Histoire de la « 37 », groupe Œuvre Allemand - Chapitre 2

1939-1944 : La Guerre, l’Occupation, la Libération

Ce texte est extrait du livre d’or de la « 37 » publié à l’occasion des 60 ans du groupe en 1997.

Retour des camps d’été, la situation se détériore brusquement. Le 3 septembre 1939, la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. C’est le début de la seconde guerre mondiale.

Période difficile mais rendue exaltante par les évènements, pendant laquelle les devises « DE NOTRE MIEUX », « ETRE PRETS », « SERVIR » prennent toute leur signification.

A la Libération, le Mouvement se retrouve bien plus nombreux qu’avant guerre.

Dès le 25 août 1939, en tant qu’officier, TALARD est mobilisé. Après 9 mois de front, il est fait prisonnier à DUNKERQUE le 3 juin 1940 et ne sera libéré que le 23 avril 1945.

En octobre, le Groupe se retrouve avec une seule Meute. MIHIERE étant rappelé à l’Oeuvre pour assurer l’encadrement des Grands et CONTE parti fonder une Meute aux Iris, F. ODIN s’entoure d’E. PLATZ, L. PAOLASSO, G. FARNARIER, A. BRUNO. Les Pères LE DORE et PHILIP assurent l’aumônerie.

G. BRUSCHI, assisté d’H. ESQUIER et G. TURION, assure la direction de la Troupe. Début 1940, il est obligé de pratiquer une sévère sélection qui réduit les effectifs à la Patrouille de l’Hirondelle : C. P. : G. BRUSCHI, S.P.? : H. ESQUIER, Scouts : J. DEGROND, P. MARCEL-LET, G. BLAIZE, P. SANDRE, P. ALES SANDRI, L. BARTHELEMY-BANYOLS, R. DUBOIS et R. RAYNARD.

La patrouille campe à Pâques à la Chartreuse de MONTRIEUX. Ce sera le seul camp de l’année. Car, peu après, les épreuves s’aggravent pour la France. Le 10 mai, sous l’effet d’une foudroyante offensive des armées allemandes, le front français est totalement enfoncé : c’est l’humiliante débacle.

Le 14 juin, Paris tombe et le 24 juin à 18 h 35 l’armistice est signé. La France est en état de choc.

La moitié Nord du pays est occupée par les Allemands ; à partir de juillet, ils y interdisent l’activité du scoutisme qui, pendant 4 années, va vivoter dans la clandestinité.

Les scellés sont mis sur le QG des Scouts de France qui se replie sur Lyon, situé dans la « zone libre », où le scoutisme va connaître un développement assez extraordinaire dû, sans aucun doute, à la terrible épreuve que la France va subir jusqu’en 1945.

Comme tous les français, les membres de la 37 s’installent peu à peu dans le climat d’une nation qui voudrait effacer sa défaite et d’un monde où la guerre s’étend.

En octobre 1940, le groupe reprend normalement ses activités.

F. ODIN abandonne pour un an la Meute à L. PAOLASSO, aidé de Maurice ODIN, G. BLAIZE, R. DUBOIS et F. BRUN.

La Troupe retrouve ses effectifs avec H. ESQUIER, qui succède à G. BRUSCHI, assisté de Raymond RAYNARD et Edmond PLATZ.

Les camps d’été 1941 se dérouleront à CORRENS dans le Var pour la Meute, à LEMPDES pour la Troupe.

En plein développement, le groupe se restructure en octobre. La charge en est confiée à Monsieur VIDAL, l’un des pionniers du scoutisme à Marseille.

Les effectifs de la Meute sont tels que F. ODIN de retour devient Maître-Louvetier et, assisté de L. PAOLASSO, installe 3 Meutes :

  • Meute Notre-Dame, avec J.M. BECK, G. BLAIZE et G. MASSAT,
  • Meute Jeanne d’Arc, avec M. ODIN, R. FLORENTIN, J. YVROUX, et R. ARZANO,
  • Meute Sainte-Geneviève, avec P. HIELY, F. BRUN et R. DUBOIS,
    qui totalisent 72 Louveteaux? répartis en 12 sizaines. Le Père WILLMANN, l’un des Aumôniers de l’Oeuvre, en assure l’Aumônerie.

A la Troupe, la Maîtrise se renforce de L. VALGALIER et D. JULIEN. C’est peu après qu’apparait « LA CIGALE » qui pendant des années va animer le chant choral de la 37, notamment pendant les fêtes de groupe.

Au printemps 1942, c’est pour les Éclaireurs, le TOURNOI DES VRAIS PATROUILLES. Les Léopards se classeront les 23 et 24 mai parmi les premiers.

Pour le camp d’été, les Meutes et la Troupe s’installeront dans le site grandiose du PRAZ-DES-LYS, près de TANINGES en Haute-Savoie, qui n’était alors qu’un merveilleux hameau de montagne.

Un autre grand moment du scoutisme durant l’année 1942 sera le PELERINAGE NATIONAL DE LA JEUNESSE A NOTRE-DAME DU PUY.
Préparée depuis plusieurs mois, cette marche qui sera l’aboutissement des camps de Clan va regrouper, sous la conduite du Père DONCOEUR, 10.000 Cheftaines, Chefs et Routiers? venus de toute la zone libre, mais aussi plus ou moins clandestinement de la zone occupée.

Des maquettes des principales basiliques et cathédrales françaises consacrées à la Vierge ont été acheminées depuis Lourdes, Lyon, Marseille ; celles de Chartres, Paris et même Strasbourg ont dû franchir la ligne de démarcation par des moyens astucieux qui ont échappé au contrôle des troupes d’occupation.

Le 14 août, l’avant-dernière étape regroupe les participants par provinces sur tous les sommets qui entourent Le Puy. De grands feux de camp forment comme une couronne autour de la cathédrale que l’on aperçoit à quelques kilomètres.

Le 15 août au matin, c’est la dernière marche vers Le Puy qui est traversé en une immense procession pour atteindre le but du pèlerinage : Notre-Dame du Puy. En tête, le Général LAFONT, Chef du Scoutisme Français ; derrière, de nombreux chefs et routiers, pieds nus en signe de pénitence.

Dans la soirée, des milliers de torches serpentant le long des ruelles se transforment en une seule flamme, symbole de cette Jeunesse qui le 15 août 1942 est venue prier « pour la Libération de la Patrie » (Revue La Route - juillet 1942).

La scoutmaîtrise représentait le Groupe à cette imposante manifestation qui eut un grand retentissement dans l’opinion publique.
Sur la lancée, la 37 va prendre toute sa dimension avec la naissance du CLAN Pierre Savorgnan de BRAZZA.

Le 25 août, Eugène CHARLETY, Monsieur de l’Œuvre, prononce sa Promesse Scoute, en présence de Marcel MICHEL, retour de captivité.

En octobre 1942, il prend officiellement la charge du Groupe et lance le Clan, assisté de Lucien LAMY un ancien de la 36, de Raymond CAILLOL, de F. ODIN et du Père BERTHELOT du CHESNAY.

Quatre équipes sont formées, dont deux par les Maîtrises de Meute et de Troupe :

TROUPE MEUTE
C.E. : ESQUIER C.E. : BRUN C.E. : MARCELLET C.E. : J. CAMPISTRON
RAYNARD BLAIZE M. SAVY P.MEGE
MOREAU FLORENTIN H.BERENGER P. LANTEAUME
R. ARZANO M. ODIN A. BRUNO
YVROUX M.OURS
DUBOIS

Pendant ce temps, les événements se précipitent. Le 8 novembre, les troupes américaines débarquent en Algérie et au Maroc. En riposte, les Allemands envahissent la zone libre. Le 12 novembre, la Wermacht fait son entrée dans Marseille.

Désormais toute la France est occupée. A Marseille la zone « littorale » devient interdite d’accès : il n’y a plus de sorties possibles dans les calanques et sur le bord de mer.

Le 24 janvier 1943, la ville de Marseille est traumatisée ; ce dimanche là, au lever du jour et en quelques heures, les Allemands font évacuer les vieux quartiers du port ; la population abandonne tous ses biens sur place.

Le dimanche suivant, Louveteaux, Éclaireurs et Routiers se dévouent sans compter pour aider les expulsés, autorisés à emporter quelques maigres baluchons. Ces manifestations indirectes de la guerre n’empêchent pas le Groupe de poursuivre ses activités.

Au Clan, où J. FRILET est devenu assistant, CHARLETY suscite un orchestre d’harmonicas qui va animer les manifestations du Groupe jusqu’à la Libération ; ensuite, J. BERT continuera à se produire en solo aux Fêtes de Groupe et relancera en 1950, avec H. ARNIAUD, C. ARZANO, J. BRAGLIA, Y. GRIOSEL et A. PETIT, un nouvel orchestre d’harmonicas qui sera très demandé.

A la Troupe, R. RAYNARD devient C.T., assisté de L. VALGALIER et A. BOS. Les Éclaireurs font leur camp d’été à DOURGNES, dans le Tarn, sur la propriété de l’Amiral ABRIAL, où le Chef de Groupe et quelques Routiers leur feront la surprise de les rejoindre en vélo. Honneur également de la visite de l’Aumônier National, l’Abbé MOREL.

A la reprise d’octobre, le Père MARTIN prend en charge l’aumônerie du Groupe qu’il conservera jusqu’en 1946.
F. ODIN reprend la Meute assisté de J. BROSSARD, R. ARZANO, J. BOUTIN et P. LANTEAUME.

J. BLANC assiste CHARLETY au Clan, avant de rejoindre, comme P. BRIOLLE, les « Chantiers de Jeunesse », formule imaginée par le Gouvernement de Vichy pour remplacer le service militaire, interdit par les clauses d’armistice.

Routiers? et Scouts à la Garde-Frenet, 1944

Dès le début de 1944, les effets de la guerre se précisent sur Marseille : les alertes aériennes se multiplient.

Au clan, où les problèmes sont perçus avec acuité, des divergences d’options apparaissent ; « pétainistes » et « gaullistes » s’affrontent. J. BROSSARD, J. CAMPISTRON et R. CHEYNET entrent dans la « Résistance » au réseau « COMBAT » ; G. BLAIZE devient membre du réseau « Témoignage Chrétien » avec l’Abbé ARDOIN et recevra ensuite la Médaille de la Résistance.

E. MIHIERE et J. BRUNO ne peuvent échapper au S.T.O. et sont dirigés sans ménagement sur l’Allemagne.

Le 27 mai, un terrible bombardement de l’aviation américaine ravage Marseille, faisant plusieurs milliers de morts en moins d’un quart d’heure. Pierre GUIS est tué par une bombe au PC de la Défense Passive, aux Allées Gambetta. Il faut déblayer des tonnes de décombres, rapidement avec des moyens dérisoires, pour sauver les victimes ensevelies sous les centaines de maisons effondrées dans de nombreux quartiers. La 37 est présente nuit et jour : Routiers et Éclaireurs participent aux « EQUIPES D’URGENCE » de la Défense Passive et de la Croix Rouge.

Au lendemain de cette épreuve qui désorganise la ville (les écoles seront femées jusqu’en octobre), le Groupe est mis en sommeil ; dès le mois d’avril d’ailleurs, de nombreux enfants avaient quitté Marseille, sur instruction des Autorités, pour être mis à l’abri, notamment dans la Drôme et en Ardéche.

Les événements s’accélèrent : le 6 juin, avec le débarquement des Troupes Alliées en Normandie, commence la bataille pour la Libération de la France.

Bien entendu, il n’y aura pas de camp en cet été 1944.

Le 15 août, c’est le débarquement Allié en Provence. Très vite, dès le 23, les Troupes françaises du Général de MONTSABERT font leur entrée dans Marseille (par le Bd de la Madeleine, devenu Bd de la Libération).

Le 28 août, le bourdon de Notre-Dame de la Garde résonne longuement sur la ville ; la basilique chère au coeur de tous les Marseillais, dernier bastion encore occupé par les Allemands, est enlevée par les Tabors Marocains.

MARSEILLE EST LIBEREE. […]

La campagne de France se poursuit pour achever la libération de tout le territoire qui ne sera totale qu’à la fin de l’année 1944 : P. MARCELLET, J. CAMPISTRON et J. FRILET s’engagent dans la 1re Armée Française et participent à l’épopée assez extraordinaire de cette unité qui s’achèvera avec la VICTOIRE DU 8 MAI 1945.

Portfolio

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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