre aide. Encouragez vos enfants à venir régulièrement "

Claude Albe écrit encore en 1948 dans le “ Feu du Conseil ” :
“ Dans une dernière circulaire, nous signalions la deuxième année d’existence de la chorale. C’est en effet au mois de mars 1946 qu’elle a commencé ses répétitions pour chanter la première fois, le 2 juin 1946, au 20e anniversaire du Groupe. Nous voudrions à ce propos donner ici les noms de ceux qui dès le début nous aidèrent à lancer la Cigale. Certains ont mué depuis (hélas !), d’autres nombreux encore tiennent toujours les parties de soprani ou altii. (…) Bernard Dareau et Jacques Blot furent au départ les premiers soprani solides. Depuis ils ont mué. Dans les scouts actuels, nous retrouvons Michel Benoist (qui malgré les nombreux soli qu’on lui donne, reste toujours simple), Jean Pierre Bléjean, Pierre Boyer (qui est difficile à classer maintenant), Jean Louis Cassou (le meilleur alto que nous ayons en ce moment), Roland Chemin, G Coquelin, les deux Gandilhon, Claude Neveu (en grand progrès), Claude Patron, JC Rigoureau, et bien d’autres.
Quant aux louveteaux, si réguliers aussi, même les plus jeunes, vous reconnaîtrez Gilbert Dallée, Bernard Gaillard, Gérard Hector , Roland Lutz, Richard Tock, Philippe Vedrenne et Robert Bonnissent (qui chante juste, maintenant).

Les noms que nous avons inscrits ici ne représentent pas heureusement la totalité des éléments actuels de la chorale. Il y a beaucoup de nouveaux, et certains s’annoncent pleins de promesses. Est-il besoin aussi de souligner l’appoint des cheftaines, et des chefs et des routiers pour les parties d’hommes ?
Depuis un mois et demi, les garçons de la chorale portent une cigale sur la ceinture s’ils sont scouts, sous la croix de promesse s’ils sont louveteaux. Les nouveaux la reçoivent après un mois de stage.
Nous préparons des chants nouveaux pour la kermesse du 6 juin. Ce journal nous permettra de vous donner quelques renseignements sur nos répétitions et sur le travail que nous y faisons avec l’aide si utile de Raymond Bénard (de l’Alauda des Scouts de France) et de Paul Mélin (de la chorale des étudiants de Paris).

Bravo donc pour tous ceux qui viennent si régulièrement et avec tant d’enthousiasme aux répétitions et aux auditions. Nous comptons aussi demander aux plus grands de s’entraîner de temps à autre à la direction chorale (avis donc aux volontaires) (…), le Cigalier, Claude Albe ”.

Dans les unités, le chant avait une place prépondérante que n’ont peut-être pas connu les plus jeunes générations ; pour preuve cette initiation “ comment monter et diriger un chant ? ” toujours signée de Claude Albe.
“ … Au sein des troupes, dans les patrouilles tout particulièrement, il est bon qu’il y ait un “ spécialiste ” chargé d’apprendre et de diriger les chants et c’est pour lui, pour toi, chef de patrouille ou second, ou même simple scout, que je veux donner ces quelques conseils techniques trop méconnus ou trop oubliés.
Tu as devant toi 4 ou 5 garçons. Tu veux leur apprendre un chant. La première condition est que tu connaisses parfaitement le chant en question.

  1. Commence par donner les paroles du premier couplet et du refrain, paroles que les scouts transcriront sur leur carnet de chant.
  2. Puis chante seul, ce premier couplet et ce refrain.
  3. Ensuite chante la première ligne, toujours seul, et tes garçons répèteront cette ligne.
  4. Quand ils ont bien en tête cette première phrase et pas avant, apprends leur la seconde ligne
    Tu vois la seconde condition : apprendre le chant, ligne par ligne, lentement, en exigeant le rythme et la justesse absolue. Chante le premier tout seul, ne permet pas qu’on fredonne avec toi. Les autres chanteront quand tu auras fini.
  5. Quand le premier couplet et le refrain sont sus, donne les autres couplets, qui seront aussi transcrits dans le carnet de chant, et exige de tes garçons qu’ils apprennent par cœur les paroles (de tous les couplets) pour une date déterminée (un mois après).

Tout ceci donc est donné pour monter un chant. Et maintenant comment le diriger.

Je suppose qu’il s’agisse d’un chant à une voix, ou deux voix ou plus (attention aux secondes voix improvisées, fausses le plus souvent). Comment diriger ? Il n’y a pas à proprement parler de “ recettes ” ou de “ clés ”. Tu donneras d’abord le ton, c’est à dire la note du départ. Puis tu comptera 1-2, et tu battras la mesure, en marquant les temps par des gestes nets et précis (veille, au fait, à ce que tes garçons partent sur la note que tu leur a donnée).
C’est la fin de ton geste qui marque le moment d’attaquer le chant ou de l’arrêter.

N’oublie pas que c’est toi qui diriges et non le groupe des garçons qui chantent. Impose ton rythme et ta direction. Mais le mieux est d’apprendre à diriger… en dirigeant. Il faut que tu te lances, avec un peu d’audace. Tu ne seras pas ridicule, rassures-toi.

Si tu viens à la chorale, demande à diriger un chant facile, pour te faire la main (ainsi " Vent de la plaine ", ou " la Chère maison "). Demande conseil à tes chefs, et lorsque tu les vois diriger, regarde comment ils s’y prennent.
Ce n’est pas si terrible que cela que de diriger un chant, le plus dur est de commencer. Alors lance-toi et tu verras que ça viendra petit à petit. Bonne chance.

En mai un événement marquant au Groupe, la sortie du n°1 d’une nouvelle revue du Groupe, le “ Feu du Conseil ”. Elle paraîtra jusqu’en 1953. C’est le plus célèbre des bulletins de liaison des différents chefs, parents et amis des scouts du Groupe, et aujourd’hui, une source précieuse d’information. Léon Catusse entame dans ce premier numéro la narration de l’histoire du Groupe, celle qui a été présentée dans les pages précédentes.

Autre innovation, dès le début juillet, le Docteur Pujol, père de Jean et de Paul, fait passer les visites médicales. C’est pour lui le début d’une longue fidélité comme médecin attitré du Groupe.

Depuis la guerre toutes les unités du Groupe campent dans une même propriété. Cette année, en raison du nombre de plus en plus grand des garçons, le Groupe va éclater car chaque unité organise son propre camp d’été. L’Aumônier passe 8 jours avec chacune.

Les meutes campent à Arrentières au nord de Bar sur Aube.

La 37° campe à Allex-Grane du 17 juillet au 4 août, à 20 km de Valence. Le camp accueilli par les Petits Clercs de Saint Joseph, permet une grande randonnée et l’ascension du Glandas à 2045m. On peut en lire le compte-rendu de Jean Jacques Albe dans le " Feu du Conseil " n° 4 d’octobre 1948. Le temps est beau hors quelques pluies les derniers jours qui inondent les tentes. Le camp est gagné par les Cigognes (273 points), suivies des Ramiers (270), des Alouettes (269), enfin des Léopards (251) dont Pierre Klotz est CP.

La 137° campe pour sa part dans le Massif de la Grande Chartreuse du 17 juillet au 4 août. Jean Descourtieux y est intendant.

Jean Jacques Albe participe au Rover Moot à Shjah (Norvège) avec la délégation française.

Enfin le Clan effectue l’été, un camp volant en Hollande avec des routiers du 18e arrondissement. Gérard Lecuyer raconte :

“ une petite voiture avec le mot IJS inscrit sur les quatre faces, un grand gaillard blond assailli par une bande d’énergumènes baragouinant plusieurs langues à la fois, un cercle de curieux qui se forme autour. Si j’ajoute à la scène traditionnelle un moulin à vent se reflétant dans un inévitable canal d’eau calme, vous comprendrez immédiatement qu’il s’agit de notre camp de Hollande. Les énergumènes sont les routiers de Charonne et ce qu’ils se disputent ce n’est pas le bon fromage promis, mais un produit délectable bien supérieur à ce qu’on appelle en France une glace.

Durant quinze jours nous avons parcouru les Pays Bas en compagnie de trente routiers du clan du Général Leclerc. La première semaine fut consacrée à la visite des grandes villes de la cote… (suit une description de principaux lieux visités)… Cependant avec la deuxième semaine commence le camp proprement dit, et il est bien accueilli. En effet bien que dans les villes les routiers hollandais nous aient très amicalement reçu, nous dormions dans des locaux scouts et le plancher était dur…comme du bois. Cette semaine fut presque sans histoire. Nos souvenirs les plus marquants sont ceux d’Hilversum et ses monuments modernes de Arnheim et de Nimègue encore pittoresques malgré les destructions et des paysages du bord du Rhin. Ceux qui voulaient voir le paysan hollandais se souviendront sûrement du village de Veld-Driel : ils en ont eu pour leur argent. Après un petit séjour à Breda, le terme de notre voyage fut Etten. Malgré les dégustations de glaces et de bières, nous avions fait près de 400 kilomètres. L’auto-stop y fut pour quelque chose et je ne dirai pas combien nous avons parcouru à pied.

L’intérêt d’un tel voyage est considérable. Il ne consiste pas à pouvoir raconter seulement que dans la rue, le Hollandais déguste des harengs saurs comme friandises. Ni même dans le pittoresque d’un sol étranger qui aiguise l’observation. Mais en plus des bienfaits d’un camp ordinaire, c’est l’amitié échangée entre les routiers hollandais et français, et c’est surtout le magnifique exemple de travail de calme, de propreté, et de religion que donne ce pays. Le meilleur éloge que l’on puisse faire d’un tel camp est de citer le cri unanime : l’année prochaine, il faut que nous retournions à l’étranger ".

Pour la " rentrée scoute ", les Parents et Amis sont convoqués à une réunion d’information le samedi 30 octobre. La nouvelle Scout-maîtrise est présentée, ainsi que les compte-rendu de l’année passée, dont les camps, le programme de l’année en cours, ainsi que la projection " sur l’écran de différentes vues prises au cours des camps ".

En décembre, Jean Jacques Albe succède à Léon Catusse et Claude Albe prend la direction de la 37e. La troupe regroupe 21 garçons dont deux louveteaux qui viennent de monter. Mais trois scouts partent à la route.
A la 137e, François Chaboche prend le relais de Jean Chéret, assisté de Pierre Klukvine et Jean Descourtieux. Hubert Grangé quitte aussi le Groupe.

Le Clan, que dirige Daniel Albe, fourmille de nombreux routiers qui prendront bien des responsabilités ultérieurement (Claude Benoist, Jean Bernard Stodel, Gérard Lecuyer). Voilà encore un bel exemple de pépinière de chefs !

Le clan prépare Noël à partir de recherches dans l’Evangile : notamment " de l’attente de Dieu, son Avènement, , Noël et la misère, Noël et la Paix, Noël et la libération du Monde… Est-ce que le monde n’est pas en marche vers un progrès ? Tous les peuples bougent. Ils veulent être libres. Est-ce que le christianisme peut leur apporter une réponse aux problèmes qu’ils se posent ? Dieu peut-il se servir des Chrétiens pour cette libération du Monde ? Est-ce que nous n’avons pas à nous insérer dans ce mouvement la charité du Christ ? Comment faire pratiquement ? Connaître les autres, leurs sentiments, leurs actions. Apporter notre témoignage, individuel et collectif ".

On retrouve dans ces lignes la sensibilité particulière des scouts de Charonne, baignés dans ce milieu populaire et ouvrier dont ils sont souvent issus.

1949

Les Scoutmaîtrises s’étoffent. Jean Jacques Albe a donc pris la direction du Groupe, assisté de René Merlier. Claude Albe dirige la 37e. Claude Benoist et Jean Bernard Stodel font fonction d’ACT.
A la 137 pas de changement, François Chaboche reste le CT, assisté de Jean Descourtieux et Pierre Klukvine. Les CP ? : aux Hirondelles, Pierre Augé ; aux Chamois, Jean Pierre Bléjean ; aux Rouges Gorges, Bernard Tassara, et aux Tigres, Jacques Duffit.
Les 2 meutes sont dirigées respectivement par Odile de Lussigny assistée de Liliane Verrier, et Geneviève Verrier.

La Chorale est dirigée par Pierre Thomas qui remplace provisoirement Claude Albe. Pierre est assisté de Pierre Host et Daniel Albe.
Monsieur Albe, le Président passe la responsabilité des Amis des Scouts, à Monsieur Benoist, père de nos deux chefs.

La Fête de Groupe a lieu 5 et 6 mars. Les louveteaux y jouent “ l’éveil de la forêt ”, les troupes “ à travers les Provinces de France ” (Pinson rieur, Michel Benoist a un franc succès en imitant Tino Rossi pour illustrer la Corse !). Les routiers produisent “ les trois bossus ”.

On a pu voir que c’est vraiment une tradition au Groupe de faire chaque année une fête dite " de Groupe ", plus éventuellement une kermesse ou un concert. L’organisation en est lourde et mobilise beaucoup les scouts, louveteaux et routiers et leurs chefs : il faut tout matériellement préparer, et… apprendre les pièces. Cela demande plus d’un mois, au détriment des activités purement scoutes. La participation des garçons y est assez personnalisée, aussi le jeu des patrouilles est bien loin. Bien sûr c’est une grande fête de cohésion, et bénéfique pour l’image extérieure et le recrutement. Mais le jeu en vaut-il l’effort ?

C’est que cette prestation est indispensable pour la caisse ! En témoignent les comptes 1948 du Trésorier du Groupe, Monsieur Dhotte : cela rapporte 35 % du budget et en comptant cette année là une soirée musicale et une kermesse, 65% des recettes : de quoi acheter des tentes aux louveteaux. Peut-on s’en passer si on veut camper et rénover le local ?

En avril, l’abbé Lacoin regrette, que dix huit garçons n’aient pas encore fait leur promesse dans les deux troupes réunies. Deux sont même là depuis un an et ont pourtant fait un camp de pâques et un grand camp. Cinq sont des louveteaux montés en octobre, les autres sont les novices entrés en novembre. Il demande à tous de faire un effort “ pour remettre à l’honneur le sens de l’engagement personnel ”.

Les Parents et Amis des scouts qui sont organisés en secteurs, dont ceux de Charonne forment le 8e, ne sont pas de reste. Ils traitent de l’autorité lors de leur réunion mensuelle : " Le propre de la vie scoute, bien comprise est d’exalter et d’harmoniser les trois activités physique, intellectuelle et spirituelle, tout en incorporant l’enfant dans la vie communautaire et lui donnant le sens des valeurs, de la hiérarchie, de l’autorité… celle-ci doit être bienveillante, mais ferme. "

Ce même mois, les routiers se raccrochent au Clan Notre Dame Sainte Marie, les novices sont rattachés à la 200e Paris, les apprentis à l’équipe Saint Jean Baptiste.

La 37e campe à Pâques au Château d’Arny, à Bruyère le Chatel. La 37e a de gros problèmes de participation. Les patrouilles sont regroupées, car il semble n’y avoir en tout qu’une quinzaine de scouts au camp.
Mais voici un compte-rendu de ce camp, rédigé par Jean Louis Cassou et paru dans le Feu du conseil de mai 1949 :

“ Nous voici déjà de retour du camp de Pâques. Malgré le nombre réduit de scouts dans chaque patrouille, l’on peut dire que pendant ces 6 jours nous avons vécu de bons moments, parfois tristes, le plus souvent joyeux.
Des moments de joie c’est normal, mais de tristesse… Vous ne comprenez pas. Et bien voici. A chaque camp un concours est organisé, pour voir à quel niveau technique en sont les patrouilles. Pour que l’une d’elle soit gagnante il faut qu’entre les garçons il y ait un lien d’amitié inébranlable, c’est à dire en termes scouts qu’ils aient un chic esprit de patrouille.

Depuis plusieurs années que j’occupe la place de CP dans la patrouille des Cigognes, je peux dire que nous avons un esprit de patrouille comme j’en ai rarement vu dans les autres patrouilles, pourtant nous sommes comme eux, nous avons chacun notre caractère, mais malgré cela nous nous entendons comme des frères.

A ce camp ci, nous nous sommes alliés avec les léopards car nous n’étions que deux, les autres n’ayant pas pu venir. Les Léopards n’étaient que 3 et sans CP. Avant de partir au camp, j’ai donc accepté d’aider les Léopards à repartir et également d’initier Michel Benoist dans la façon de diriger une patrouille pendant un camp.

Maintenant parlons du camp. Dès le premier jour, les Alouettes prirent 28 points d’avance sur nous dans un jeu. Nous faisions déjà triste figure. Mais reprenant notre courage, le troisième jour, ils n’en avaient plus que 13 et une quinzaine sur les Ramiers. Et pourtant les Alouettes avaient gagné le concours d’astuces (Astuces : divers aménagements " astucieux " du coin de patrouille : porte-outils, portemanteaux, claies pour le matériel de cuisine, etc.). Après une exploration d’une journée nous nous sommes rapprochés des Alouettes de plus en plus. Après un rapport et un herbier impeccables nous reprenons la tête, sans oublier le concours de cuisine que nous gagnons avec 10 points d’avance sur les Alouettes. Le matin du dernier jour du camp, nous étions avec 18 points d’avance sur les Alouettes et 33 sur les Ramiers qui se remontèrent avec leur première place à l’hébertisme. Le dernier rassemblement sonne après l’inspection du nettoyage du matériel et du camouflage. Nous apprenons que nous avons gagné ce camp de Pâques 1949.

Une victoire de plus se dit Henri Leclech qui a contribué de toutes ses forces à remporter le camp, ainsi que Michel Benoist qui me seconda d’une façon hors ligne et C. Cauro qui ne ronchonna pas de tous le camp, et Pierre Tiechon qui fit sa promesse au camp.

J’espère que les Alouettes feront mieux la prochaine fois car elles ont commencé le camp à 5 et l’ont fini à 3, et quant aux Ramiers, leur CP manquait. Car si Henri Lagoutte avait été là, nous aurions dû nous démener plus que nous l’avons fait. " Furet Vivace "

La 137e campe au même lieu. La relation de ce camp par Pierre Klukvine reflète les activités d’un camp de Pâques à cette époque :
“ Allez hop ! Les Chamois descendez en vitesse. Nous avons fait ainsi descendre chaque patrouille dans un rayon de 8 km autour du camp, espacés entre elles de 4 à 5 et tout cela en pleine nuit.

Nous avons choisi comme thème de camp les commandos. Pour commencer, chaque patrouille avait une mission à remplir (rapport, herbier, diverses observations et prendre un croquis panoramique). remise dans une enveloppe à la descente du camion, dans une boite de conserve qui leur avait été donnée comme ravitaillement et qui contenait à part quelques indications et la confiture, la carte de la contrée et le lieu de camp qu’elles ne connaissaient pas.

Ce petit raid devait bien se passer pour certaines patrouilles, pour d’autres moins bien. Enfin, nous n’avons pas à nous plaindre des CP, ils se sont bien débrouillés. Donc cette mission devait se terminer samedi soir par un grand jeu. Chaque patrouille au signal de deux fusées jaunes devait faire sauter à l’aide de pétards, une caisse de ravitaillement qui se trouvait à l’intérieur du parc. Mais à ce jeu il manquait une patrouille que l’on retrouvera seulement 14 heures plus tard à 2 km du camp, cachée dans une meule de foin (elle n’avait pas ouvert la boite de conserve !).

La patrouille des Rouge-Gorges a remporté la victoire, autant pour la bagarre de foulards que pour les rapports.

Dimanche matin, nous avons été à la grand’messe à Bruyère le Chatel, puis après un bon repas et une petite sieste, les patrouilles ont travaillé aux astuces. Nous avons terminé la journée par une courte veillée.

Lundi à midi chaque patrouille a invité une patrouille de la 37, nous avions fait un déjeuner succulent et très sympathique. L’après-midi après quelques jeux, nous avons repris les installations.

Mardi matin, après le déjeuner, classement des patrouilles pour les astuces : Rouge-Gorges, Hirondelles, Chamois, Tigres.
Après la veillée, les scouts se couchent à 23h30. Grand branle bas, coup de pétard, un feu s’allume, les garçons y arrivent un peu endormis. Nous leur sommons de plier la tente et faire le sac. A 24 heures, rassemblement sur l’esplanade du Château pour repérer l’endroit de départ des fusées où les patrouilles doivent se rendre. Après quelques heures mouvementées les garçons se recouchent à 3 Km du camp.

Mercredi, Monsieur l’Abbé dit la messe dans une petite chapelle. Au repas de midi, concours de cuisine : un lapin à cuire à la broche. La patrouille des Tigres le remporte.
Le temps n’est pas très beau, mais nous allons quand même jusqu’à Saint Sulpice de Favières à quelques kilomètres de là, pour visiter une ancienne Cathédrale. Puis nous rentrons au camp, dîner en troupe avec la 37, et nous faisons la veillée ensemble.

Jeudi matin, inspections technique et de propreté. Avant le déjeuner, nous préparons les pièces de feu de camp pour le soir même. L’après-midi, grand jeu. Je crois que beaucoup de garçons se rappelleront de ce jeu d’approche et de foulard, surtout des roseaux et de la vase ! (les bagarres de foulards n’étaient pas tendres mais vigoureuses, surtout entre troupes. Les petits scouts en avaient un peu peur, surtout lorsqu’ils se trouvaient face à des poids lourds !). Le soir Feu de Camp. Nous avons des promesses.

Malheureusement sur terre tout a une fin et vendredi matin nous sommes obligés de démolir les astuces : à midi, inspection du camouflage ; à 16 heures nous donnons le résultat du camp : 1 Chamois, 2 Tigres, 3 Rouge-Gorges, 4 Hirondelles et repartons pour Paris. ”

Serge Lion, Bernard Laymer, Bernard Legui-Clouse font leur promesse au camp.
Gilbert Pointu obtient sa badge de campeur. Jean Marchand, Bernard Tassara, Pierre Augé reçoivent les badges de campeur et de cuisinier. Roland Chemin, Jacques Duffit, Roland Gomel, Dominique Tassara réussissent la badge de cuisinier, et la seconde classe est accordée à Jean Claude Rigourot.

Jean Louis Cassou et son second, Roger Chevalier, Henri Lagoutte des Ramiers et Claude Patron, CP des Alouettes de la 37, montent au Clan Notre Dame Sainte Marie après le camp de Pâques. Jean Marchand, CP des Tigres de la 137° les rejoint peu après. Pour la Sainte Jeanne d’Arc, traditionnel défilé de la Province scoute éponyme dont la 37 fait partie, le Clan est de service d’ordre. Après l’office il encadre le défilé de la Concorde au Carrousel, très applaudi aux cris de
" Vive la France de demain " !

Le Clan n’oublie pas les démunis : il donne une séance récréative à l’Hospice d’Ivry, et chante pour les malades réunis lors d’une messe à l’hôpital Tenon.

En mai, Les louveteaux et scouts de la 37° quittent le 70 rue des Haies pour s’installer 35 rue Saint Blaise, dans les locaux de la maison de " l’Union Sociale de Charonne ". C’est un grand changement, basculant le centre de gravité de la troupe vers la Vieille église Saint Germain de Charonne et son village.

Tout ceci est suivi de 2 mois “ d’inaction partielle ”. Partielle seulement puisqu’un feu de la Saint Jean est organisé conjointement avec la JOC dans les rues du quartier sur le thème des " Provinces de France ". Objectif : racolage !
L’allumage de trois feux est prévu dans le square de la rue Sorbier, autour desquels après la " danse du feu " par tous, est chanté " Ménilmontant ". Puis chaque Province est présentée autour d’un chant soit par les jocistes soit par les scouts.

Le 28 juin le Groupe organise sa grande sortie familiale à Marly le Roi dans la propriété de l’Institut de Culture Ouvrière.

Arrive le Grand Camp, installé cette année en plein milieu des bois à Reinhardsmunster, en Alsace. Au cours de celui-ci, Roger Rouillé, des Alouettes, vit un grand jeu très chouette, avec une patrouille disparue à retrouver. Et pourtant il n’y a que trois scouts de sa patrouille au camp !

la 137e campe tout près, à Saverne. Philippe Descourtieux y est intendant.

Les louveteaux cantonnent à Longueil, près de Dieppe, avec visite du port de Fécamp et de l’usine de fabrication de la Bénédictine, très bien installés dans une belle propriété à 2 km 5 de la mer. Pierre Verrier l’intendant, est selon l’abbé Lacoin " très dévoué et rend bien service aux cheftaines, Il est très aimé des louveteaux. "

Le Clan fait un camp volant dans les Pyrénées et en Andorre. Sous la direction de Jean Virol, accompagnés de l’Abbé Laisney, Aumonier de Province, 40 routiers y participent en 6 équipes de 6, du 23 juillet au 8 Août :

" le 1er jour, après un voyage de nuit allongés par terre, sur les banquettes et certains pas du tout, les routiers partent en équipe tout à tour jusqu’à un refuge à côté du lac Bassiès, portant les vivres pour huit jours. Une journée de repos, une ascension où " Pépère " (Pierre Verrier) se décolle un tendon, puis l’ascension du Pic Rouge à 2600 mètres. Encore une journée de repos puis c’est des heures de marche pour la monté du Montcalm (3080 mètres). Le reste du camp se déroule en Andorre et en Espagne ".

A la rentrée d’octobre, après un long service auprès des petits loups, Odile de Lussigny quitte le Groupe. Le Père Lacoin salue son départ dans ces termes : “ …
Pour nous qui étions habitués à la voir arriver dans ce local de la rue des Haies chaque jeudi et chaque dimanche, nous aurons du mal à réaliser qu’elle n’est plus là et que désormais les louveteaux ne la verront plus…. Comment résumer en quelques lignes l’œuvre remarquable entreprise et réalisée par la cheftaine de Lussigny. Comment surtout lui exprimer notre gratitude ? Douée d’une grande autorité sur les garçons, d’un sens pédagogique très averti, elle a mis tout son dévouement au service de nos meutes pendant de nombreuses années, et les parents, les chefs, et l’aumônier n’ont cessé de rendre hommage aux excellents résultats obtenus. Les succès que remportent les louveteaux qu’elle a formé dans les troupes sont la preuve d’une influence qui se fera sentir encore longtemps sur les anciens devenus à leur tour ce qu’ils ambitionnaient d’être “ plus tard ” de bons scouts… ”

France Carrel reprend la 37e meute assistée Liliane Verrier. Il y a une grosse montée de louveteaux à la troupe et dans le même temps les meutes recrutent. A la 137e on note quatorze novices, six pattes tendres, sept première étoile mais aucune seconde étoile.

Claude Albe part à l’armée, ainsi que Pierre Verrier. Claude Benoist reprend la 37, assisté de Jean Bernard Stodel (surnommé Gibbs) et Gérard Lecuyer. Michel Benoist est chargé de la patrouille des Léopards.
A la route, Daniel Albe reste Chef de Clan. Bernard Dareau est chef d’équipe des novices avec Guy Louveau en second.

Et puis voilà, on se met à parler sérieusement des Raiders. Jean Jacques Albe note ainsi : “ Certains d’entre vous aspirent à devenir Raider, c’est une juste ambition, mais qu’ils n’oublient pas que Raider signifie d’abord scout complet au service de son prochain ”.

Le Père Lacoin renchérit : “Garçon d’élite, vrai Chevalier " (référence à une expression du Père Cornette, ancien aumônier général) : où en êtes-vous en face de cet idéal ? depuis plus d’un an les chefs nationaux préoccupés par ce problème, cherchent à recréer dans nos unités de véritables élites. A cet effet, ils ont lancé le mot “ Raiders Scouts ", qui déjà, a fait fortune, et en certains endroits est devenu une réalité. Le danger serait de ne pas comprendre que le mot Raider doit exprimer avant tout pour les garçons un idéal élevé, très élevé, en même temps que des activités séduisantes. Qu’on renouvelle les techniques démodées pour proposer des activités passionnantes, soit. Mais qu’on n’oublie pas pour autant que l’idéal Raider tend à faire revivre chez tous les garçons le sens de l’honneur chrétien et le sens du service. ”

A la 137e, François Chaboche est pressé de lancer sa troupe. Il écrit : “ Il reste exactement un mois pour devenir aspirants Raiders. Tous vous avez fait des efforts ce mois-ci et je veux vous encourager (…) Il vous faut donc centrer notre activité vers ces trois buts par lesquels le Commissariat Général nous jugera : l’esprit, la technique, notre base ”.

Et cependant les mêmes activités traditionnelles perdurent. Les 2 et 3 décembre a lieu encore la Grande vente nationale au Palais de Chaillot pour renflouer les caisses à l’échelon national. Les parents y sont très actifs, en particulier Madame Verrier !

Et puis Noël est encore l’occasion d’une célébration de la messe de minuit de Groupe à l’Hospice Debrousse, et la chorale s’y produit.

1950

A la meute de la 37e, Jeanne-Marie Guibrunet assiste France Carrel . Celle-ci rappelle aux louveteaux de penser à leur loi : " le louveteau écoute le vieux loup, le louveteau ne s’écoute pas lui même ". A cette époque les petits loups se réunissent tous les jeudi et dimanche après-midi, sauf les 3e dimanche réservés à la famille comme pour les scouts.

Le CT de la 37 insiste dans le “ feu du conseil ” sur le nécessaire approfondissement de l’article 7 de la loi scoute, " le Scout obéït sans réplique et ne fait rien à moitié " :

“ Pratiquement tu porteras tes efforts sur les entreprises commencées en patrouille (aménagement des coins, aide aux vieillard) sur la discipline de l’uniforme - depuis quelque temps elle semble relâchée - (…) Nouvelles épreuves. A partir de ce mois, nous appliquons le nouveau programme que vous trouverez dans “ scout ”. Il est plus intéressant que l’ancien (…) Il doit préparer aux Raiders, c’est à dire aux scouts d’élite ! ”

Et Claude Benoist présente aussi un règlement de troupe qui encadre ces exigences de base. Il demande que tous les insignes soient cousus sur l’uniforme (les mères de famille ont souffert !) et le béret est rendu obligatoire. Michel Benoist obtient sa première classe.

La 37e comprend alors 4 patrouilles : les Alouettes, les Léopards, Les Cigognes et les Ramiers.

A consulter les programmes, on peut voir qu’il y a réunion tous les mercredi soirs, chaque mois une sortie de troupe l’hiver, une de patrouille en plus au printemps. Le 3e dimanche est comme pour les louveteaux traditionnellement réservé à la famille depuis longtemps.

A la 137e , Jean Descourtieux et Gilbert François assistent François Chaboche. La troupe qui comprend elle aussi quatre patrouilles (Rouge-Gorges, Tigres, Chamois et Hirondelles) a été admise “ candidate Raider ” et on se lance dans le judo. Bernard Tassara obtient la première classe.

François Chaboche rappelle : “ L’uniforme est obligatoire. Il comprend une culotte bleue, un chandail bleu, le ceinturon scout. Seul le foulard vendu par les Tigres est autorisé ”. Et il sort, lui aussi, un règlement pour la troupe.

La 137 emménage dans un nouveau local au 126 rue de Bagnolet. Le local donne directement sur la cour du patro. Voilà enfin la " base Raider ".
L’ancien local du 1 de la rue Saint Blaise trop exigu, est affecté aux routiers : les ex CP forment une patrouille aînée? : les Elans comme totem bien sûr !

En mars, la 37e regroupe 22 garçons. Au départ de Claude Neveu le CP, la patrouille des Cigognes est dissoute. Elle renaîtra bientôt pourtant, à la rentrée d’octobre. Aux Alouettes, Roger Rouillé et Henri Leclech se renforcent de Pierre Tiéchon et Gilbert Sorbier. H. Guillaume intègre les Léopards. Après Pâques, la troupe se décide à tenter la candidature Raider à son tour, comme la 137e.

Les 11 et 12 mars on donne la fête de Groupe. Les Louveteaux jouent “ Le curé de Cucugnan ”, et les scouts et routiers “ Le Bracelet de Vermeil ”. Depuis les années 1935, et pour bien d’autres années encore, les jeunes et plus spécialement les scouts sont gourmands des romans de la collection “ signe de piste ” des éditions Alsatia. La série des “ Prince Eric ” de Serge Dalens, illustrée par Pierre Joubert, voit un grand succès dans ces années 45 - 55. Quelques autres auteurs, tel Jean Louis Foncine avec “ le foulard de sang ”, “ les forts et les purs ”, ou Paul Henrys avec “ Le signe dans la pierre ” sont célèbres. Dans les années 50, les troupes ont puisé dans cette bibliothèque les thèmes pour animer leurs fêtes de Groupe ou leurs Grands Jeux. En tous cas, la fête de 1950 rapporte un bénéfice net de 53 911 francs !

Le 24 mars, c’est bien tristement que l’abbé René Sauvel est inhumé à l’Hopital du Bon Secours, en présence d’une nombreuse assistance. Deux scouts de la 37 servent la messe. Le Père Lacoin écrit dans “ le Feu du Conseil ” d’avril 1951 : “ A ceux qui nous ont précédé dans la Maison du Père ”, ne faisons pas d’adieux. (…) il est inutile de rappeler tout le bien que l’abbé Sauvel a fait dans la Paroisse de Saint Germain de Charonne, et en particulier dans le Groupe. Presque tous les chefs et assistants actuels du Groupe ont été ses anciens louveteaux et lui gardent une très grande reconnaissance et une très grande affection. (..) il se présentera à Dieu les mains chargées de mérites et tous ceux dont il a soulagé la misère pourront parler en sa faveur. (…)

L’abbé Sauvel aimait à raconter son dernier entretien avec Paul Dufourcq un ancien Chef de Groupe. Il avait été transporté en pleine crise, dans une clinique à Gap. On croyait à une issue fatale. Paul, devant son aumônier qu’il pensait voir pour la dernière fois, et ne sachant trop quelles paroles prononcer en guise d’adieux, proposa simplement à l’abbé Sauvel de réciter avec lui la prière scoute. Cette pensée avait profondément touché l’âme sensible et vibrante de l’abbé Sauvel. Quelques mois après, il me racontait cela avec une émotion profonde. Et il ajoutait : voyez-vous, l’abbé, c’était une chic idée d’avoir justement pensé à cette prière. Elle résume si bien notre idéal de prêtre. Et j’ajoute, elle résume si bien toute la vie de l’abbé Sauvel.
Etre généreux…donner sans compter… travailler sans chercher le repos… se dépenser sans attendre d’autre récompense… ”

Les familles des scouts sont conduites à ouvrir une souscription pour le soutenir dans sa maladie puis pour financer ses obsèques : l’Abbé Sauvel était bien pauvre et on peut le supposer, sans famille très proche. Ses dernières paroles furent paraît-il : "Je vais mourir… mais j’offre ma vie pour la classe ouvrière…"

Les activités habituelles se poursuivent : pour la Saint Georges, les 4 et 5 avril, une grande sortie du Groupe est organisée à Marly le Roi.

Mais ce même mois voilà cependant un peu d’extraordinaire. Roger Rouillé, CP des Alouettes, Jean Bléjean, ex CP des Chamois, Henri Lagoutte, ex CP des Ramiers, et Madame Verrier sont délégués au pèlerinage des jeunes de la paroisse à Rome.

A Pâques, 37 et 137 campent à Verderonne, dans la Région de Beauvais. C’est un camp commun, avec quelques activités spécifiques à chaque troupe. De l’avis de tous un chic esprit s’installe entre les deux troupes. On s’invite mutuellement aux repas et veillées. Pendant ce temps la Route prend ses aises à Deauville.

Pendant le deuxième trimestre, les activités de secourisme et de judo pour la préparation aux raiders sont communes aux deux troupes. En juin, dix huit garçons obtiennent le brevet de secouriste de la Croix Rouge Française.

Le 18 juin a lieu la traditionnelle “ sortie de parents ” à Saint Sulpice de Favière. Sur une photo de Roger Rouillé, on peut voir que les Alouettes comptent sept scouts.

Le 24 juin est organisé une soirée de gala avec la projection “ d’Antoine, chef de bande ”, film tourné par des amateurs selon la technique professionnelle. Les acteurs sont des scouts et des routiers d’Orléans. La Chorale se surpasse…

L’été, du 16 juillet au 7 août, c’est encore un camp semi-commun 37e / 137e (45 scouts en tout), au château de Salles par Ploubazlanec (Côtes du Nord) près de Paimpol, au bord de la mer du Nord.
François Chaboche revient diriger ce camp, assisté de Michel Benoist et Gérard Lecuyer. Jean Louis Cassou y est intendant avec Gilbert François et Pierre Klukvine.

Roger Rouillé note dans son carnet : “ Les Alouettes cassent leur charrette le premier jour ! Le camp est bien installé dans le parc d’un château et nous sommes huit dans la patrouille. Concours de cuisine bien réussi, nous avons un ravitaillement à peu près bon, quelques grands jeux dont un enlèvement, totémisation de style. ”

Les 35 louveteaux des meutes campent cet été à La Croix Saint Leufroy, dans l’Eure, avec bains sur la plage de Varengeville. Jeanne Marie Guibrunet vient rejoindre Geneviève Verrier.

En août, à l’initiative de Jean Jacques Albe et avec une vieille voiture Renault, Daniel Albe, Claude Benoist, France Carrel, Geneviève Verrier et Jeanne Marie Guibrunet partent à Rome pour l’Année Sainte. C’est l’occasion d’un très beau pèlerinage à Assise et d’un voyage touristique (Florence, Pise, Naples…) émaillé d’une sérieuse avarie de l’auto à Rome !

La fin de l’année voit l’union “ provisoire ” des 2 troupes, pour des raisons d’indisponibilité des chefs semble-t-il. Cette formule qui se reproduira plus tard, perdurera jusqu’en mars 1951. Les troupes se lancent ainsi conjointement vers les Raiders, mais restent cependant autonomes sur certains points : responsabilité des CT, bases respectives, Conseils de chefs.

Les deux troupes ne comptent plus en tout que 6 patrouilles : Les Alouettes, les Léopards, les Cigognes à la 37, les Chamois, les Rouges Gorges et les Hirondelles à la 137. Les Tigres et les Ramiers sont en sommeil, et pour cette dernière patrouille pourtant bien ancienne, ce sera un sommeil définitif.

La Haute Patrouille des Elans est confiée à Pierre Augé. On notera que dans le même temps, les " Patrouilles libres " au foulard noir sont lancées au plan national. Le Chef d’équipe Route est Guy Louveau.
A travers les relevés de cotisations 1950 - 1951, qui sont respectivement de 700 F pour les louveteaux, 800 F pour les scouts et 950 F pour les routiers et chefs, on sait que le Groupe compte alors plus de 100 garçons actifs.

Les réunions de parents sont nombreuses et constructives. On travaille sur le thème “ Scoutisme et famille : ce que le scoutisme attend de la famille, ce que la famille attend du scoutisme ”. Mais les ADS cherchent aussi à recruter des Amis pouvant aider le scoutisme de près ou de loin. Déjà " l’environnement adulte " ! Il existe même une revue, " l’Ami des Scouts et des Guides " et bien sûr le " feu du Conseil " dont l’abonnement annuel est de 200 francs.

Jean Jacques Albe et France Carrel annoncent leurs fiançailles ! Ils se marieront bien sûr ! Et de 6 ! Jean Jacques cède la tête du Groupe à son frère Claude qui revient du Service Militaire.

A Noël, un camp de neige est organisé pour les aînés au Montvalzan près de Bourg Saint Maurice en Savoie. Chacun se souvient d’un très beau temps, d’un camp très physique avec beaucoup de ski, et d’une haute tenue spirituelle qui n’a pas empêché un excellent réveillon

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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