1973 : la Trivalle

Les années 70 constituent une période de transition, pendant laquelle le mouvement entreprend un travail, une réflexion en profondeur et réorganise la formation. Elle débouche en 1973 sur l’« Appel à l’espérance » et le rassemblement de 10 000 responsables, scouts de France et guides de France à La Trivalle. En voici le texte.

(C) Anne Grassin-Delyle

L’appel à l’espérance

Le scoutisme que nous proposons est un choix.
Aujourd’hui, éduquer c’est transformer le monde.
L’homme est notre première parole.
Ce que nous vivons avec les plus jeunes dans le concret des jours
est la marche patiente qui grandit l’homme.
C’est en nous que nous devons commencer
par réconcilier l’homme avec sa dignité.
Nous sommes loin, il faut marcher jusqu’au bout de nos choix.

C’est aujourd’hui que le Christ nous libère.
Une révolution change sans cesse notre cœur,
Jésus-Christ vient de nous ouvrir tous les possibles de l’Homme.
L’espérance n’est pas morte si nous acceptons d’en être les témoins.
Devenons capables de parler au futur.
Échappons au piège du tout ou rien,
les situations ne seront jamais totalement pures.
Chacun de nous aura-t-il pourtant le courage
d’être le premier chrétien de son temps ?

Inventons un scoutisme qui soit un nouveau regard.
Notre scoutisme ne peut pas s’accommoder
d’un monde qui ne veut rien changer.
Notre scoutisme ne peut se faire complice
d’un monde qui enferme l’homme dans le mépris
Nous ne pouvons plus accepter que ce soit les objets
qui choisissent notre avenir.
Jésus-Christ nous rend aussi capables de colère et d’indignation,

Il nous fait devenir contemporains des béatitudes.
Chaque fois qu’un enfant apprend à juger le monde
et à se reconnaître lui-même dans ses actions,
C’est un pari sur l’homme qui est gagné
et c’est une liberté qui échappe au profit.

Inventons des rencontres du scoutisme qui soient moteurs d’exode ;
nous y apprendrons à parler le provisoire.
En nous arrachant à nos mentalités,
Chacun de nos actes deviendra une Pâque nouvelle.
Cassons la routine là où nous sommes, les intentions ne coûtent rien
Sommes-nous prêts à payer le prix de nos actes ?
Commençons donc par nous demander les uns aux autres
comment ne pas étouffer l’avenir,
Et comment faire naître à la réalité les projets des plus jeunes.
Chaque fois qu’un enfant est aimé, il renaît à lui-même.

Inventons des lieux du scoutisme qui accueilleront comme au premier jour.
brisons les solitudes de la ville.
Inventons des communautés si neuves et si fortes
que chacune deviendra une Eglise tellement heureuse
que l’invention en sera inépuisable et que l’Autre d’où qu’il vienne,
se sentira reconnu et aimé pour lui-même.
Posons entre nous des actes de communion
Qui fassent éclater les frontières.

Donnons-nous rendez-vous.
Il est temps, déjà le jour se lève.
Quelque chose est en train dans l’univers.

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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