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La folle nuit d’orage et de boue

Vu depuis la Yourte de LaToileScoute

LaToileScoute était au cœur des événements de la nuit du vendredi 27 juillet. Et pour une bonne raison, elle a pris l’eau aussi. Récit de cette nuit agitée, vu de l’intérieur. N’hésite pas à apporter ton témoignage en commentaire, une nuit comme celle-là, ça ne s’oublie pas !

Le montage

Le vendredi de notre arrivée, nous montons péniblement la yourte que les JABA (jeunes adultes branche aînée?) nous prêtent. Comment que cela se monte ce truc ? Finalement après pas mal de déboires, la technique est trouvée, la yourte montée.

Magnifique yourte qui trône fièrement dans l’allée des Éclaireurs, difficile à rater. Elle occupera pendant chaque espace talent de nombreuses personnes qui passent voir nos photos diffusées ou nous voir travailler en direct le dérushage des photos.

Mais vendredi soir, le drame arrive.

Et là, c’est le drame.

Dans l’après-midi, on nous prévient : attention, orages prévus ce soir, prenez vos précautions. On vérifie la yourte, tout semble OK. Bien amarrée, elle ne devrait pas bouger.

La veillée se déroule tranquillement, veillée folle, ambiance folle. On voit des éclairs d’orage au loin. Mouais, méfions-nous. La pluie tombe. Nous voyons que des poches d’eau se forment sur le toit de la yourte. Tandis que les uns vident régulièrement les poches, nous plions tout le matériel électrique à grande vitesse. Et appelons nos amis de la sécu pour venir chercher le matériel encombrant qui craint le plus pour le protéger dans le château : un PC, une télé grand écran et un grand écran Apple. Bon, ils se moquent un peu, mais c’est de bonne guerre :) Le reste du matériel est confiné dans des Shelter Box, de notre voisin partenaire des Scouts et Guides de France.

La pluie se calme, nous enchaînons sur un petit cinquième convivial avec des LTSiens de passage. Notre glacière électrique prêtée par Carrefour France a un franc succès. Camembert, boisson fraîche, un plaisir. 1h du matin, les derniers départs. 1h30 au dodo. Nous dormons tranquillement dans la yourte près du matériel par sécurité.

Orage

A 2h, badam ! La yourte s’écroule sur un côté. What ? Il ne pleuvait pas depuis longtemps mais il pleut très fort, les sardines n’ont pas résisté. Le sol est devenu très meuble, les chaussures font floc floc sur le sol tant il est gorgé d’eau. Pliage express des affaires, on barricade tout sous deux tables dans les shelter box et on abrite les affaires sous les tonnelles voisines restées abaissées et sèches.

Une bonne douche froide pour déplacer les affaires. Nous sommes réveillés, et bien réveillés.

On est en haut de l’allée des Éclaireurs. Les affaires sont en sécurité. Le matériel n’a aucune casse. Et si on allait négocier un café à la sécu ? Et voir s’ils ont besoin d’aide. On ne doit pas être les seuls dans l’eau.

On arrive au PC Sécu près de l’accueil. C’est l’effervescence. Bon, le café on oublie, on se propose de prendre des gilets jaunes, et un talkie, c’est parti.

Mission Tonnelles

Première mission, vérification des tonnelles. Celles de la boutique, trop tard, on oublie, les poches d’eau du toit les ont achevées. Cependant, les autres dans l’entrée du château, puis dans l’allée des éclaireurs tiennent bon. Nous vidons les poches d’eau, nous les abaissons pour que le poids sur l’armature tienne mieux le choc. Plusieurs tonnelles ont déjà lâché mais la casse est limitée.

Mission Aide du village de Marmara.

Ah Marmara … sa belle météo, ses îles paradisiaques … mais un des villages les plus bas du parc, ils apprennent à nager.

Après notre mission tonnelle, nous rejoignons le podium de ce village. Galère. Plusieurs jeunes, une trentaine (sur quelque chose comme 800 jeunes dans ce village) ont vraiment pris l’eau. Martin se pointe en caleçon : « toutes mes affaires sont mouillées ! ». OK mon gars, l’équipe village l’habille avec ce qu’elle trouve : le manteau de Sherlock Holmes, un peu grand, mais ça donne une certaine classe :)

Les jeunes qui ont encore de quoi dormir sont dispersés dans les podiums voisins, sous les halles en dur, dans des tentes voisines. Réactions extraordinaires des chefs et des équipes villages qui prennent des initiatives excellentes, ultra efficaces, des scouts voisins qui, réveillés, font preuve de solidarité. Ainsi un chef arrive : « je suis passé devant le CEPAC, il est vide. Est-ce qu’on peut avoir les clés, on peut y loger pas mal de jeunes ». On l’avait oublié celui-là, la clé descend du château, les salles de formation du CEPAC sont ouvertes pour les villages proches.

Pendant ce temps, la grande tente, en haut de Jambville est vidée de ses chaises, transformée en dortoir. Le lieu est sec et chaud. Des couvertures attendent les jeunes. Les jeunes du village Marmara avec trop peu d’affaires sèches doivent partir là-haut, par équipage complet, avec un chef. L’équipe village recense un peu tout son monde, pas facile avec leur podium un peu petit, mais ça gère, les jeunes ont froid, sont mouillés mais pas franchement stressés. Nous emmenons notre petit convoi de 30 scouts et guides, quelques uns pieds nus, oui les chaussures doivent nager près de leur tente. Le trajet est un peu long, tout le parc à remonter. Une fois arrivés, les jeunes et chefs sont pris en charge par d’autres membres de l’équipe sécu, ils sont au chaud et au sec, bonne nuit à eux !

Mission couvertures.

Nous retournons au PC Sécu, et cette fois, on a notre café. Nan mais, c’est que ça se mérite hein :)

Il est autour de 3h du matin. L’urgence est passée, les jeunes sont déjà relogés ou sont en cours. Nouvelle mission, distribution de couvertures.

Nous rejoignons Christophe, le directeur de Jambville, à la Grande Ferme, deux véhicules partent faire le tour des villages s’assurer que tout va bien et distribuer des couvertures dans les points de replis. Jambville a ainsi un stock d’entre 200 et 300 couvertures qui sera distribué. Il faut savoir qu’il a aussi 10 000 couvertures de survie en réserve, au cas où. Certaines serviront d’ailleurs en complément, ainsi que lors de la seconde pluie.

Nous visitons ainsi tous les villages, Christophe est ultra habile pour se repérer dans le noir du parc. J’ai beau connaître Jambville, de nuit avec tous les aménagements du jam, je suis parfois paumé. Va repérer la halle scoute parmi toutes les tentes, tiens ! Les couvertures sont progressivement distribuées, tous les jeunes sont au sec, et les attendent patiemment. Dans certains points de replis, tout le monde dort déjà sauf des membres d’équipe village qui veillent courageusement sur le sommeil des jeunes. Nous croisons notre Thomas national qui surfe avec son VTT dans la boue en patrouillant dans le parc [on ne dira pas qu’il cherchait en réalité son talkie qu’il a laissé tomber, NDLR :) ].

On tente de compter à peu près combien de jeunes ont dû être évacués de leurs tentes : estimation de 800 jeunes. Sur 18000 participants du Jamborée.

4h du matin

Nous remontons au PC Sécu, le parc est calme, tout le monde a un lieu où dormir au sec.

2h30. Il aura fallu moins de 2h30 pour improviser des plans de replis, reloger 800 scouts et guides, sans aucun drame, dans la sérénité, les recoucher au sec, avec une couverture. L’efficacité scoute, c’est à ce moment-là qu’on la voit. Grâce à une équipe sécu de nuit qui, malgré son faible effectif (ils étaient 9 ce soir là) a super bien assuré, grâce à des équipes villages qui se sont mobilisées sans réveiller tout le village, grâce à des chefs responsables et grâce aussi à la solidarité entre tentes de jeunes.

Nous en tous cas, 4h30, on file prendre une douche chaude. Il y a de la pression, pas de queue, que du bonheur. On se couche sous nos tonnelles, se disant qu’on réveillera à 8h. 6h30, des méchantes demoiselles tapent du marteau à deux pas de la tonnelle. Elles installent l’espace talent. Oki, ce n’est pas cette nuit qu’on dormira :)

Le lendemain

Le lendemain matin, les villages les plus touchés font la grasse matinée, pansent les plaies de la veille, remettent en état les tentes, mettent les affaires à sécher. 700 sacs de couchage à faire sécher, une paille.

En atelier d’Espaces Talents de LaToileScoute, les scouts partent en reportage pour nous raconter leur nuit.

(reportage imaginé, tourné, réalisé par les scouts en atelier)

Nous passons à la laverie de Jambville, des sacs d’affaires et de sacs de couchage sont remontés des villages pour séchage. Nous voyons ci-dessous Nolwenn qui explique aux compagnons la mission séchage.

Nous te proposons aussi ce reportage de la SGCom, l’équipe communication des Scouts et Guides de France, sur les 700 sacs de couchage au séchage. Ah, ça fera des souvenirs !

Quant à nous, nous allons toquer chez les allemands voisins pour nous aider à remonter la yourte. Ils se moquent :

Ah les français, vous ne savez jamais monter une yourte !

N’empêche, qu’on n’avait pas si faux car nous avions appliqué la bonne méthode. Par contre, une astuce : s’il pleut beaucoup, détend la yourte, pour créer des poches d’eau mais des petites poches d’eau qui se vident correctement. Et surtout, on oublie les maqueraux.

Bon elles sont sympas vos punaises, mais vous n’auriez pas des vraies sardines de yourte.

Ok, tout s’explique, il faut des sardines pour yourte, des vraies, qui font 50cm de long par 1cm de diamètre.

2 jours plus tard …

2 jours plus tard, tout recommence en fin de journée. La yourte a tenu sans problème cette fois.

Mais ça, on te le raconte dans un autre article avec moultes photos, car là encore, on y était, avec toi !

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