Comment bien parler en public ?

La mission de tous les jours des responsables scouts

Que ce soit pour lancer un jeu, expliquer des choses, ou faire des remontrances, bien parler en public est une compétence clé pour un ou une responsable scout. Mais en plus une compétence nécessaire sur toute la durée d’un camp. Pas question de perdre sa voix !

Parler en public nécessite de la voix, certes, mais la voix est aussi conditionnée par son corps.

Cette fiche te donne quelques astuces pour comprendre un peu comment tout ça fonctionne pour ensuite trouver ton propre style pour prendre la parole public.

Le corps

La voix est quelque chose qui vient du corps. Et le corps, dans son ensemble, peut servir ou desservir ta voix.

  • La position : s’efforcer de rencontrer les yeux de tous les spectateurs sans avoir à déplacer la tête. Si tu es vu, tu obtiendras l’attention plus facilement.
  • L’attitude : parler pour se faire entendre nécessite de se tenir droit. Si tu lis un texte, mets celui-ci au niveau des lèvres, ainsi on n’a pas à baisser la tête, ce qui étouffe les sons. Si on ne lit pas, regarder au fond de l’assemblée pour s’assurer que sa voix porte bien jusqu’aux derniers auditeurs.
  • La stabilité : rester immobile et éviter les gestes. Ils dispersent l’attention du public et provoquent chez lui un agacement qui nuit à la portée de ce qui est dit. Pour assurer la stabilité : écarter les pieds à environ 45° pour ainsi être bien stable sur ses appuis.
  • La décontraction générale : se détendre. Facile à dire selon l’assistance ! Puis, pendant quelques instants, respirer tranquillement et profondément, essayer de créer entre soi et l’assistance un climat de sympathie. Quelques petites blagues ou boutades avant de se lancer permet de se rassurer.

La voix

La puissance de la voix

La puissance de la voix est donnée par le volume plus ou moins important passant à travers les cordes vocales. Il s’agit d’ouvrir plus ou moins la bouche et non de « monter le ton ». La puissance doit permettre d’attirer l’attention sur certains mots. Garder toujours une réserve pour mettre de tels effets.

Trois conseils :

  • Commencer toujours avec un volume faible : l’assemblée fera silence, ensuite augmenter la puissance.
  • Pour être sûr de bien placer les accents, souligner au crayon les mots à faire ressortir, si tu lis.
  • La durée : les sons doivent être émis assez lentement pour que leur « enregistrement » par les assistants soit possible. On lit ou on parle généralement trop vite.

Une convention facile, quand on lit un texte, consiste à compter mentalement 1 quand on rencontre une virgule, 2 pour un point-virgule, et 3 pour un point.

En préparant son texte, toujours si tu lis, on peut compléter la ponctuation en notant les arrêts par des barres verticales.

La hauteur de la voix

La hauteur de la voix est le fait que la voix soit plutôt grave ou plutôt aigüe. Elle varie d’une personne à l’autre (soprano, alto, ténor, basse). Il est important de parler dans son registre naturel correspondant à une impression de confort durant l’émission des sons. Si on n’est pas dans son registre, on va le ressentir vite dans la gorge.

La modulation de la voix, surtout en fin de phrase, donne un sens aux mots prononcés.

Le timbre de la voix

  • Bien placer sa voix (et hauteur)
  • Si on lit, articuler en prononçant toutes les syllabes.
  • Si on lit, faire des liaisons appropriées. Ne pas se tromper, on notera aussi les liaisons difficiles.

Un facteur très important est le contact visuel avec le public à la fin de certaines phrases ; le regard se pose tranquillement sur les assistants, pour les prendre à témoin, pour être prêt à recueillir leurs réactions.

Et au micro ?

Parler en public avec un micro apporte des changements :

  • C’est le micro qui va faire porter ta voix : pas besoin de crier. Toute sonorisation présente des limites. Malgré cela, ne la mets jamais à fond, car alors des sons vont saturer te rendant inaudible.
  • Ne mange pas le micro tel un rappeur. Idéalement, on place le micro vers 15-30 cm de la bouche, plutôt sous la bouche pour qu’il capte aussi le timbre qui ne vient pas que de la bouche.
  • Si tu dois tenir le micro à la main et que tu ne sais pas trop comment faire, utilise la technique qui marche à tous les coups : tu le colle sur ton menton, cela permettra de maintenir le micro à une distance constante de ta bouche (donc un niveau sonore constant) et d’éviter que les plosives (les P et les T que tu prononce) fassent un gros POP qui va nuire à la compréhension de ton discours (petit instant culture, si tu regarde un jour une intervention de Jean-Luc Mélenchon, tu pourras voir qu’il suit ce conseil à la lettre).
    JL Mélenchon micro au menton
  • La sono peut avoir une petite latence et certains sons mal passer (coucou les « boites à curé »), ne pas hésiter à ralentir ses paroles pour une meilleure compréhension.

Bonus track

  • Tenir compte de l’attention de l’auditoire qui ne peut être soutenue trop longtemps. Sois bref.
  • La voix vient du ventre et pas de la gorge. C’est ce qui fait que tu ne la perdras pas.

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