Ne fais pas de compost en camp !

Ou plutôt, réflechis avant d’en faire.

Mettre en place un compost en camp, ça part souvent d’une bonne intention. Mais c’est hélas souvent contre-productif… faute d’anticipation et de réflexion !

Le compost, c’est quoi ?

C’est le produit de la décomposition des végétaux. C’est un processus tout à fait naturel, qui fait que les feuilles d’arbre, plantes mortes et autres déchets naturels finissent par se dégrader et se transformer en humus, permettant l’enrichissement et le renouvellement des sols. C’est le fruit du travail de petites bestioles, de champignons et de bactéries, qui se nourrissent des matières organiques.

Le processus naturel est assez long, allant de 3 mois pour les plus petits déchets à plusieurs années pour les plus importants (imagine le temps nécessaire pour transformer un arbre en terreau…)

On a rarement vu un camp scout qui dure plusieurs mois, c’est ce qui explique pourquoi il faut anticiper la mise en place d’un compost en camp, et se poser quelques questions, au risque que la bonne idée de départ ne se retourne contre toi.

Que faire de ton compost à la fin du camp ?

On n’a même pas encore expliqué comment bien faire le compost, qu’on se demande déjà quoi en faire ? Bah oui. Parce que si tu ne réfléchis pas avant le camp à ce que tu feras de ton tas de compost, autant ne pas en faire.

On va partir sur l’hypothèse que tu ne peux pas laisser le tas de compost tel quel à la fin de ton camp.
Dans l’hypothèse inverse… Bah y’a pas de problème, tu peux tout de suite passer au point suivant : aucun problème pour faire ton compost en camp !

Voyons donc 3 solutions, de la plus inutile à la meilleure.

L’enterrer

On fait bien un trou pour les feuillées, un autre pour les eaux grasses, on peut bien en faire un troisième pour les déchets végétaux. On peut même imaginer combler l’un des trous précédemment creusés avec du compost avant de remettre la terre par dessus.

Ca n’a comme seule utilité que de réduire la quantité de déchets dans la poubelle… et en soit, c’est déjà pas si mal !

Par contre, ça ne sera d’aucune utilité pour la terre, et ça ne deviendra jamais du compost. En effet, le compost a besoin d’air (on parle de dégradation aerobie) pour se faire, or une fois sous terre les déchets se dégraderont de façon anaérobie (donc, en l’absence d’oxygène). Ca prend beaucoup plus de temps que la dégradation aérobie, et n’apporte aucun nutriment à la terre.
Cela pourrait même être contre-productif : la putréfaction des matières est toxique et va chasser localement la microfaune dans la terre… et ainsi contribuer à stériliser le sol à cet endroit ! Nota : il en est de même pour les feuillées ou le trou à eaux grasse une fois rebouchés, raison pour laquelle leurs emplacements doivent être mûrement réfléchis…

Le disperser

Étale le tas de compost, recouvre de feuilles ou de foin pour éviter la pollution visuelle, et laisse la nature faire son œuvre. On n’est pas sur le compost qui pourra être utilisé pour enrichir le potager du propriétaire, mais cela reste assimilable et enrichissant pour le sol sur lequel tu auras éparpillé tes déchets, au même titre que les déchets végétaux « naturels » (feuilles mortes sous les arbres, plantes mortes…)

Le valoriser

Ha. Nous y voilà. On va trouver une utilité à ce compost…
Vois avec le propriétaire du terrain où tu peux déplacer ton tas. Si tu as pu régler cette question avec lui et faire ton compost au bon endroit dès le début c’est encore mieux !

Laisse un tas bien propre en partant, que d’autres personnes pourront éventuellement continuer à alimenter, pour qu’au bout de quelques mois le compost puisse être utilisé au jardin ou au potager par le propriétaire !

Et donc, comment je le fais mon compost ?

En premier lieu, toujours au sol. Pas dans un récipient ou sur une bâche. Pour se dégrader comme il faut, le compost a en effet besoin que la faune du sol (les insectes, vers et autres petites bestioles) puisse librement faire des aller-retours avec le sous-sol. Il faut également que le « jus de compost » (l’eau contenue dans les déchets) puisse s’évacuer librement.

Ensuite, n’y mets que des déchets végétaux. Des épluchures, des restes de plats cuisinés, de pain dur… Mais pas de viande, de croûtes de fromage ou de déchets animaux : outre qu’ils mettent beaucoup plus de temps à se dégrader, ils sentent très mauvais et attirent les nuisibles !
Exceptions : tu peux y mettre des coquilles d’oeufs. Elles réduisent l’acidité du mélange final et y apportent du calcaire. Par contre, évite les pelures d’agrumes ou l’oignon : ils sont naturellement insecticides et nuisent donc aux bestioles qui doivent dégrader ton compost.

Enfin, veille à équilibrer tes déchets : mélange des matières sèches (feuilles mortes, foin sec, papier déchiré, boite d’oeufs…) aux matières humides, avec 1 volume de sec pour 1 à 2 volumes d’humide.

A retenir pour finir

Si tu ne sais pas quoi faire de ton compost à la fin de ton camp,
Si tu n’as pas de quoi faire un mélange équilibré
S’il n’y a personne pour s’occuper de ton compost après ton départ,
… Alors abstiens-toi de démarrer un compost.

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