Histoire de la « 37 », groupe Œuvre Allemand - Chapitre 1

1937-1939 : Origines et débuts

Ce texte est extrait du livre d’or de la « 37 » publié à l’occasion des 60 ans du groupe en 1997.

Pour retrouver les origines du 37e Groupe SCOUTS DE FRANCE de Marseille, il faut remonter au mois d’octobre 1937 pendant lequel a été officiellement créé la 37e Meute et même un peu avant…

L’un de nos premiers anciens, Louis BARTHELEMY-BANYOLS dit « Barteuf » […] raconte les évènements comme s’il y était encore !

« Dans les années 1935-1936, élève du Pensionnat du Sacré-Coeur et membre de l’Œuvre Allemand, je lisais assidûment le journal »CŒURS VAILLANTS".

L’idée me vint d’en créer un groupe et avec la complicité de Raymond DUBOIS, également élève du Sacré-Cœur, nous recrutâmes une vingtaine de garçons appartenant à l’Œuvre, certains également élèves du Sacré-Cœur.

DUBOIS et moi-même sommes allés trouver Monsieur CAR et lui avons soumis notre projet. Il se trouvait qu’un Monsieur de l’Œuvre, Charles VERDOT, s’occupait par ailleurs avec Henri CHAUVIN des Coeurs-Vaillants de Marseille. Notre petit groupe prit le nom de Groupe SAINT-MAURICE en l’honneur de Monseigneur DUBOURG, Evêque du Diocèse.

La Direction de l’Œuvre nous fit bientôt comprendre qu’il serait plus en rapport avec le milieu de l’Œuvre, d’envisager notre groupe plutôt dans le sens du scoutisme et qu’à cet égard on admettrait mieux au sein de l’Œuvre un groupe particulier avec les méthodes scoutes, en quelque sorte une espèce de Meute qui pourrait devenir plus tard une Troupe Scoute.

La transformation fut radicale et le 23 avril, en la fête de Saint Georges, patron mondial des Scouts, le groupe recevait le nom de « GROUPE SAINT-GEORGES », avec un uniforme comportant chemise grise avec insigne J.J.A., culotte courte bleu marine et foulard bleu bordé de gris souris. La devise était « Joyeux toujours ».

Le Chef était Marcel MICHEL assisté d’Emile MIHIERE, Gilbert BRUSCHI, Paul BIGUET et Pierre HUSSON. L’aumônier, l’un de l’Œuvre, le Père le DORE ; mais bientôt nous fut attaché pour les camps, l’Abbé GALY qui connaissait le scoutisme.

Un local nous fut octroyé, grâce à la gentillesse de Monsieur CAR, dans son jardin personnel, où l’on accédait par une petite porte en bois à droite de la cour.

Cette organisation faisait pendant à un groupe cycliste que dirigeait Monsieur CHARLETY, ainsi qu’à un rassemblement de quelques « Ainés » qui organisait des sorties et escalades sous la direction de Monsieur PUNCET (Monsieur de l’Oeuvre et professeur de Seme au Sacré-Cœur) et de Gaston REBUFFAT".

En juillet, le Groupe Saint-Georges campe à BARREME dans les « Basses-Alpes ».

Dès le mois d’octobre 1937, le Groupe Saint-Georges se transformait en 37e MEUTE SCOUTS DE FRANCE avec 6 sizaines et comme maîtrise : M. MICHEL, E. MIHIERE, P. BIGUET et le Père LE DORE, rejoints en mars 1938 par F. ODIN qui dirigeait jusqu’alors la Croisade Eucharistique.

Les plus agés ne pouvant plus suivre les activités louveteaux?, la Direction de l’Oeuvre confia à Jean TALARD, un autre Monsieur de l’Œuvre, la création d’une Troupe Scoute.

Six garçons étaient choisis parmi les plus grands : Georges BLAIZE, Paul MARCELLET, Maurice ODIN, Georges LAFON, Philippe COURBIN et Louis BARTHELEMY pour faire un stage avec Jean TALARD à la 6e Marseille.

Leurs promesses furent reçues dans la cour de l’Œuvre le 16 janvier 1938, en présence de la 6e et de la 16e qui parrainaient la reconnaissance du 37e Groupe.

Le stage à la 6 se termina au camp d’été de LA MALENE dans les GORGES DU TARN, sur lequel fut construit un pont de plus de 50 mètres de portée.

Pendant ce temps, la Meute campait à LE BEZ près de VILLENEUVE-LA SALLE (Hautes-Alpes).

En octobre 1938, Jean CONTE et Maurice SAMAT remplacent P. BIGUET dans la maîtrise de Meute. La Troupe prend son autonomie et démarre sous la conduite de Jean TALARD avec 6 patrouilles :

  • Les ECUREUILS avec Georges BLAIZE et Maxime ANSELME.
  • Les CHAMOIS avec Maurice ODIN et Pierre SANDRE
  • Les AIGLES avec Jacques DEGROND et Philippe COURBIN.
  • Les LYNX avec Paul MARCELLET et Paul ALESSANDRI.
  • Les MOUETTES avec Georges LAFON et Louis BARTHELEMY-BANYOLS.
  • Les TIGRES avec Francis ALESSANDRI et Raymond BERT.

Le 1er novembre 1938, le Groupe est officiellement affilié à l’ASSOCIATION NATIONALE DES SCOUTS DE FRANCE, sous le nom de 37e MARSEILLE - GROUPE JESUS ADOLESCENT, par analogie avec le Patron de l’Œuvre, Jésus-Enfant.

Jean TALARD est investi Chef de Groupe (à l’époque on disait S.M.G.), Marcel MICHEL, Chef de Meute, E. MIHIERE et F. ODIN, Assistants Chefs de Meute.

A l’occasion du 10e anniversaire du Groupe, un ancien relatait ainsi les fastes de cette journée :

"C’était un matin de Toussaint, cette année-là ensoleillée. Après la messe dans la chapelle de l’Œuvre, on vit se réunir dans la cour des uniformes scouts portant un foulard jusqu’alors inconnu : mauve bordé de jaune.
Donc, ce matin-là, fanions, étendards, chapeaux firent leur apparition dans la cour. Rapidement, l’Œuvre ne fut plus qu’un grand rassemblement de culottes courtes. La 22 (Les Iris), la 36 (Tellène) la 6, la 7, la 10 et la 16 étaient venues au grand complet et se placèrent tout autour de la cour en deux rangs, au coude à coude. Au milieu, la Meute et la Troupe, en formation.
La cérémonie commença par le salut aux couleurs. La poulie était fixée à la toiture ; lentement, le drapeau français et la flamme scoute montèrent sur la façade de l’Œuvre, toute pavoisée. Ce furent ensuite les investitures des Chefs, suivies des allocutions de M. CAR et des Commissaires Henry BOURGES, Cre de Province, Théo LOMBARD, Cre de Pays et Albert PHILIP, Cre de Distrinct. La cérémonie se termina par le chant de la Promesse.

Le soir, dans cette même cour, comme à toutes les Toussaint, on « brûla le Diable ». Les Louveteaux étaient habillés en soldats romains. La Troupe assurait le service d’ordre. Jean TALARD, Président du Tribunal était entouré de l’Avocat Général (M. MICHEL), de l’avocat du Diable (J. MAGLIONE), d’HITLER (J. KELLERHALS), MUSSOLINI (H. CHAUVIN) et de CHAMBERLAIN (F. ODIN).
Ce n’était plus une cérémonie scoute, mais le symbole de l’union entre l’Œuvre et le Groupe".

Quelques jours après l’affiliation du Groupe, M. MICHEL est appelé pour accomplir son service militaire ; il restera mobilisé à la déclaration de guerre et, fait prisonnier, il ne parviendra à s’évader qu’en août 1942.

A son départ, la Meute se dédouble pour former les :
Meute A avec : E. MIHIERE C.M., J. CONTE A.C.M.
Meute B avec : F. ODIN C.M. et M. SAMAT A.C.M. remplacé début 1939 par Edmond PLATZ.

Meutes et Troupe campent ensemble, à Pâques, à CHA’l’EAU-BAS près de GARDANNE avec l’Abbé GALY. En juillet, au CHOISINET près de LANGOGNE, avec le Père FEUX comme aumônier.

Sur les origines du Scoutisme dans l’Œuvre, il est également intéressant de rapporter ce commentaire du Père RUBY, qui figure dans sa biographie, récemment éditée :

« En 1934, M. LIAUTARD me confiait la direction de la Troupe scoute des Iris. Dès le début, je me suis efforcé de respecter les intuitions premières du scoutisme et de l’Œuvre. Le but était le même, les moyens étaient différents. Pourquoi, avec un peu d’intelligence, ne pas les allier ? L’Œuvre et le Scoutisme m’apparaissaient complémentaires. Le scoutisme met l’accent sur l’humain, la connaissance de la nature, l’ouverture aux autres ; il bénéficie d’une organisation nationale. L’Œuvre offre une formation profonde et spécifique sur le plan spirituel : c’est sa tradition. Nous dirions aujourd’hui que, le projet éducatif étant le même, il fallait adapter les projets pédagogiques ».

Portfolio

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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