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Le scoutisme, seule activité sans compétition ?

Nous te traduisons un article à propos de Vera Micaelsen, une présentatrice et auteure Norvégienne.
Elle a en particulier écrit de nombreux livres sur ou pour les enfants, nous te livrons son point de vue.

Article original (attention, en norvégien)

Avertissement et contexte

Les articles de cette rubrique « Ca fait débat » n’ont pas vocation à être des vérités absolues. Ils présentent un point de vue, un avis, que nous avons trouvé intéressant à relayer.
On peut être tout à fait pour la compétition, tout à fait opposé, ne pas avoir d’avis. LaToileScoute n’a aucun avis sur le sujet. Elle découvre un article et trouve intéressant de le partager pour que tout un chacun construise sa réflexion.
Comprendre les associations scoutes passe par comprendre certaines différences ou points de vues.

Tout ce qui suit peut être vu comme une interview de Vera Micaelsen, et ne reflète que son point de vue, vu de Norvège.

Nous lui laissons la parole.

La situation

Actuellement, presque toutes les activités sportives ou culturelles destinées aux enfants se terminent par une compétition ou un spectacle.

Nos deux enfants ont fait 2 ans de football et nous avons décidé que c’était suffisant. Pendant ces 2 ans, ils ont participé à huit coupes pendant des week-ends, un grand tournoi de football, et un nombre impressionnant de matches. Moi, j’ai pleuré et crié tant de fois pendant ces 2 ans que ma voix a changé de tonalité. Les enfants étaient fatigués de perdre des matchs de football, et nous étions fatigués de les applaudir.

Nos enfants ont essayé toutes les activités possibles, notre famille et nos amis se rassemblaient et applaudissaient fidèlement pendant les jeux de baseball, les démonstration de gymnastique, les sessions d’équitation, les arts martiaux, le dessin, le chant et la guitare. Et un jour, j’ai découvert qu’il existait une grande différence entre les activités pour les enfants et les activités pour les adultes.

Une brève recherche dans la région où nous vivons, ainsi qu’un petit tour avec les voisins et les parents de la classe a montré que, dans notre municipalité, à part les Scouts, il n’existait pas d’activité culturelle ou sportive à destination des enfants qui ne se termine pas par une compétition ou un spectacle.

Nous, les adultes, sommes inscrits à des activités. Mais heureusement, personne n’achète de billet pour voir Papa sur scène, nous avons évité à nos beaux-parents une démonstration de mes talents de poterie et seul mon entraîneur sait que je n’arrive pas à tenir debout sur la tête.

Pourquoi cette situation ?

Chacun de nous ressent le besoin d’être vu et conforté dans ce qu’il fait, mais il est contre-productif d’essayer de valider un niveau pour une activité pratiquée seulement quelques fois par mois.

Combien d’entre nous voudraient mettre en valeur ce que nous avons réalisé dans le cadre de notre formation pendant l’année ? Bien sûr, il est sain de montrer les choses que l’on crée. Bien sûr, j’affiche fièrement tout ce que je crée en céramique et en laine, mais, je n’invite pas toute la famille à l’admirer, tandis que nous trouvons naturel que nos enfants montrent et exposent toutes leurs productions.

Tout le monde sait que, dans une compétition, le but n’est pas de participer, mais de gagner. Si l’objectif n’était pas de gagner, alors il n’y aurait pas de concours. Les compétitions et les spectacles peuvent motiver ou pousser à se dépasser, mais il pourrait aussi être agréable de les oublier de temps en temps. Pourquoi ne pas tenter l’expérience ?

Pour ma part, j’ai choisi de faire des activités pour adultes, parce que ça me plaît et que c’est bon pour la santé.

Je ne sais pas pourquoi ni comment la société pousse les enfants à toujours avoir besoin de rivaliser entre eux et de montrer ce qu’ils ont fait. Je ne sais pas si cela rend les personnes meilleures ou moins bonnes, mais la chose la plus importante que nous pouvons enseigner aux enfants, c’est repérer les personnes qui leurs donneront des bons conseils.

Ce que je fais, je le fais parce que je suis inspirée, pour en profiter et si je grandis c’est intérieurement. Je n’aimerais pas être mise en concurrence avec tous ceux qui m’entourent. Je pense qu’il est paradoxal que les adultes puissent choisir des activités agréables, sans aucun jugement, tandis que les enfants, presque sans exception, sont obligés de faire des compétitions ou de montrer leurs réalisations.

C’est un peu étrange, n’est-ce pas ?

PS

L’article provient du magazine mensuel norvégien Aftenposten Adolescence.

Publié le