Histoire de la « 37 », groupe Œuvre Allemand - Chapitre 3

1944-1962 : Le développement de l’après-guerre

La période immédiate d’après-guerre fut une période de renaissance surtout marquée en 1947 par le premier JAMBOREE en France, à Moisson dans la vallée de la Seine.

En 1949, Michel MENU lance la proposition « RAIDERS » pour un scoutisme plus exigeant et plus technique pour les adolescents.

Peu après, sont lancées les « PATROUILLES LIBRES » pour répandre le scoutisme dans les campagnes et les banlieues des grandes villes.

C’est encore à cette époque que la Branche « EXTENSION », ouverte aux enfants handicapés, connait un vif développement qui se poursuivra jusqu’à ce jour sous le nom de PARC-EN-CIEL.

Le principal responsable de cette expansion fut le nouveau Commissaire Général Michel RIGAL, nommé en 1953.

Les activités de la 37 reprennent dès le mois d’octobre 1944 dans un environnement nouveau : le monde de l’après-guerre commence. Les Unités se mettent en place.

A la Meute, sous la conduite de F. ODIN, pas de changement dans la Maîtrise.

La Troupe est confiée à André BOS, assisté de R. LANTEAUME, B. ROMATET, H. BERENGER et J. ILDEFONSE.

Au Clan, E. CHARLETY reste en fonction.

Le 23 avril 1945, Jean TALARD rentre de captivité ; malgré les épreuves subies, il a su conserver toute sa vitalité. Elle est immédiatement mise à contribution : CHARLETY, Chef de Groupe, vient de partir en Algérie sur les traces du Père de FOUCAULD. « John » reprend donc du service, à la tête du Groupe et du Clan, assisté de F. ODIN pour les Meutes.

Le premier camp de l’après-guerre a lieu, pour Pâques, à CHATEAU-BAS, près de SIMIANE, où la Troupe plante ses tentes. En été, la Meute s’installe à DOURGNE, de célèbre mémoire, et la Troupe à CHANTEUGES, près de LANGEAC en Haute-Loire.

Visite de Lady Baden-Powell à Marseille en 1945
La Meute de la 37 lors de la visite de Lady Baden-Powell à Marseille en 1945
Au premier plan

A la reprise d’octobre, des changements importants interviennent chez les Louveteaux? ; sous la pression des effectifs, la Meute se dédouble. J. BROSSARD est à la tête de la 37e MEUTE, avec J. ADET et J. GAUSSENT, tandis que R. ARZANO, aidé de P. BRUNO, J. BOUTIN et A. BOREL fondent la 57e MEUTE. Cette unité, qui reste rattachée au 37e Groupe, tient sa première réunion le 2 décembre.

A la Troupe, la perspective du JAMBOREE MONDIAL qui doit se tenir en France . deux ans plus tard se dessine. La Maîtrise, renforcée par P. LANTEAUME et M.DUBUC, commence à préparer cette échéance qui va mettre en concurrence toutes les Troupes de France. L’année 45/46 va être marquée par la préparation d’un grand RALLYE ECLAIREUR?, organisé dans toutes les Provinces Scoutes en prévision de la sélection des Patrouilles qui représenteront la France au JAMBOREE de MOISSON.

Pour la Provence, le RALLYE se déroule pendant le week-end de Pentecôte à SAINT ANTONIN, au pied de Sainte-Victoire et regroupe un millier de garçons. La 37, qui s’est longuement et minutieusement entraînée, y déploie toute sa puissance :

  • elle s’attribue le fanion d’honneur de PREMIERE TROUPE DE PROVENCE pour le chant, sous la conduite d’André BOS, son C.T.
  • son équipe de HAND-BALL, emmenée par Ch. BENEDETTI I, est qualifiée parmi les quatre premières.
  • deux patrouilles, les Albatros (de Jacques LANTEAUME) et les Castors (de R. GIRAUD) sont classées dans les trente premières au parcours technique.

Ces succès permettront à la 37 d’obtenir la sélection d’une de ses patrouilles pour le JAM, aux côtés de celles de la 6, 16, 36.

Le Clan voit, en ce printemps 1946, simultanément le lancement d’un orchestre, dirigé par P. BERNARD, et d’une Equipe d’Art Dramatique, conduite par M. ANSELME et M. SAVY ; cette dernière, pendant près de vingt ans, animera avec talent et bon goût les Fêtes de Groupe. Ses succès : KIKI-KOKO, LES TROIS SAGESSES DU VIEUX WANG, L’ANGLAIS TEL QU’ON LE PARLE, CIGALON, LE COMMISSAIRE EST BON ENFANT, LE PERDREAU, JOFFROY restent dans la mémoire de beaucoup d’acteurs et de spectateurs.

L’Ardèche concentre les camps d’été. Les deux Meutes (37/57) s’installent au POUZAT, sous la conduite de F. ODIN dont c’est le dernier camp. La troupe non loin de là, à SAINT AGREVE. Le Clan chemine en camp volant de VALENCE à LANGEAC.

A la rentrée, d’importants changements interviennent dans les maîtrises. Le Père MARTIN, nommé à Paris, est remplacé par le Père BARBE.

Jean TALARD remet le Clan à J. BLANC, qui assure par intérim également la direction du Groupe, pendant quelques mois, dans l’attente du retour de CHARLETY.

R. LANTEAUME succède à A. BOS, comme Chef de Troupe, avec l’assistance de J. ILDEFONSE, P. BRUNELLO et J. BERT.
En janvier 1947, les mariages, à quelques jours d’intervalle, de Jean TALARD avec Cheftaine MILLIARD et de Ferdinand ODIN avec Cheftaine VEYSSIER donnent l’occasion à l’ensemble des unités du Groupe de remercier ces deux chefs, en formant une impressionnante haie d’honneur à la sortie des cérémonies.

Au printemps, conformément aux recommandations nationales, c’est la naissance du premier Comité A.D.S. (Amis des Scouts) donnant une structure officielle aux parents des membres actifs qui depuis des années se dévouaient au service de la 37. On ne dira jamais assez le travail pris efficacement en charge, notamment pour les Fêtes de Groupe et pour les camps, par ce Comité qui fonctionna pendant près de 20 ans.

Pour Pentecôte, à la demande de G. FALCONE, un jeune ancien, Scouts et Routiers? montent un véritable « commando » sur ORANGE pour relancer le scoutisme dans cette ville : déplacement en camions militaires, défilé dans le centre, étendard en tête, messe à la Basilique Notre-Dame, cérémonie de promesses devant le Théâtre Antique et le soir feu de camp sur la colline Saint-Eutrope.

Les unités se dispersent pour les camps d’été : la 37e Meute à CHATEAU-QUEYRAS, la 57e Meute à SAINT PAUL DE TARTAS en Haute Loire, la Troupe à LEMPDES.

Le Clan, sous l’autorité stricte de J. BLANC, parcourt à pied l’Alsace, après un passage inattendu à Paris et au JAM.

En effet, se tient à MOISSON

LE JAMBOREE MONDIAL DE LA PAIX 1947

le premier qui se déroule en France et qui restera probablement le plus important de l’histoire du Scoutisme.

Il réunit 40.000 Garçons, venus de 42 nations. Les Routiers du Clan BRAZZA sont venus saluer la Patrouille des Castors, conduite par J. CHAGNAUD et J. LANTEAUME, avec L. MARTINI, les frères MARIA… qui représentent la 37 à cet immense rassemblement.

La cérémonie des adieux du 18 août fut émouvante et grandiose. Les participants groupés sur la place des Nations formaient un gigantesque nœud de carrick. Un grand ballon de la taille d’une montgolfière représentant le globe terrestre circulait parmi eux porté à bout de bras, symbole de fraternité internationale.

Tandis que d’un seul cœur tous chantaient : "Venus de tous les coins du Monde
Unis et forts par l’amitié
Courrons, marchons, formons la ronde, De joie, de vraie fraternité"…

En octobre, le Père BARBE est remplacé par l’Abbé GALY, qui restera aumônier jusqu’en 1960.

Le tandem BROSSARD-ADET continue à la 37e Meute, tandis que A. BOREL prend en charge la 57 avec l’assistance de P. BRUNO et R. MAURRAS.
A La Troupe, entouré de Tony MURAT et P. BRUNELLO, Pierre LANTEAUME succède à son frère Robert. La Haute Patrouille est formée de J. LANTEAUME aux Sangliers, H. GAILLARD aux Hermines, H. ARNIAUD aux Castors, Tony ANZALONE aux Léopards et R. DUTFOY aux Cerfs.

Le 20 juin 1948, c’est l’affiliation tant attendue de la 57e Meute, qui hélas ne survivra pas longtemps après le camp de SAINT ETIENNE DE TINEE.

Camp de Troupe 1948 à St-Pierre de Paladru

La Troupe campe en Isère, à SAINT PIERRE DE PALADRU, dans le cadre magnifique du château du Comte de LA PERRIERE, personnage haut en couleurs que les Éclaireurs de l’époque ne sont pas près d’oublier.

Fin juillet, le Clan s’embarque pour la Corse ; 28 Routiers, dans des conditions difficiles (chaleur, approvisionnement aléatoire) découvrent les beautés de l’itinéraire CORTE-CARGESE, sans rencontrer pratiquement de touristes ! Au retour vers le Continent, la Méditerranée se déchaîna en une tempête qui mit grandement en difficulté la vieille carcasse du « VILLE D’AJACCIO ».

A l’automne 1948, les deux Meutes fusionnent sous l’autorité d’André BOREL, auprès de qui R. BOUCHON prend du service. Jacques LANTEAUME et J. BRUNELLO deviennent Assistants de Troupe. P. MEGE prend la direction du Clan, avec l’appui de J. BERT et J. ILDEFONSE et choisit comme « service » l’enfance délinquante.

En novembre, à l’instigation de CHARLETY, c’est le lancement du journal de Groupe, sous le nom « DE NOS ECORCES », qui le mois suivant prend son titre définitif de « CHEBEC ».

« CHEBEC » : « bâtiment très fin de formes, pouvant naviguer à la voile ou à l’aviron, portant trois mats à pible avec voiles latines et un foc, principalement utilisé par les pirates barbaresques », dit le LAROUSSE.
Le « Vieux Sachem » (CHARLETY) justifiait ainsi ce nom : « Nous l’avons tout simplement choisi parce qu’il nous rappelle la mer et que nous sommes au bord de la Méditerranée ; parce que notre Clan a pour patron Pierre Savorgnan de BRAZZA, officier de Marine qui s’est illustré dans la conquête pacifique du Congo ; parce que notre nouvel écusson de Province comporte un Chebec d’or sur quartier de la pointe dextre ; parce qu’enfin ce fut, aux environs du Premier Empire, un bateau pirate et que nous aimons l’aventure ».

Le Clan en octobre 1949

En fin d’année, Pierre LANTEAUME succède à son frère Robert, à la tête de la Troupe. Il marque son arrivée par l’organisation du premier camp de neige (au Ventoux) jamais réalisé par le Groupe, dans des conditions qui prêteraient à sourire aujourd’hui (notamment les chaussures de marche adaptées aux skis).

Très rapidement, sous l’impulsion de son nouveau patron, cette unité commence à s’entraîner ferme (parcours du risque, judo, boxe) pour pouvoir participer au lancement des RAIDERS, sur le plan national.

Cette influence se fait sentir lors du camp d’été de VALLOUISE (Htes-Alpes) où d’importantes installations sont organisées : pont, cuisine surélevée des Cerfs notamment.

Les Louveteaux campent à SAINT-PAUL-SUR-UBAYE (Basses-Alpes).

Les Routiers, non loin de là, sous la conduite bienveillante de P. MEGE, relient GUILLESTRE à BRIANCON, par une série d’étapes assez dures, marquées en particulier par des cols restés dans la mémoire des participants (Estronques, Caranmantran, Izoard) et finissent par une escapade jusqu’au Glacier Blanc (Ailefroide). C’est à ce camp que C. PAY, déjà célèbre par ses animations pittoresques des veillées et repas de camp, roda la formule des émissions qui durant plusieurs années firent la joie des réunions générales de Clan, sous le nom de TELE 37.

A la rentrée d’automne, les Maîtrises restent stables.

Au Clan, répondant à l’appel de Milou MIHIERE, jeune vicaire aux Crottes, P. MEGE lance l’équipe des Apprentis en service au Patro de cette paroisse des quartiers Nord. Ce fut une expérience difficile mais enrichissante, qui marqua de près ou de loin toute une génération de Routiers.

Pour la veillée de Noël, le Clan se partagea en deux : aux Crottes et à Calas, où il n’y avait pas eu de messe de minuit depuis 14 ans.

A la Meute, au début 1950, R. BOUCHON devient AKELA, assisté de C. ARNOUX et de M. BACRI.

Au printemps, à la Troupe, où se poursuit l’entraînement RAIDER, le local est équipé du téléphone par les soins de T. ANZALONE.

Dans le cadre du renforcement des liens entre le Groupe et l’Œuvre, la journée du ler MAI est entièrement prise en charge par le Clan, qui en profite pour susciter un premier regroupement des Anciens. Cette manifestation fut renouvelée en 1951 et 1952, avec le même succès.
Pour les camps d’été, les Louveteaux découvrent à leur tour les charmes de la propriété du Comte de LA PERRIERE, à PALADRU (Isère), tandis que les Éclaireurs s’installent à CHAUFFAYER (Hautes-Alpes).

Camp de Clan 1951 dans les Pyrénées

Le Clan innove : sur une idée de John BUISSON, le camp se fait à vélo de TOURS à LYON, avec visite des Châteaux de la Loire. Une formule originale qui n’alla pas sans quelques complications pour trouver, le soir, des lieux de bivouac, dans une région où toutes les propriétés sont solidement clôturées.

A la reprise, J. APACK est détaché pour prendre en charge la Troupe de Saint-Pierre ; plusieurs fois dans l’histoire du Groupe, de tels envois en mission dans d’autres Unités de Marseille témoigneront du rayonnement que la 37 sut avoir, le plus souvent dans la discrétion.

A la Troupe, le « Manoir » vit ses dernières semaines. En novembre, la « Base », nouvelle appellation du local selon la terminologie « Raider », lui succède.

Au Clan, tout en maintenant un petit contingent aux Crottes, intervient le lancement d’un nouveau service médiatique avant l’heure : une équipe assure la diffusion de l’hebdomadaire catholique SEMAILLES aux portes des Eglises. L’expérience, où se dépen¬sèrent en particulier C. SAUVAIRE, P. CHIRIE et P. BRIOLLE, ne fut pas de tout repos : il fallut compter parfois avec l’hostilité (eh oui !) de certains curés à de telles ventes à la criée, quand ce n’était pas avec le rudoiement des diffuseurs très entraînés d’ASPECT DE LA FRANCE (journal royaliste).

Parallèlement, une autre Equipe participait avec la Province à des travaux de réfection à la Ferme Saint Joseph (tentative malheureuse de création d’un centre de réadaptation d’anciens détenus dans les collines de La Bourdonnière).

Les Louveteaux qui restent fidèles à leur B.A. de Noël font partager leur joie à des petits paralysés de Saint Julien.

Le 19 avril 1951 est une grande date pour la Troupe qui reçoit l’investiture « RAIDER », sous la dénomination de 52° Troupe RAIDER-SCOUTS, au cours d’une imposante cérémonie devant le Monument aux Morts d’Orient. Les sept investis sont : P. LANTEAUME, Ph. et R. de LALEU, B. BORDE, T. ANZALONE, G. IMBERT et G. CALAZEL.

Le dimanche suivant, Théo LOMBARD, Commissaire de Province, organisait magistralement une grandiose Fête de la Saint Georges, pour tout le Scoutisme marseillais, dans la propriété de LUMINY, dont on faisait la découverte.

Si pour le camp d’été, la Meute reste sagement à CHABOTTE (Hautes-Alpes), la Troupe, pour la première fois, sort des frontières pour effectuer un long périple à travers l’Italie, l’Autriche et la Suisse.

Le Clan, qui a pris goût au vélo, va de TOULOUSE à BORDEAUX, via les Pyrénées et Lourdes et résout facilement le problème de l’hébergement, à deux reprises, en trouvant le gîte successivement chez le Colonel PETRE, ancien commandant du 141° R.I.A. et chez le futur Cardinal GOUYON, deux amis de guerre de l’Abbé GALY.

Pendant l’été, les Routiers s’adonnent aux joies de la pêche sous-marine, à partir d’un kayak dont la rénovation n’avait pas été spécialement rapide.

En octobre 1951, les Maîtrises se renouvellent en grande partie.

A la Meute, H. GAILLARD est assisté de R. DUTFOY et P. VILLEMINOT. A la Troupe, L. MOTTA devient assistant. Au Clan, P. BRUNO « s’engage » pour 3 ans, entouré de C. ARZANO et J. CHAGNAUD.

Pour Noël, la H.P. de la Troupe anime la messe de minuit aux Accates, tandis que le Clan assure celle des Goudes, où il retournera pendant plusieurs années.

Durant l’année 1952, la vie des Unités est mouvementée. La Troupe développe l’entraînement Raider : escrime, brevet de pompier-auxilaire, descente de l’Arc en canots pneumatiques. Le 20 janvier, toutes les patrouilles sont mobilisées pour collecter les informations de la vie marseillaise ce dimanche et sortir pour 19 H un journal ronéotypé. M. DURAND est envoyé comme CT à la 9 (Belle de Mai), où il restera trois ans.

Le Clan, qui tourne avec un effectif de 40 garçons, affronte concrètement le problème du logement, très aigu à cette époque, en participant à un chantier « Castors » à Saint-André, poursuit les ventes de SEMAILLES, organise à Mardi-Gras son premier camp de neige à ALLOS, monte « Le Commissaire est bon enfant » pour la Fête de Groupe et délègue 6 Routiers comme brancardiers au Pèlerinage Diocésain de Lourdes (où ils eurent maille à partir avec les responsables de l’Hospitalité, en raison de leurs culottes courtes D.

Pour Toussaint, concentration des Routiers et des Aînés de l’Œuvre sur les deux terminus du tramway 68 (Noailles et Saint Pierre) pour la diffusion de la revue du P. LOEW « DIEU EXISTE », auprès des interminables files d’attente de visiteurs du cimetière.

Durant l’été 1952, la Meute choisit PRELENFREY (Isère) pour lieu de camp ; la Troupe retrouve la formule du camp fixe à SAINT JUERY (Lozère) et le Clan celle du camp à pied de MULHOUSE à STRASBOURG, avec quelques faits marquants : impressionnante veillée nocturne dans le Cimetière Militaire National du VIEIL-ARMAND (guerre 14-18), sortie titubante de la cave du curé de KATZENTAL et photo souvenir à la tribune du tout récent CONSEIL DE L’EUROPE.

A la rentrée, Pierre LANTEAUME, devenu Chef de Groupe, pour un premier mandat, confie la Troupe à son frère Jacques, assisté de T. ANZALONE et R. ULRICH.

A la Meute, J. BROSSARD et J. ADET reviennent apporter un coup de main à H. GAILLARD.

Fête de Clan 1952

Le 26 octobre 1952, le Clan fête dignement son 10° Anniversaire : messe, cérémonie, représentation très réussie de « JEOFFROI » et souper aux chandelles.

Les Routiers, sensibilisés par des conférenciers invités aux Réu¬nions Générales de Clan, s’ouvrent à de nouveaux services : brancardage à l’Hôpital Sainte-Marguerite et alpha¬bétisation auprès des immigrés afri¬cains, par l’intermédiaire de l’ATOM

Pour la préparation de Pâques, une Equipe vit la Semaine Sainte animée par l’Equipe Nationale Route à VEZELAY.

Pour Pentecôte, plus prosaïquement, la Troupe descend le VERDON en canots.

Les Louveteaux qui campent en juillet à SAINT-PIERRE DE CHARTREUSE (Isère) s’attaquent courageusement à l’ascension du GRAND SOM. Les Éclaireurs reviennent à SAINT-PIERRE DE PALADRU (Isère) et organise un raid homérique de trois jours.

Pour la première fois, le Clan se dirige vers l’Auvergne, pour parcourir un itinéraire de LA BOURBOULE à GRAMAT qui s’annonçait sans histoire. Dès le deuxième jour, une mauvaise lecture de la carte d’Etat-Major provoquait une entrée à rebours, fort remarquée, dans le Cirque de Chaudefour. Quant au retour du camp, perturbé par la grande grève SNCF d’août 1953, il s’effectuait par un fourgon venu spécialement de Marseille chercher les Routiers à court d’argent.

A la reprise d’octobre, le Père AMIGON devient aumônier de Troupe et M. REY assistant.

Pour Noël, l’effectif du Clan et la motorisation qui se développe permettent d’assurer la veillée à Calas, Cabriés et à l’Œuvre pour les paralysés.

La Fête de groupe 1954, qui a lieu à l’Œuvre les 27 et 28 mars, met une fois de plus en évidence le rôle du Comité des ADS qui apporte, depuis des années, un soutien efficace aux Maîtrises.

Ce printemps, deux Chefs de la 37 se distinguent : P. LANTEAUME et M. DURAND suivent un CHAMARANDE, Camp Ecole Nationale (le Saint-Cyr du Scoutisme). Ils seront imités quelques années plus tard par M. GAUDISSART puis A. BOS. Seul, Pierre LANTEAUME sera breveté et recevra la « Badge de Bois ».

Le camp de Troupe d’été au MONASTIER (Puy de Dôme) est marqué par un mémorable jeu de nuit avec les Éclaireurs d’AMBERT et une exploration de patrouilles de trois jours.

Au moment même où la guerre d’INDOCHINE s’achève par un armistice suivant de peu la défaite de DIEN BIEN PHU, le Clan prend de la hauteur, en parcourant un rude et merveilleux itinéraire alpin de MODANE à CHAMONIX. Le point fort étant l’ascension du MONT BLANC avec des moyens matériels quasi inexistants. Le fanion de Clan est planté au sommet par les quatre vainqueurs : A. BERT, B. MOUREN, L. BRUGAL et J.P. MENIAL.

Quelques mouvements de Maîtrises interviennent en octobre 1954. P. BRUNO termine son mandat au Clan et vient apporter assistance à la direction du Groupe à P. LANTEAUME, nommé par ailleurs Assistant au Commissaire de Province. H. ARNIAUD, secondé par G. IMBERT, prend la responsabilité du Clan, qui ouvre son recrutement en recevant des garçons de la 16 (vieille rivale de la 37) et poursuit son service auprès du Foyer d’Accueil des Nord-Africains.

Evénement-choc de ce trimestre à la Troupe et au Clan : le témoignage d’un ancien routier marseillais qui a vécu, quelques mois plus tôt, l’enfer de DIEN BIEN PHU, en qualité de lieutenant-parachutiste.

Malgré cette sensibilisation, personne ne prête attention, le ler novembre, au déclenchement de ce qui va devenir très vite la « guerre d’Algérie », épreuve marquante pour bon nombre de Routiers jusqu’en 1962.

Noël reste la préoccupation majeure des trois Unités. La Meute organise sa B.A. à l’Hôpital Jean Martin ; la Troupe anime la Messe de minuit aux Accates ; le Clan se démultiplie pour le Noël-Routier aux Goudes, à Calas, à Cabriés et aux Crottes.

L’année 1955 commence brusquement pour lesÉclaireurs qui se trouvent mobilisés, avec les autres Raiders de Marseille, pour porter secours aux habitants d’Avignon, victimes des inondations du Rhône. Cette mission sera récompensée le 6 mars par la visite que Michel MENU, Commissaire National,
rend à la Base, récemment rénovée, où il est accueilli par Jacques LANTEAUME et ses nouveaux Assistants : M. GAUDISSART et Ph. FILIPPI.

Le Clan Brazza a campé dans le Roussillon (1955)

En juillet, la Troupe plante ses tentes à LA JARJATTE, près de Lus-la-Croix-Haute, tandis que le Clan part à la découverte du ROUSSILLON, de PORT-VENDRES à AXAT, avec la montée au Canigou et réalise une enquête sur la ville de Prades, qui lui vaudra les honneurs de la presse marseillaise.

En octobre, Pierre LANTEAUME, qui a accepté la responsabilité des « Patrouilles Libres » en cours de lancement sur la Province, laisse la responsabilité du Groupe à P. BRUNO, qui l’assumera pendant plus de deux années.

Dès le début 1956, le Clan commence à supporter le poids des événements d’Algérie : à certaines périodes, on comptera jusqu’à 15 Routiers ou Chefs participant simultanément aux opérations militaires. Jean-Claude TARRAS, ancien louveteau de la 57, sera tué le 2 février 1958.

P. BRUNO et H. ARNIAUD, aidés par le Comité ADS, font tout leur possible pour apporter un soutien moral et même matériel à ceux qui sont outre-Méditerranée : les anciens d’Algérie se souviennent en particulier du « COURRIER D’AFRIQUE », modeste bulletin rédigé à Marseille qui assurait un lien précieux entre eux.

Les 27 et 28 janvier, le Clan, qui a pris en charge un nouveau service auprès de l’enfance délinquante (rue des Vertus), participe au CONGRES ROUTE REGIONAL, au Palais de la Bourse, sur le thème de la « Jeunesse » : sa contribution concerne l’étude des mouvements confessionnels à Marseille.

A Pâques, Maurice REY suit un Breuil (Camp-école Route) entre la Sainte-Baume et les Calanques, avec la nouvelle Equipe Nationale composée de Paul RENDU, Pierre CHESNAY et Jean MULLER.

Les Unités se dispersent dans et hors hexagone pour les camps d’été : les Louveteaux vivent l’aventure de la Jungle au PLAN D’AUPS, les Éclaireurs reviennent à SAINT JUERY (Lozère) puis participent à l’imposant Rallye Raider de la BANNE D’ORDANCHE (Puy de Dôme), les Routiers font un périple européen (Italie, Autriche, Allemagne), en chemin de fer et à pied, avec la visite mémorable d’une mine de sel.

La reprise du Groupe en octobre 1956 est réalisée avec de nouvelles maîtrises :

  • à la Meute : B. MOUREN, assisté de G. GAILLARD et G. DEKEYSER.
  • à la Troupe : M. GAUDISSART (entouré de Ph. FILIPPI et Jo INGLES) et l’Abbé DELEAGE, qui prend le relais du P. GALY comme Aumônier.
  • au Clan : G. IMBERT, épaulé par M. DURAND et J.P. PERNOT.

Le début de l’année 1957 est marqué par la préparation du 20e ANNIVERSAIRE DE LA FONDATION DU GROUPE, fêté les 23 et 24 mars. Le samedi, c’est le Repas des Anciens, co-présidé par le P. RUBY et J. TALARD, entourés de M. CAR et de M. LEBERT, Adjoint au Maire. Le dimanche, c’est la Messe célébrée par G. BLAIZE et la fête de Groupe, supervisée par J. ADET.

Pendant ce temps au Q.G. de Paris, une grave crise s’amorce entre le Commissaire National, Michel RIGAL, et les responsables de la branche Route ; elle s’achève le 9 mai par la démission de l’Equipe Nationale Route. Cette affaire fut surtout un conflit d’état-major parisien et n’eut aucune conséquence sur la vie du Clan Brazza. Par loyauté, le P. GALY et G. IMBERT tinrent cependant à assurer Michel RIGAL de leur entier soutien, en lui adressant une lettre très chaleureuse.

Les lieux de camp d’été continuent à rester divers : la Meute chasse à SAINTE EUPHEMIE, près de Sisteron. La Troupe prend le maquis à CABUCCIA (Corse), gravit le Monte Cinto et termine par une route jusqu’à Piana. Le Clan participe au RASSEMBLEMENT NATIONAL D’ASSISE et réalise ensuite un itinéraire de montagne dans les Alpes Italiennes et le VAL D’AOSTE.

Peu de changements dans les maîtrises, à l’automne. J. BOCAGE arrive en renfort à la Meute. Philippe FILIPPI devient Chef de Troupe en remplacement de M. GAUDISSART.

Le Clan entame pour la nième fois la réfection de son Foyer, où prend place une cheminée conçue par J. APACK, avant d’assurer plusieurs Noëls-Routiers, aux Goudes, à la Belle de Mai et à st Théodore, dans le prolongement d’un service au bénéfice des immigrés africains.

L’Epiphanie 1958 voit l’organisation par les ADS du traditionnel Gâteau des Rois. Cette manifestation prouve une nouvelle fois la continuité de l’appui apporté par un groupe très actif de Parents qui s’est renouvelé sans cesse depuis plus de dix ans.

En mars, une Fête de Groupe particulièrement brillante se déroule à la salle St Calixte : les Louveteaux montent un spectacle d’Edouard DUCANI, les Éclaireurs passent des ballets russes aux danses nègres, l’équipe d’Art Dramatique du Clan étincelle dans l e s « Prétendants de Colombine », sous la conduite de M. SAVY et P. BERNARD.

Peu après, J. CHAGNAUD prend la responsabilité du Groupe et du Clan.

Les graves événements politiques de mai-juin, qui vont provoquer le passage de la IV° à la V° République, sont sans influence sur la vie du Groupe. Une grande sortie familiale, organisée le 8 juin par le Comité ADS n’est en rien perturbée et connaît même un franc succès.

Les camps se déroulent très normalement. La Meute s’installe à LA JARJATTE, aux confins Isère-Drôme-Hautes Alpes, près de la source du Buech, site que la Troupe avait apprécié trois ans plus tôt. Les Éclaireurs choisissent les bords du BASSIN DU LAMPY, au pied de la Montagne Noire (Aude), où ils peuvent utiliser au mieux les canots pneumatiques qu’ils manœuvrent avec habilité. Les Routiers partent à la découverte d’une région jusque là inexplorée par le Clan, en faisant de la grande montagne sous un ciel de Provence, entre SAINT-MARTIN-DE-VESUBIE (Alpes-Maritimes) et GUILLESTRE (Hautes-Alpes). Une journée commune avec un groupe de J.A.C. Féminine et un Chemin de Croix à 2.800 m. furent des moments forts.

La rentrée d’octobre ne va pas sans problème pour la Meute où le recrutement de Louvetiers devient difficile. Il faut faire appel à l’Equipe Jeune-Route de C. PAY pour assurer le démarrage de cette unité.

La Troupe conserve Ph. FILIPPI à sa tête, avec P. BLANC, M. MORELLI et R. LUIGGI et accueille un nouvel aumônier : le Père CHABRIER, qui apporte sa longue expérience acquise au service de la 10° MARSEILLE.

Le Clan suit fidèlement l’aggiornamento décidé par Paris et se transforme en COMMUNAUTE BRAZZA, avec création d’un Conseil de Communauté aux pouvoirs plus étendus que ceux de l’ancien Conseil de Clan.

En raison de la complexité grandissante des problèmes à résoudre, H. ARNIAUD et H. GAILLARD deviennent Conseillers auprès du Chef de Groupe.

Le 4e trimestre 1958 est marqué à la Meute par un dynamisme qui aboutira à quelques excès, à la Troupe par la participation aux activités de la Fédération Nationale de Sauvetage et à la Communauté par la préparation du Congrès Route avec campagne électorale très vive et élection de 2 représentants (J.P. BLANC-PRADEL et M. REY) qui doivent accompagner l’Aumônier et le C.C. à Versailles. Le Congrès se tient les 26, 27 et 28 décembre ; il est très animé et, malgré la tendance naturelle des Parisiens à occuper le devant de la scène, les représentants marseillais surent faire entendre leurs voix.

Le premier semestre 1959 sera également fertile en activités. Les Louveteaux, pour l’Epiphanie, prennent en charge un groupe d’orphelins de Vitagliano. En mars, la Fête de Groupe, bâtie autour de la « Joie de Vivre » de Marcel SAVY (en référence au titre d’une célèbre émission de télé de l’époque), permet aux trois unités de rivaliser dans les techniques d’expression : la Meute avec « les Perles du Bengale », la Troupe avec un montage sur « Mermoz » et la Communauté avec « Le bon père malgré lui ».

En avril, ce sont les Journées Provinciales, dans la vallée de Saint-Pons, où la Troupe se signale par la construction d’un splendide portique en porte-à-faux.

Les camps arrivent bien vite. Le Vercors accueille la Meute et la Communauté. Les Louveteaux, avec leur nouvelle maîtrise (F. SEGUIN aidé de R. CAYOL et A. AUDOUARD), sont reçus à PRESLES, dans la propriété des beaux-parents d’Henri ARNIAUD et les Routiers, renforcés par un contingent du Bon-Pasteur, cheminent de DIE à SAINT-NIZIER sur les traces des maquisards de ce haut-lieudelarésistance (juin-juillet 1944). Les Éclaireurs sont à FRESSINIERES (Htes-Alpes), où ils continuent à manier habilement le froissartage,en construisantunpont sur le torrent qui subsistera après leur départ.

Le démarrage du Groupe, en cet automne 1959, s’effectue selon une procédure formaliste et inaccoutumée, afin que les parents confirment leur confiance aux Maîtrises des Unités, compte tenu de leurs nouvelles conditions de fonctionnement.

En effet, les locaux des trois unités sont regroupés sur la rue Jaubert, pour que la 37 puisse exercer ses activités de façon autonome par rapport à l’Oeuvre.

Cette décision est l’aboutissement d’un certain état de tension regrettable entre l’Oeuvre et le Groupe, dû à un concours de fâcheuses circonstances.

Elle sera suivie, à la fin de l’été 1960, par une convention régissant les nouveaux rapports entre le Groupe et l’Oeuvre, cette dernière désignant M. CHIPPONI pour veiller aux modalités de cohabitation, mission qu’il remplit pendant plusieurs années avec son habituelle précision, mais surtout avec une très grande compréhension.

A la fin de l’année, ce sont les services de Noël (Petits Frères des Pauvres et Messe des Accates) et les camps de ski, devenus une tradition.

Dès le début de 1960, d’importantes mutations interviennent dans les Maîtrises. Pierre LANTEAUME revient à la tête du Groupe. J.P. BLANC-PRADEL prend en charge la Communauté et A. CAUSAN devient Chef de Troupe assisté de Michel REY. Le Père GALY, qui prépare son départ définitif pour l’automne, confie l’aumônerie de Meute au Père
CHABRIER.
Il y a malheureusement toujours des Routiers en Algérie : L. BRUGAL, B. MOUREN, P. FILIPPI, J-M. GRUN, P. AVON, J. LUDWIG, C. BOURELLY…

En mai, le Groupe apprend le décès à Bamako de Marcel MICHEL, le fondateur de la Meute. Ses obsèques auront lieu en juillet, au cimetière Saint-Pierre, en présence de M. CAR et de nombreux Anciens.
Les lieux de camp sont dispersés. la Meute est à LALLEY, en Isère ; la Troupe au CRET D’ECHALLON dans l’Ain, où elle offre aux villageois et estivants un feu de camp très réussi, animé par B. DULUC, A. TREMEAU, R. LUIGGI et A. MOHA. En camp au COL D’ALLOS, les Pionniers participent à l’animation de la fête locale. La Communauté est pour la troisième fois en Alsace, sur l’itinéraire MULHOUSE-STRASBOURG à travers le massif des Vosges.

Le Noël-Routier est organisé à Calas avec les Petits Frères des Pauvres, qui accueillent également les Louveteaux pour leur B.A. de Noël.

En février 1961, la Province lance « L’OPERATION CADRES VERTS » destinée à sensibiliser les adultes de 25/35 ans, dont le Mouvement a le plus grand besoin pour son encadrement. Pour la petite histoire, des Routiers de la 37, collant des affiches pour cette campagne, sont arrêtés par la Police !

Cet incident n’empêche pas la Communauté de participer avec brio à des matches de foot-bail contre les autres Communautés de Marseille.

Bien vite se profilent les camps d’été. L’Isère est choisie par la Meute qui s’installe à ENTRAIGUES et par la Troupe qui investit VAL SENESTRE, où se déroulent de retentissantes Olympiades. Quant à la Communauté, ni les archives, ni les souvenirs n’ont permis de retrouver les lieux de ses exploits !

Successions en série à la rentrée d’octobre 1961. F. SEGUIN est remplacé à la Meute par A. TREMEAU et B. DULUC. A la Troupe, A. CAUSAN laisse la place à Jean-Claude et Patrick LEFEUVRE.
La Communauté est reprise courageusement par Marcel SAVY, aidé de Jacques ILDEFONSE, deux Anciens des débuts du Groupe : la 37 participe ainsi à la réussite de l’Opération « CADRES VERTS ».

L’année 1962 est marquée, le 18 mars, par le

25e ANNIVERSAIRE DU GROUPE

Le 25e anniversaire de la fondation de la 37

qui réunit Actifs et Anciens autour de la Messe et d’une grande Cérémonie dans la cour de l’Oeuvre. La journée se poursuit au Château des Fleurs, avec le Banquet des Anciens à midi et la Fête de Groupe. Une journée bien remplie.

Un peu plus tard, les Pionniers participeront, au cours de leur camp dans les Cévennes, à la construction d’une piscine à CONCOULES.

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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