La 108e Paris

Paroisse du Bon Pasteur (11e arrondissement)

Historique réalisé par le Père Yves Combeau et Louis GIRAUD, aidé par François Clément. L’Eglise du Bon Pasteur, confiée aux Fils de la Charité pendant de longues années, jusqu’en 1962, a été démolie et reconstruite en 1970 sous la responsabilité du Diocèse de Paris.
Le Groupe a participé de façon active pendant la guerre de 1939-1945 aux actions de la Résistance Française ( Réseau Alliance )

La 16e Paris, installée dans le quartier de Charonne (XXe arrondissement) dans la paroisse Saint Germain de Charonne depuis 1922, est dissoute en 1926 à la demande des Fils de la Charité.

Les Chefs, les Scouts et les Louveteaux? rejoignent alors la Paroisse du Bon Pasteur, aux abords du boulevard de Charonne dans le XIe arrondissement . Cette paroisse tenue alors par les Pères Franciscains, était installée dans la Chapelle de l’ancienne Mission flamande, créée par l’Evêque de Gand pour les nombreux ouvriers belges du quartier. En 1926, les Scouts de la 37e s’y installent.. ( voir sur le site « Scout un jour, le remarquable travail de François Clément, « Scoutisme à Charonne- la 37e Paris ).

Quelques mois plus tard, le Diocèse de Gand décide de donner cette église aux Fils de la Charité, qui ont déjà en charge la Paroisse Notre-Dame d’Espérance, rue de la Roquette. Très attachés au quartier, les Fils de la Charité y auront une présence durable et fertile ( le fondateur de cette congrégation, le Père Anizan est décédé en 1928 au Bon Pasteur)

Dans un premier temps, les Fils de la Charité s’opposent au Scoutisme. Et ils expulsent la 37e Paris. La Troupe est hébergée quelques temps par l’Union Familiale, rue de Charonne, mais elle se retrouve très vite sans local et sans Chefs.

Elle se maintient toutefois grâce à la Cheftaine de Louveteaux LELIEVRE qui fait aussi fonction de Scoutmestre, et au Père Franciscain Bernard Villette, de Fontenay sous Bois. Les réunions se faisaient souvent sur les bancs du boulevard de Charonne … (F. Clément)

Au cours de l’année 1927, la 37e peut rejoindre Saint Germain de Charonne et elle retrouve le local de l’ex-16e Paris.

Les Fils de la Charité se ravisent et, en 1932, alors que, rue de la Roquette, à Notre Dame d’Espérance, vient de naître la 99e Paris une nouvelle équipe au Bon-Pasteur, par la plume du père Royon, vicaire, passe une annonce dans L’Île-de-France de février 1932 : « On demande la formation d’une meute, et ensuite d’une troupe, dans la paroisse du Bon-Pasteur, 181, rue de Charonne. » Les jeunes y étaient en effet nombreux, grâce à un patronage très fréquenté.

La réponse est rapide : la meute est affiliée le 30 novembre 1932 et la troupe est montée par trois scouts de la 37e, Louis TILLET, Louis PONSANEL et Henri GRÜN.

L’affiliation a lieu en janvier 1933.Le Scoutmestre est Jean Pierre MORET, assisté par Louis TILLET,, Louis PONSANEL et Henri GRÜN. Celui-ci devient Chef de Troupe en 1936. Le Chef de Meute (Louvetier) est Robert BRAGE, qui deviendra Scoutmestre de Groupe en 1936

En 1935, l’aumônier est le Père GOISON. Très attaché au scoutisme, il sera aussi aumônier de la 99e et Au. de District de Paris est IV (Popincourt). En 1939, le père CHAPUZOT, surnommé « le père Chap’ », le remplace à la Troupe pendant toute la guerre et au-delà. Contrairement à ce qui se passe à la 99e, le clergé du Bon-Pasteur semble donner au scoutisme sa place propre et on ne connaît pas de tension. En revanche, il est très probable que les grands scouts étaient invités à s’engager dans la J. O. C. ou au patronage, car le Groupe a son local dans les locaux paroissiaux..

La 108e est avant la guerre la troupe de René REGEL, mort pour la France en 1940 Elle est aussi la troupe où est scout le futur abbé MARCHAND, qui deviendra Aumônier National Pionniers en 1965.

Pendant la guerre, le Curé, le père MIRAR, encourage nettement les Scouts à la résistance et, à partir de 1942, les aînés s’engagent dans le réseau Alliance. Ils ne le savent naturellement pas au départ et ils ignorent presque tout de ce réseau, qui est très cloisonné, mais qui est animé par l’Intelligence Service et est un des plus importants de toute la guerre. Il est essentiellement peuplé d’officiers, de hauts fonctionnaires, d’anciens militants de droite, pour une part déçus de Vichy, ce qui le distinguait des réseaux proprement gaullistes et, naturellement, des réseaux communistes. Les pseudonymes sont des noms d’animaux, au point que les Allemands, qui ont repéré le réseau par un malheureux hasard en septembre 1943 — plus de mille membres, sur trois mille, furent arrêtés —, le nommaient « l’Arche de Noé ». Il semble que les scouts et les prêtres y furent spécialement nombreux ; on y trouve en particulier Robert BERNADAC (« Rouge-Gorge »), et Jean TRAVERSAT.
Le groupement a pour chef un « Ours » et pour relais local le café "À la Belle Bouille", rue de Charonne.

Le responsable pour le Bon-Pasteur est le Chef scout marié André Coquet, surnommé « Loup », ce qui est d’ailleurs son totem. L’équipe sacerdotale de Notre-Dame-d’Espérance est informée et le second d’André Coquet est Bob ROUGERON, routier de la 99e. On fabrique des faux papiers et l’on aide à l’exfiltration d’appelés du Service du Travail Obligatoire (S.T.O.)., dont les listes ont été volées à la mairie du XIe arrondissement par une supercherie à peine croyable : avec des uniformes de police et un car volés au commissariat de la rue des Haies, les routiers? débarquent, persuadent, emportent, puis vont abandonner le car dans les carrières de Montreuil… André Coquet fait le voyage de Londres et en revient avec la mission de saboter les grandes usines de la région parisienne en compagnie du chef d’un autre groupement, qui mélange scouts et communistes. ( On peut se demander si ce groupement ne comprend pas des membres du Q. G. clandestin, dont on sait qu’ils furent tous résistants et dont le profil social et politique est exactement celui d’Alliance )

Mais Alliance est très menacé à partir de l’arrestation de l’agent Jean Truffaut (« Tadorne »), qui avait sur lui des listes de noms, en mars 1943. Le démantèlement commence en septembre 1943. Le père MIRAR est arrêté en pleine messe en avril 1944 et abattu dans la cour, mais il a eu le temps de laisser à André COQUET son missel et, à une page indiquée par une image intitulée Notre-Dame de Paris, sauvez la France, celui-ci trouve le message « Le Loup a les dents blanches, 22.4.4 » qui n’est autre que le dernier mot de passe, avec la date du prochain parachutage d’armes, dans la forêt de Sénart. Le groupement de la rue de Charonne n’est pas découvert, mais il faut d’urgence prendre le maquis. André Coquet est arrêté à Nevers quelques jours après Bob Rougeron, torturé et déporté à Buchenwald. Il survit, s’échappe, est rapatrié, meurt d’épuisement en septembre 1945.

Le père CHAPUZOT, qui a pris le relais du père Mirar aussi bien au patronage que pour le soutien du groupe résistant, continue de faire vivre clandestinement le Scoutisme à la Troupe et à la Meute.

En 1945, la Troupe participe à la création de la 108e Paris B à Notre-Dame-du-Perpétuel-Secours . Celle-ci deviendra la 208e Paris en 1946. C’est le père CHAPUZOT qui en est le premier aumônier, mais la 208e n’est pas réellement une émanation de la 108e, plutôt sa filleule. ( voir l’historique de la 208e sur le site).

En 1946 Jacques BAGNERIS est Assistant Chef de Troupe. Il sera rejoint les années suivantes par Claude PATERON et Roger MERSCH

A la Pentecôte 1949, la 108e se classe 1re au Rallye des Hautes Patrouilles du District.

En 1950 Guy DARNAUD est Chef de Groupe, et Claude PATERON prend la direction de la Troupe en 1951. Il deviendra ACDE en 1958, puis Commissaire du District de Boulogne

En 1952, André GRUIN est nommé ACT. Colette DARNAUD est Cheftaine de Meute en 1953 et Geneviève MAUFRAIS en 1954.

En 1955, la Troupe est dirigée par un jeune Chef de Troupe, Jean-Claude GUILLON, assisté par Alain ROBERT et Livio RIZZO.

En octobre 1959, Roland TOURNEROL est nommé Chef de Troupe.

En 1960 les Routiers du Clan Bon Pasteur animent, avec les 2 autres communautés du District, Chant de Joie ( 56-88e) et Vives Clartés (62e ), un Noël Routier à Mesnil le Roi.

En 1961, Yvonne EON est Cheftaine de Meute. Alain GOBERT est nommé Assistant ; il prendra peu après la direction de la Troupe.

Le camp d’été, en juillet 1962, a lieu dans le Jura, près de Moirans en Montagne, à la Fontaine de Vaucluse, avec la 62e Paris et le 88e Paris. La 108e réalise l’entreprise prévue : la descente des Gorges de l’Ain en radeaux construits avec des bidons.

En juin 1963, Jacques CHAUSIAUX est nommé Assistant, il rejoint Alain Gobert.

Le camp d’été, en juillet 1964,a lieu sur le plateau du Larzac. La Troupe réalise un chantier d’envergure, la restauration d’une ancienne chapelle.

En Octobre1965, Jean-Pierre CHAUSIAUX prend la direction de la Troupe, assisté par Norbert CHAMBARD

En 1964, Marie-France DUFFOUR est Cheftaine de Meute avec Françoise POPOT comme Assistante.
Elle est remplacée en 1967 par Annick MARIGO.

Le Groupe adopte la réforme Pionniers-Rangers et donne naissance, en lien avec la 99e Paris, a une Unité Rangers affiliée en 1966, la 237e Paris. Jean-Jacques FANTON, de la 99e Paris en prend la responsabilité, assisté par Norbert CHAMBARD ( 108e). L’Aumônier est M. l’Abbé André REBRE.

Le Chef de Groupe est Serge CREGUT, qui assure cette fonction pour le secteur ( 99e, 108e et 208e ).

Ces Unités ne sont plus répertoriées après 1968.

Quelques photos du camp 1964 (CT Alain Gobert)


PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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