Compte-rendu du Pélerinage international des Foulards Blancs à Rome du 8 au 12 avril 1966

Ce texte je l’ai rédigé à mon retour de cet extraordinaire pèlerinage en 1966. Il n’a pas été ni modifié ni corrigé. J’ai reçu le Foulard Blanc à Rome le 9 avril 1966 aux Catacombes St-Calixte.
L’auteur

Vendredi 8 avril et samedi 9 avril 1966 (Voyage)

Nous quittons Rennes à 12 h 57 le 8 avril, par le train, direction Paris. Avec moi, Paul BRUCHET ancien de la IX Rennes (Cathédrale) et Jean CODEMART de la XV Rennes (Paroisse Saint Martin) tous deux de Rennes. Au départ, nous faisons connaissance avec un chef de Poste Pionniers de Créteil.

Ce voyage se déroule sans encombre jusqu’à Montparnasse, arrivée à 16 h 30. Là, nous quittons notre parisien et prenons le métro pour la gare de Lyon (Paris).

A 17 h 45, nous sommes à la gare de Lyon, nous déposons nos valises à la consigne et nous passons au buffet pour nous désaltérer en attendant le départ qui devait avoir lieu à 19 h 53. En fait nous sommes partis par un train supplémentaire à 20 h 20.

Nous nous sommes trouvés avec une bonne trentaine de scouts du Nord de la France, ainsi que de l’Est et de la Bretagne.

Nous prenons place dans nos couchettes et nous nous installons pour passer la nuit.

Nous faisons connaissance avec certains, et retrouvons d’autres camarades, heureux de se communiquer les dernières nouvelles depuis le dernier séjour passé ensemble à Lourdes.

A 22 heures, courte prière avec l’aumônier, puis nous nous installons pour dormir.

A 5 h 30, samedi matin, 9 avril, nous arrivons à la gare frontière « Modane ». Après les formalités de douanes, nous continuons à rouler vers la ville Éternelle. A 5 h 45, dans les Alpes, il faisait déjà jour, et à nos yeux s’ouvre un paysage grandiose. Nous découvrons les hauts sommets couverts de neige.

De la gare frontière à Turin, le train n’avance pas, il s’arrête à toutes les petites gares, et nous commençons à regretter les chemins de fer français. Peut-être aurions-nous pu profiter de la faible vitesse du convoi pour découvrir la campagne italienne, mais tous les 200 mètres il y avait un tunnel. Il nous arrivait même - assez souvent - de nous arrêter sous l’un d’entre eux qui abritait le quai d’une petite gare.

Nous atteignons Turin ce samedi 9 avril à 7 h 30, là, changement de train. Comme nous avons le temps, nous allons déjeuner au buffet de la gare. Ici commencent les premières difficultés au point de vue du langage. Nous prenons notre petit déjeuner et à 8 h 20, nous quittons la ville de Turin.

Les trois magnétophones que nous possédons commencent à tourner. Nous enregistrons n’importe quoi : le freinage du train lorsqu’il arrive dans une gare, le départ d’une machine à vapeur. Longtemps, nous avons longé la Méditerranée (à une dizaine de mètres seulement).
Le train n’avance pas. Suivant l’horaire prévu, nous devions être à Rome à 12 h 30. Nous y arrivons seulement à 17 h 30.

Sur le quai de la gare des Scouts italiens nous attendent pour nous accueillir et nous guider. En arrivant, la ville de Rome ne diffère pas des autres villes avec sa gare, sa circulation importante. Pourtant, nous sentons que ce qui nous arrive est important, et personnellement je suis quelque peu ému.

Un car spécial nous conduit au collège où nous devons loger, il m’a semblé immense. Après avoir acquitté les frais de séjour, nous nous rassemblons tous dans la salle des fêtes du collège.

IMG/jpg/x_monteclerc.jpg
Xavier de Monteclerc responsable des Foulards Blancs et ancien Commissaire des Scouts de France

Nous sommes trois cents Foulards Blancs de différents pays, mais tous unis par le même esprit de service des malades à Lourdes. Évidemment les Italiens, sont en large majorité, mais nous rencontrons aussi des Suisses, des Belges, des Luxembourgeois, et des Espagnols. Les Français, nous sommes une cinquantaine avec le groupe du Sud de la France parti de Toulouse.

Dans cette salle, nous faisons les présentations d’usage : le commissaire général des Scouts Italiens, et Xavier de MONTECLER, chef des foulards blancs de France.

Nous recevons les instructions pour le séjour. Puis, nous nous rendons au réfectoire. Il y a deux services, c’est gênant de ne pas se trouver réuni à la même table, mais peu importe l’ambiance est joviale. Certains des anciens reconnaissent l’ambiance des Jamboree, mais en plus petit.

Nous avons 6 cars à notre disposition pour les déplacements, et nous nous retrouvons groupés par nationalité dans un même car, pour pouvoir suivre les explications données par le guide. Nous faisons le tour de la ville - et plusieurs arrêts devant les différents monuments illuminés. Nous n’avons encore pas vu la basilique et la place Saint Pierre. Il pleut un peu et la visite de la ville est quelque peu troublée.

La Place St-Pierre à Rome en 1966

Nous nous dirigeons vers les Catacombes de Saint Calixte lieu de la veillée Pascale, et de la messe célébrée par Monseigneur X adjoint au pape et aumônier général des Scouts du monde entier. Nous nous trouvons dans une petite chapelle construite au-dessus des Catacombes. Cette terre foulée par les premiers martyrs donnait un aspect plus grandiose à la cérémonie.

Il est 23 heures, ce samedi de Pâques 1966, la messe est célébrée en latin, et nous nous retrouvons tous réunis dans une même prière. Au cours de la messe a lieu la remise des foulards blancs pour les novices dont je suis, et la promesse pour les plus anciens. Cette cérémonie fut longue car nous ne passions que un par un et nous étions très nombreux.

Après, c’est le chant de la Promesse qui retentit. Chacun le chante dans sa langue et l’ensemble est impressionnant.
La messe se termine, et il est 1 h 30 quand nous sommes de retour au collège pour nous reposer après cette veillée solennelle.

Dimanche 10 avril 1966 (Pâques)

Journée la plus importante de notre séjour. Les bretons se lèvent de bonne heure, 6 h 45, de manière à pouvoir faire la toilette avant tout le monde, car le nombre des lavabos est très réduit (2 pour 300).

La nuit a été courte, mais cependant nous avons pu nous reposer. Nous avons dormi dans un dortoir de 40 places.
Le petit déjeuner est servi rapidement : un verre de café au lait et un petit pain. Les Italiens mangent peu le matin.

A 8 h 30, nous quittons notre résidence pour la place Saint Pierre. Nous y allons à pied. Une longue file de scouts traverse la ville en chantant. A 9 heures, nous arrivons au bas de l’avenue de la Conception, qui mène droit sur la place Saint Pierre.

Cette avenue est si large que la place Saint Pierre nous parait toute petite au bout. Le temps est beau. Il fait même chaud. Je suis désigné pour porter l’étendard du Clan et du Feu des Hospitaliers Notre Dame de Lourdes. J’en suis très fier.Derrière moi, à 2 ou 3 mètres, suit le groupe en rang sur 4 colonnes.

A 9 h 15, nous sommes sur la Place Saint Pierre, ou déjà les gens commencent à prendre place pour suivre la messe pontificale.

A 9 h 30, une voiture arrive, le Pape Paul VI s’y trouve debout. Il bénit la foule sur son passage. Il est escorté de motards.

Nous sommes à une cinquantaine de mètres du cortège que nous apercevons très bien. Tout le monde est saisi par la grandeur du moment. Les applaudissements s’élèvent de la foule. Le cortège rentre à l’intérieur du Vatican. Nous mêmes, nous y rentrons.

Nous rentrons dans la Basilique Saint Pierre où une trentaine de malades ont été rassemblés. Ce sont plus particulièrement des enfants. Les installations faites pour le Concile ont disparu. Dans l’église aucune chaise, aucun banc. Le Maître-autel est au dessus de la crypte où sont enterrés les papes - et les restes des ossements de Saint Pierre.
Sur l’autel, le Pape peut célébrer, la messe. Nous sortons après une courte visite car le Pape va bientôt sortir.

Les malades qui étaient à l’intérieur de la Basilique Saint Pierre sont rassemblés sous « le porche » si l’on peut dire de l’église. Les scouts sont derrière les malades.
Je suis au premier rang, derrière les malades, avec l’étendard, ou la bannière comme disent les Italiens.
Les gardes du Pape ont un uniforme remarquable. On se croirait au Moyen Âge, c’est impeccable.

Il est 10 h 30 lorsque le Pape Paul VI sort de la Basilique, il passe devant moi, à peine à deux mètres, l’émotion et la joie m’envahissent, et avec l’étendard, je fais le salut scout. C’est fantastique.

L’auteur, lors du pélerinage en 1966

Le Pape Paul VI passe devant nous, suivi des évêques et archevêques et des gardes pontificaux. Il va célébrer la messe en plein air en haut des escaliers qui montent à la Basilique. Nous prenons beaucoup de photos et nous suivons la messe du mieux que nous pouvons. Sur la place, des groupes de différentes armes italiennes sont rassemblées derrière la foule. Quand le Pape apparaît, des applaudissements s’élèvent, puis le silence se fait.

La messe est célébrée en latin, car sur l’esplanade, il y a des gens de différentes nationalités. C’est très impressionnant. A la fin de la messe, le Pape Paul VI passe à nouveau devant nous. Nous chantons le chant de la Promesse. Le Pape s’arrête quelques instants devant nous. J’occupe toujours la même place. Après, nous nous rendons sur l’esplanade pour écouter son message de Pâques.

Je porte l’étendard à bout de bras, et à chaque fois que s’élèvent les applaudissements, j’agite l’étendard. A 12 heures, nous redescendons l’avenue de la Conception, noire de monde. Je lève l’étendard bien haut, de manière à ce que tous ceux qui sont au loin voient bien où il faut me rejoindre pour le retour.

Il règne une circulation intense dans les rues de Rome. Le nombre d’embouteillages est très important. Les voitures n’avancent pas. Les autocars quant à eux ont des aspects de bus Londoniens du fait de leur deux étages. Il est 13 h 15 quand nous arrivons au Collège et nous commençons à déjeuner vers 14 heures.

Nous devions quitter le collège à 16 h 30 pour entreprendre une visite au Colisée et à la Basilique Saint Ange, mais comme le moment de la sieste est sacré pour les Italiens, de ce fait les chauffeurs de cars arrivent pour nous prendre à 17 h 30.

Entre 12 heures et 16 heures, les magasins ouverts sont rares.

A 18 heures, nous arrivons au Colisée. Cet endroit est une vaste arène, c’est là que les combats entre esclaves se déroulaient, et où ils étaient dévorer par les animaux.

Après la visite du Colisée, nous visitons le Basilique Saint Ange qui est une église parmi tant d’autres. Ce qu’il y a de surprenant c’est que dans toutes les églises, les confesseurs ont une longue trique, et après qu’il s’est confessé, le pêcheur en reçoit un petit coup. Cela permettant d’obtenir des grâces.

A 19 heures, à la sortie de Rome, nous passons devant le village Olympique où avaient eu lieux les jeux en 1960.

Il est aux environs de 21 h 30, lorsque nous arrivons dans une sorte d’abbaye. Là, après avoir mangé, l’on fit une veillée sensationnelle. L’ambiance était du « tonnerre ».
Chaque pays improvisait quelque chose, un chant ou un sketch. Vraiment c’était très bien, les chants scouts sont connus dans tous les pays chacun dans sa propre langue.

Il est 23 h 30 quand nous reprenons les cars pour Rome, où nous arrivons vers 1 heure.

Cette journée du dimanche de Pâques 10 avril 1966 était passée, journée capitale du pèlerinage.

Lundi 11 avril 1966

Lundi matin, 11 avril, tous mes camarades se lèvent de bonne heure, car même crise pour les lavabos. Pour ma part, je me suis levé le dernier, j’étais quelque peu fatigué.

A 8 h 30, les instructions nous sont données. Nous nous dirigeons en direction de la place Saint Pierre où la messe doit être célébrée par l’aumônier des foulards blancs dans la Basilique Saint Pierre.

C’est extraordinaire. Après la messe, vers 10 heures, nous visitons les jardins du Vatican, où plutôt l’état du Vatican qui se trouve regroupé derrière la Basilique Saint Pierre. Nous avons vu les fameuses portes en bronze, et la porte qui n’est ouverte que les années jubilaires, pour être murée ensuite.

Revenons à la Cité du Vatican. Les gardes du Pape sont à l’entrée en grande tenue que je trouve splendide, cela fait penser au Moyen Âge. La Cité a sa gare. Nous avons vu les bâtiments de Radio Vatican, avec les grandes antennes émettrices, une pour l’Europe Occidentale, l’autre pour l’Europe Orientale. Le palais du gouverneur de la Cité se trouve devant les bâtiments radio. Au-dessus de la gare « la Fontaine de la Coquille ».

Nous avons vu également, la grotte de Lourdes reconstituée en 1958, lorsque Monseigneur Theas, évêque de Lourdes a fait changer l’autel de la grotte, il l’a envoyé, ainsi que la grille qu’il y avait devant au Pape Pie XII.
Nous avons emprunté l’allée où le pape Pie XII aimait fréquemment se promener.

J’ai pris de nombreuses photos dans le jardin du Vatican.

A 12 h 30, nous quittons la Cité pour notre Collège où devait avoir lieu l’assemblée générale des Foulards Blancs avant le départ.

A 13 heures, après que les différentes personnalités du scoutisme eurent exprimé leurs souhaits pour l’avenir du « Foulard Blanc », tous groupés autour de la salle des fêtes du Collège, chacun dans sa propre langue. Le chant retentit dans la salle, nous nous tenons tous par la main, que ce soit Italiens, Espagnols, Suisses, Belges, Luxembourgeois ou Français, nous prions tous Notre Seigneur. C’est très émouvant.

Après « cet au revoir », c’est le moment de la séparation.

Il n’y a que le groupe Français qui part pour Assise, accompagné tout de même par quelques scouts Italiens qui doivent nous guider.
Après avoir défait nos lits au Collège, nous descendons nos bagages, et nous prenons, en car, le chemin de la gare.

A 14 heures, nous quittons la ville de Rome. Quelques scouts Italiens, sont sur le quai pour un dernier adieu, et lorsque le train s’ébranle, nous reprenons le chant « Ce n’est qu’un au revoir ».
Encore une fois, nous sentons à quel point nous sommes tous unis, et je suis très heureux de le constater.

Arrivée à Assise vers 16 h 30, après de nombreux arrêts car les trains Italiens ne sont guère pressés, et les « horaires », ils ne savent pas tellement ce que c’est …

Nous arrivons en gare d’Assise vers 16 h 30. Il tonne et il pleut à seaux. Mais cela passe vite heureusement. Nous regardons l’hôtel, ou plutôt les « hôtels », en effet, il n’y a qu’un hôtel à Assise, et ce sont les particuliers qui hébergent les pèlerins.

Les 5 Bretons, dont je suis, se retrouvent loger dans une même annexe.

Je suis logé avec Jean Amyot d’Inville, Paul Bruchet, et un Espagnol (bavard comme une pie). Près de nous, dans une autre chambre Jean Codemard et Michel Ronceray de la XV Rennes, avec un Bordelais qui se prénomme Guy.Nous sommes très bien.

Après avoir déposé nos affaires, nous nous rendons à l’église (pour 18 heures) où devait avoir lieu le rassemblement du groupe. Un Franciscain nous attendait. Il était très comique, parlait très bien le français et connaissait les astuces.

Donc, l’église de Saint François est construite au dessus d’une petite chapelle qui fut la première chapelle de Saint François. C’était, à l’origine, la chapelle de Saint François construite au milieu des bois, avec une petite salle qui servait d’infirmerie.

Ces deux bâtiments étaient, du temps de Saint François parmi les bois, et assez retiré de la ville, comme les pèlerins étaient très nombreux, on a construit, au dessus de ces deux maisons, une grande église avec un couvent.

On peut remarquer dans une statue de Saint François deux oiseaux qui depuis sa mort viennent se nicher dans ses mains. Je ne me rappelle plus exactement quel est l’origine. Erreur, la voici ; un jour un jeune homme avait pris beaucoup de tourterelles et les portait à vendre. Saint François, qui avait une singulière pitié pour les animaux paisibles, le rencontra et regardant ces tourterelles avec compassion, il dit au jeune homme : « Ô bon jeune homme, donne les moi, je t’en prie, pour que des animaux si innocents tombent pas aux mains de gens cruels qui les tueraient. » Aussitôt le jeune homme inspiré de Dieu les donna toutes à Saint François, et lui les reçut dans son sein et commença à leur parler doucement. Et Saint François s’en fut et à toutes fit des nids. Et elles s’en servirent et commencèrent à pondre et à couver devant les frères et elles demeuraient et vivaient aussi familièrement avec Saint François et les autres frères que si elles avaient été des poules toujours nourries par eux ».

Plus loin il y avait des ronces et Saint François pour se purifier se roulait dedans. Mais après ce geste, les ronces ont cédé la place à des roses sans épines et lorsque l’on enlève une pousse de ces roses pour la faire pousser autre part elles repoussent avec des épines.

C’est là l’origine des images de Saint François que l’on trouve avec une pétale en dessous de son image. Ces pétales viennent de ces roses qui ne poussent que sur une dizaine de mètres carrés. Nous avons également vu une cellule avec des troncs d’arbres à l’intérieur.

Dans la chapelle de Saint François nous avons récité 7 PATER, 7 AVE MARIA cela pour obtenir des grâces (pour obtenir une indulgence).

Devant l’infirmerie transformée en chapelle nous avons chanté la prière SCOUTE. C’était très beau. A 19 heures, nous sortions de l’église et regagnions l’hôtel central. Nous étions une cinquantaine. Nous avons mangé de la soupe une tranche de viande froide avec des pommes de terre en salades et comme dessert un fruit.

A 20 heures nous sortions de table et devant l’église nous faisions la prière du soir. Après nous nous retrouvions les Bretons, Guy et quelques autres anciens Scouts adultes dans un café pour boire un jus et discuter un peu. A 22 heures, nous étions couchés. En rentrant dans nos chambres nous nous sommes rapidement couchés car nous étions quelque peu fatigués.

Mardi 12 avril 1966

Le mardi matin, nous avions rendez vous à 7 heures à l’hôtel pour déjeuner. Jean et moi nous nous sommes levés à 7 heures et il pleuvait. Le soir en nous couchant, il tonnait et Jean s’est amusé à enregistrer les coups de tonnerre sur son magnétophone. Le matin, nous étions les deux derniers levés. Nous avons courus pour aller déjeuner (nous étions pas tous logés à l’hôtel central certains étaient à l’annexe). Nous arrivions essoufflés à 7 heures 15 à l’hôtel, tout le monde était rassemblé mais le jus n’était pas encore servi et il était déjà l’heure de partir visiter ASSISE en car puisque la gare et l’église ainsi que les hôtels se trouvent au pied de la colline ou se trouve la vieille ville d’ASSISE. La chapelle de Saint François était là au milieu des bois à deux ou trois kilomètres de la ville même.

Quand je fus servi, il était 7 h 45 et il était grand temps de partir. J’ai bu un café bouillant sans rien manger. Il pleuvait toujours autant. La visite d’Assise se faisait individuellement et nous avons fait la visite les 8 Bretons ensemble pour mettre au point la route de Lourdes 1966. Avant de partir nous avons déjeuné correctement. A 8 h 30, nous commencions notre visite. C’est une ville très belle au point de vue architectural. Ville du Moyen Âge avec des rues étroites et bien pavés avec des maisons claires et propres. Nous avons commencé par la visite du Château qui domine la ville. C’est très pittoresque. J’ai pris quelques photos en noir et blanc. Puis nous sommes redescendus à la Cathédrale Saint Rufin (le château est nommé la « ROCCA »), nous y avons écoutés la vie de Saint François à l’aide d’appareils enregistreurs disposés à cet effet.

A notre arrivée, nous avions visité la nouvelle église là sont conservés les cheveux de Sainte Cécile ainsi que les oeuvres de Saint François. Cette église est bâtie près de la maison natale de Saint-François. Il naquit en 1182.

Sainte Cécile, était la fille d’un riche et une nuit elle quitta la maison familiale pour rejoindre les disciples de Saint François. Elle mit ses vêtements et bijoux les plus beaux. Elle fit partie de la communauté. On lui coupa ses longs cheveux qui étaient très beaux. C’est elle qui est la patronne des soeurs Franciscaines. Toujours dans la même église, nous avons vu le crucifix qui a parlé à Saint François. Ensuite nous avons fait le tour des boutiques en faisant marcher les commerçants en marchandant les prix.
Après ce fut la visite de la basilique de Saint François. C’est la que se trouve la tombe de Saint François. Il était 10 heures et la Messe fut célébrée pour la dernière fois tous ensemble et à 10 h 45 nous redescendions à Assise pour déjeuner. Nous avons eu droit aux pâtes Italiennes et avec çà du poulet, des frites et de la salade. A 12 heures nous quittions l’hôtel pour nous rendre à la gare prendre le fameux train à 12 h 25.

En fait il est arrivé tout essoufflé à 12 h 55. Enfin nous n’avions qu’une demie heure de retard pour le départ par rapport au 4 heures de Samedi.

C’est à Assise que commence le voyage le plus folklorique que j’ai pu faire par le train. Nous avons quitté Assise à 13 heures pour arriver à Gênes à 16 heures. En trois heures, nous avons changé quatre fois de train qui avait tous plus ou moins de retard. A cinquante, nous envahissons un wagon car pour ne pas être séparé nous nous entassions tous au grand affolement des Italiens. Ce train ressemblait au tortillard de 12 h 30. Les contrôleurs (parce qu’en Italie il y en a 4 ou 5 par train il faut voir l’organisation) avaient après plusieurs tentatives renoncés à traverser le wagon. Les Italiens ont toujours la bougeotte alors quelle corrida. Tous ces trains étaient des super omnibus et ce n’est pas peut dire.

Arrivés à Gênes, nous avons quitté ceux qui partaient pour le Sud de la France, après avoir chanté « Ce n’est qu’un au revoir » sur le quai. Comme nous avions perdu notre train couchettes à cause d’un retard important dans les horaires de trains « italiens », nous nous sommes précipités sur un autre train - sans couchettes - cette fois. Dommage !…

Enfin, nous avons trouvé un wagon entièrement libre en queue de ce train que nous avons occupés aussitôt. Mais avant d’y parvenir, ce fut un sport, nous avions du traverser au triple galop voies et aiguillages, car les quais sont si longs que seulement la moitié du train se trouve à quais. Nous avons donc mobilisés 8 compartiments soit 64 places pour 30, puisque les autres scouts nous avaient quittés à Gênes.

Tous les Bretons ont, naturellement, pris place dans le même compartiment (Paul Bruchet, Jean Amyot d’Inville, Jean Codemart, Michel Ronceray et moi même M. G.).

Nous avons chanté et braillé jusqu’à Turin. A 18 h 30, nous avons aperçu, du train, la Tour de Pise, qui a effectivement un air penché. Après avoir séjourné pendant un quart d’heure sous un tunnel, nous arrivions enfin à Turin il était 23 heures.

En arrivant nous avons, à nouveau, changé de train, je me suis retrouvé dans le même compartiment que Jean, Michel et le second Jean. J’ai dormi pendant tout le voyage et je me suis réveillé à Dijon. Nous sommes arrivés à Paris à 10 heures, mercredi matin.

Nous avons fait nos adieux et nous nous sommes séparés après ce voyage merveilleux. Nous en garderons de beaux souvenirs, et pourtant nous avons changé de train 10 fois. Mon Dieu quels cahots …

Michel GEFFROY
Ancien C.P. de la IX RENNES.

PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

Publié le (mis à jour le )