Parler de toi

J’ai parlé, parlé, parlé encore.
Ce soir, je suis « vidé ». Enfin seul !
Seul dans une pièce silencieuse.
J’écoute le silence. J’y bois à longues gorgées.
Il entre en moi, s’installe chez moi.

Je sens quasi-physiquement qu’il pénètre par tous les pores de ma peau, circule dans mon corps puis descend plus profond dans mon cœur, mon esprit, empruntant toutes les routes de mon être jusqu’au plus profond de moi.

Il refait peu à peu mon unité.
Il me recueille, je me recueille.
Je sais que Dieu sans bruit s’est glissé dans ce silence. Je le rejoins, je le regarde.

Ô mon Dieu silencieux qui m’habite.
Dieu qui me fait et me refait sans cesse,

Je T’accueille. J’ai parlé de Toi.
Mais n’ai-je pas trop parlé ?

Je t’ai dépensé sans compter, n’ai-je pas tiré des chèques sans provision.
Il faut se taire, longuement se taire devant Toi pour avoir le droit de parler de Toi.

Est-ce que je dis Dieu ou est-ce que je fais du bruit autour de Dieu,
Tellement de bruit dans l’esprit et la sensibilité des personnes qu’ils ne peuvent pas entendre le murmure de ta Voix ?

Michel Quoist (Ed de l’Atelier)

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