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La 68e Paris

Paroisse Saint Christophe de Javel

La 68e Paris, unité SDF créée en 1928 en milieu populaire connaît semble-t-il deux eclipses, de 1972 à 1982, puis de 1987 à 2004. Nous ne savons-nous pas grand chose de ce groupe sinon son existence à telle ou telle date par le nom de quelques chefs et cheftaines, et c’est tout ! Aujourd’hui le scoutisme est toujours présent sur Saint Christophe de Javel. Le Groupe saura-t-il se mobiliser pour retrouver et conserver sa mémoire ?

La 68e Paris.

La 68e Paris, Groupe Saint Christophe, foulard blanc, bande bleue, est fondée sans doute en 1928. Elle est affiliée aux SDF le 29 janvier 1930. L’église qui l’accueille, Saint Christophe de Javel, est elle-même construite en 1926-1930 à l’emplacement d’une chapelle provisoire nommée Saint-Alexandre qui avait été érigée en paroisse en 1907 aux dépens de Saint-Jean-Baptiste-de-Grenelle. Comme souvent dans les quartiers périphériques de Paris, le groupe est donc contemporain de l’église.

La création.

L’aumônier fondateur est l’abbé Blain des Cormiers ; le premier chef est Bertrand Marry, vraisemblablement un ancien du Groupe Saint Louis (1re Paris…)
La paroisse, en milieu très ouvrier puisqu’un bon tiers de son territoire est occupé par les usines Citroën, possède alors deux patronages.
C’est l’un deux, celui de Notre-Dame-de-Grâce du 35, avenue Émile-Zola (à ne pas confondre avec le patronage homonyme de la rue Fondary), qui accueille le groupe dans ses locaux. Ce patronage n’existe plus. le terrain, qui était extrêmement vaste, accueille aujourd’hui des écoles publiques.
L’autre patronage se situe contre l’église, rue Sébastien-Mercier. Par ailleurs, l’abbé Blain des Cormiers, qui fait partie de ces apôtres des quartiers populaires de Paris auxquels on doit tant d’institutions originales, avait créé en 1909 une école de mécanique, l’Atelier d’apprentissage de Javel, 20 rue des Entrepreneurs, dirigé dans les années 1930 par un père d’aumônier scout, M. Hayaux du Tilly. Il est donc très probable que la 68e y recrute.

Quelques éléments chronologiques.

Ces premiers éléments posés, la 68e reste mal connue : composition, maîtrises, activités, les informations sont restreintes.
1928-1930. Le fondateur est l’assistant scoutmestre Bertrand Marry.
Le 29 juin 1932 une meute est affiliée. Elle est dirigée par des louvetiers avant la guerre.
A cette époque, vers 1932-1935 l’aumônier est un père Serge (c’est son prénom), un franciscain.
1932-1933, N. Lanternier est scoutmestre. Il est seul chef éclaireur? alors que la meute a plusieurs assistants.
En 1933, le groupe semble démarrer pour de bon mais la troupe reste fragile. Les chefs viennent généralement d’autres groupes et ne restent guère longtemps.
1933-1935, François Bonnet-Dupeyron assistant scoutmestre vient de Massillon, 23e Paris. Il entre au séminaire en 1935, n’y reste pas, devient un géographe connu.
1936-1937, Paul Moutillard, ACT puis CT est un ancien de Montalembert (25e Paris) passé par la 8e Metz.
1937-1938, Paul Moutillard a pour ACT un certain Joseph Luminais, qui habite le 12, rue Antoine-Roucher, à Auteuil, (adresse du futur centre national des S. U. F !), et François Jæger, qui passe ou retourne à Notre-Dame-de-l’Assomption-de-Passy (86e) en 1938. Il s’agit donc de chefs « en mission » qui viennent de l’autre côté de la Seine.
Moutillard devient scoutmestre du groupe en 1938. L’aumônier de cette époque est le père Georges Ramboux, assomptionniste, assez connu pour sa tentative de scoutisme espérantiste (première 99e Paris).
On ne sait rien sur la période de la guerre. Quant à l’après-guerre, on a que des fragments.
1945-1946, Jean-Marie Molinier, polytechnicien, est ACT. La meute est dirigée par Renée Langlois
En 1950 celle-ci laisse sa place à Lucienne Chevallier.
1951-1952, Bernard Solasse est CT.

Raiders.

La 68e est Raiders (après 1952, numéro non connu) jusqu’en 1956 au moins, puis de nouveau candidate en 1958. Là encore, nous manquons d’informations précises.
En 1955, l’organiste de Saint Christophe Claude Sommaire fonde à la paroisse une maîtrise de petits chanteurs sur le modèle des Petits Chanteurs à la croix de bois. Cette maîtrise existe toujours aujourd’hui. Depuis les années 1980, son niveau est même excellent. On ignore ses relations avec le patronage Notre-Dame-de-Grâce et avec le groupe scout.
1955-1956, ACT Gilbert Lecat, par ailleurs CE route, et Alain Viret. Monique Pasinato, Chamarandaise louveteau? en septembre 1956 (123è) est CM, assistée de Monique Masson qui prend la suite après avoir elle aussi suivi un Cham, le 121è louveteau en juillet.
1958-1959, Henri Hunsinger est ACT, Janine Remond CM.
1960-1961, l’abbé Cabon est aumônier du groupe. Le CT est Henri Ofenloch. Il est originaire de Vincennes et sera ensuite CT de la 2e Bagnolet. Il est assisté de François Bonnemains. A la meute on note Danièle Ducote qui a été aussi de Saint Lambert de Vaugirard (293è).
On note ensuite :
1962-1963, CT Michel Évin.
1963-1964, ACT Richard Lassaigne. Annick Hervé est CM. 

1964-1966, CT puis chef de poste, Richard Lassaigne. Richard applique la réforme de 1964 à Saint Christophe. Il est ACD Pionniers en 1966. Ses assistants pionniers sont Jean-Louis Tramonti et Dominique Ternisien. Sabine Hugot est CM.
La 68e est mieux connue à partir de cette date.
1966-1967, Chef de poste, François Faury avec pour assistant, Jean-Louis Porcher. Assistant rangers, Jean-Marie Lavaron. Marie Hermine Matrat est CM, assistée de Colette Plée qui a fait un CCM à Noël 1966.
Aumônier en 1967, le père Le Ber, franciscain, est aussi l’aumônier du groupe de son couvent, la 100e . Il est assez curieux que presque tous les aumôniers connus de cette troupe paroissiale soient des religieux.
1968-1969, Chef rangers, Patrice Delaporte. Le poste pionniers disparaît.
1969-1970, Le CG est Jean-Loïc Charier. Jacques Remond est CT rangers, assisté de Claude Rémond, institutrice, et Jean Marie Lenoir qui prends sa place de CT en 1970.
1970-1971, Assistant rangers, Philippe Hervé. Marie Agnès Legras est ACM.
À la rentrée de 1971, la situation n’est pas bonne. Le groupe n’a plus de pionniers et le chef rangers a démissionné. Toutefois, la paroisse vient de recevoir pour vicaire, puis pour curé, l’abbé François Roché, un aumônier scout chevronné qui a soutenu la réforme dans son précédent groupe, Saint-Jean-de-Passy (26e Paris). On trouve des chefs, Xavier Nadal qui vient de Champigny sur Marne assisté de François Lacoste. Puis de 1972 à 1973 François Guérin. Catherine Matrat est ACM. Mais ce n’est qu’un sursis, car après 1972, la 68e on n’envoie plus de chefs en formation (CEP et CCM). Le local de la troupe, s’il est toujours avenue Émile-Zola à cette époque, est rasé pour la construction du Front de Seine qui bouleverse le quartier, la population, le substrat social scout de ce Groupe.
Les chefs semblent avoir toujours été difficiles à trouver à Saint Christophe. Peut-être est-ce, et de tout temps, le lot des groupes de milieu populaire sur Paris. Les chefs endogènes (issus du groupe) y sont plus rares. Ces groupes ont subsisté en faisant appel à des chefs venant d’autres quartiers plus privilégiés de Paris ou de banlieue.
Mais n’est-ce pas aussi une constance de ce scoutisme parisien dans beaucoup de groupes depuis les origines : la durée de présence des chefs est rarement au delà de deux ans.

La Route

Avant la guerre, les routiers? issus de la 68e faisaient partie du clan du district Paris sud I, le clan « Maud’huy ».
On a pas trace non plus d’un clan propre à Saint Christophe. Il en est de même après la guerre lorsque « Maud’huy » existe encore ; du moins pas avant le milieu des années 1950 :
1953-1954, Chef de clan Claude Clenet. Chef d’équipe, Jean-Bernard Semayne
1956-1957, CC Éric Sermet, vingt ans.
1959-1961, CC André Lambert.

68e Paris, seconde création.

Pendant dix ans, de 1972 à 1982, on a aucune trace de scoutisme à Saint Christophe.
Le groupe SGDF? actuel de Saint-Christophe-de-Javel, qui porte un foulard rouge, bande bleu marine

est une nouvelle création de 1982, alors que l’abbé Roché était encore curé ; l’abbé Roché n’avait donc pas renoncé à avoir un groupe scout chez lui. La paroisse reste en effet très active à cette époque. Elle possède toujours un patronage, chose assez rare désormais. Ce patronage est celui qui est situé contre l’église, 8-10, rue Saint-Christophe.
Ce groupe a repris au bout de quelques années le numéro de 68e Paris qu’il valorise rarement, mais qui n’est pas oublié. C’est pour cette raison qu’on place l’histoire de ce groupe ici.
Le vicaire à l’initiative de cette résurgence est l’abbé Gérard Ploix, qui avait été CT de la 71e Paris (Pasteur).
Les CG sont le couple Sanmarco. On commence par ouvrir la troupe, dans une complète improvisation, car le chef lui-même, Michel Gouin, n’a jamais été scout. Les débuts sont donc un peu anarchiques. Cependant, l’unité se stabilise.
1982-1983 au moins, le chef scout est donc Michel Gouin et Marie Hélène Husson esr ACM.
1985, La troupe participe au jeu scout national « Cap aventure ». Dominique Lefèvre-Albart est ACM.
1986-1987, Chef scouts, Thierry Gautier, ACM Riha Khoury.
On manque de renseignements pour l’après 1987. On a aucune trace du groupe jusqu’au milieu des années 2000. Est-ce encore une période sommeil du Groupe Saint Christophe ?

Après la fusion

La paroisse accueillait aussi un des derniers groupes GDF de Paris, de sorte que le groupe SDF n’était pas co-éduqué.
Le groupe est majoritairement féminin depuis la fusion. Il n’est pas co-éduqué, à l’exception du relais compagnons, mais les caravelles portent curieusement le numéro de 68e Paris, et non leur numéro GDF (lequel ?) Elles animent une unité « Vent du large » pour les filles handicapées mentales de plus de dix-sept ans, et participent également aux activités de l’école Sainte-Élisabeth, école qui fournit en retour un appoint d’effectifs.
Les effectifs étant réduits, une dizaine de jeunes par unité, les camps sont généralement jumelés, mais à l’initiative de la 68e. C’est en effet un groupe actif et en bonne santé. Il est intégré dans la structure des Jeunes de Saint-Christophe-de-Javel, avatar du patronage.
L’aumônier est l’abbé Antoine de Laigue, curé, jusqu’en 2007.
2006-2007, Pionniers : camp dans l’Oisans et les Écrins, avec de fort belles ascensions. Compagnons : camp à Madagascar.
CG en 2007, Emmanuel Strange, père d’un pionnier?.
L’aumônier est l’abbé Gilles de Raucourt en 2007-2009, est très apprécié.
2007-2008, Le CG est Didier Pujol. Les scouts campent en Auvergne avec la 130e (Notre-Dame-de-Grâce-de-Passy). Les pionniers : jouent Le roi des aulnes, d’après Michel Tournier en mars.L’été ils campent à Lourdes. Les Compagnons vont en Equateur.
2008-2009, la CG est Berengère de Buchy. Scouts et guides campent séparément avec Saint-François-de-Molitor en Anjou.
Enfin en 2009-2010, les scouts campent avec la 106e du Saint-Esprit et les pionniers participent au camp national Pionniers dans le Médoc.

PS

Merci aussi à JP Trin qui nous a permis de vérifier nos hypothèses concernant le « sommeil » du Groupe de Saint Christophe de 1972 - 1982.

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

Publié le (mis à jour le )