La 84e Paris

Chapelle Sainte Cécile, paroisse Saint Gabriel (20e arrondissement)

Province Sainte Jehanne d’ Arc, Paris Est, puis Paris Est II, puis Ménilmontant.

Le groupe scout, 1930 — 2005

2La chapelle Ste-Cécile et l’église2
La chapelle Sainte-Cécile de la rue de la Plaine, qui était une succursale de l’Immaculée-Conception (3e Paris) confiée depuis 1914 aux Pères des Saints Cœurs de Jésus et Marie, dit de Picpus, avait connu en 1922 une troupe fragile, la seconde 16e Paris « Les gais compagnons de Saint-Blaise ». Après une crise de quelques années, le père Claude Cevaër avec l’aide du père Damien Lacouture, la relance spectaculairement. Les pères de Picpus sont favorables au scoutisme et le projet d’une troupe scoute s’ajoute rapidement au nouveau patronage, aux équipes de la J.O.C., aux sorties des enfants de ce quartier très déshérité, un véritable bidonville mais en cours de reconstruction, au bois de Vincennes voisin. En 1932, le cardinal Verdier est frappé aussi bien par l’abondance de fidèles que par l’étroitesse des lieux, car la chapelle n’était qu’un ancien atelier de menuiserie transformé. À l’emplacement des gazomètres du cours de Vincennes est alors fondée l’église Saint-Gabriel, construite en 1934-1937 et enfin érigée en paroisse en 1938. L’église est longtemps restée inachevée et elle ne possède toujours pas de clocher.

L’église avant la guerre, sans son clocher, lequel ne sera jamais construit. Les H. B. M., habitées par de nombreuses familles, ont remplacé le dépôt des tramways et l’usine à gaz.

Le groupe connaît une existence paisible et stable, le quartier devenant, après la construction d’H.B.M. cours et porte de Vincennes, moins pauvre qu’il ne l’était, mais très familial et populaire. Le lycée Maurice-Ravel fournit certainement des effectifs. De plus, le clergé paroissial est resté fort fidèle au scoutisme, qui vit donc jusqu’en 2005.

La 84e Paris

La 84e porte le foulard bleu marine, bande blanche.

La 84e Paris est affiliée le 17 décembre 1930. Sa meute l’avait été le 16 juillet 1930. Elle a sans doute été créée par la 1re Vincennes, ce qui est un cas rare de troupe de banlieue créant une troupe de Paris, et avec l’aide de Robert Bajard, qui sera des principaux ani¬mateurs de l’est de Paris et long¬temps membre du QG Bajard est toujours CG en 1955 : on peut dire que la 84e est « son » groupe. Le premier aumônier est le père Cevaër lui-même, suivi en 1932 par le père Alain Suignard.

L’église St-Gabriel

2Quelques Dates2

1931-1935 ? — ASm fondateur, puis Sm. (nommé en 1933), Robert Bajard.
En fait, la troupe n’existe pas encore en 1933 et le démarrage est très lent ; il faut attendre que la meute donne des scouts. Le 26 octobre 1935, la jeune troupe accompagne le Saint Sacrement solennellement transféré de Sainte-Cécile à Saint-Gabriel.

1935-1939 ? CT, Roger Hautemulle, nommé ACT en 1935 et CT en 1936, assisté de Gabriel Cognard (1935) et Jean Tranchant (1936).
La troupe fait, au début, partie du district Paris est I, puis elle rejoint Paris est II, auquel le XXe ar-rondissement appartient en effet. Les locaux étaient 81, rue de la Plaine, dans l’ancienne chapelle Sainte-Cécile : désaffectée en 1936, cette chapelle ne sera rasée qu’en 1966. Ces bâtiments ont servi des années 1930 aux années 1950 de locaux de district, ce qui s’explique par la présence de Bajard et aussi par le fait que le troisième Au. G., le père Christian Roussin, était Au. D. depuis 1934.
L’histoire de la troupe après la guerre est aussi mal connue qu’avant, en dépit que les mentions dans les documents de la région sont régulières.

1948-1950 environ.
ACT, Claude Bobo (nommé en juin 1949).

1952-1956. ACT, Claude Jonet.
Un 1er CP, Jean Bousquet est resté célèbre pour avoir dirigé parfaitement un camp de Hautes Patrouilles (les chefs de patrouilles et leurs seconds) des troupes du district Paris Est II. Jean Bousquet sera chef de deux troupes proches, la 37e de Saint Germain de Charonne en 1954, puis la 127e de Saint Jean Bosco en 1957.
La 84e dispose d’un matériel nautique performant qui sert lors des inondations de janvier 1955, lorsque les scouts de la 84e et ceux de la 37e vont aider les habitants de Villeneuve-Saint-Georges. Ceci peut laisser supposer que la 84e a peut-être été au moins candidate Raiders après 1953, mais on a aucune trace de son investiture. On sait qu’elle était aussi très liée avec la 17e Paris (Notre-Dame-de-Lourdes) en 1953-1954 ; or la 17e n’est pas voisine de Saint-Gabriel, mais elle est raider.

Une photo de presse de 1955, Villeneuve-Saint-Georges : deux scouts évacuent les habitants inondés.

1957-1958.CT, Paul Denys (précédemment ACT).
Une série de bons chefs, très engagés, et le patronage fidèle de Robert Bajard, alors commissaire général adjoint, mènent la troupe à une réforme précoce, dès la vague de 1963-1964.

1958-1959.
CT, Edmond Ortu, chamarandais en 1959. Il devient aussitôt A. C. D. E., puis C. D. adjoint de Ménilmontant. Il reprend cependant la 200e en 1960, pour dépanner.

1959-1963.
CT, Claude Vaillant, qui effectue le Chamarande expérimental d’août 1963. ACT, Jacques Brand (1960), Philippe Ziegler (1962).

1963-1964.CT, Henri Chambon. Il devient ACD Rangers de Ménil¬montant. ACT, Claude Honhon.
Aumônier en 1964, le père Lucien Delsol, qui semble cumuler avec la 67e (Saint-Séverin), mais qui est bien de Saint-Gabriel. Après la réforme, la 84e est mieux connue et de nombreux chefs vont en CEP Les pères de Picpus soutiennent bien le groupe, ce qui est remarquable dans une époque de désertion du clergé. Il est vrai que l’équipe est particulièrement nombreuse, jusqu’à sept prêtres en 1965. Aumônier en 1966, le père Gérard Schlosser. En 1968, le père Antoine Longuy.

1964-1965. Chef de poste, Daniel Quentin. Assistants pionniers, Philippe Lelong, Alain Salou.

1965-1966. Chef de poste, Jean-Pierre Willefert. Assistant pionniers, Frédéric Wolf. — Assistant rangers, Patrick Chambon, Benoît Kirfel.

1966-1967.
Assistant rangers, Joël Olivier. Il devient CG

1968-1969.
Chef de poste, Claude Dubois. — Chef rangers, Marcel Dupont. Assistants rangers, Didier Boisseau, Jean-Jacques Mazoyer, Claude Villatte.
CG en 1970, Jean-Luc Coulon. Aumônier, le père André Lerenard, qui sera plus tard curé. À partir de cette date, le poste semble beaucoup plus fragile, jusqu’à disparaître. Aumônier en 1975, le père Alphonse Fraboulet, aussi Au. D. (si cette expression a un sens en 1975).

1971-1972.
Assistants rangers, Patrick Sanchez, Chris Villeneuve. Villeneuve devient CG Camp Rangers dans la Nièvre à Pâques et en été, dirigé par Philippe Martin.

1973-1974.
Assistant rangers, Thierry Husson, Claude van Lekwyck, Philippe Wiart. Camp en Indre et Loire à Pâques avec Roger Reuter et dans le Doubs en été avec Roger Reuter et François Robert.

1975-1976.
Chef rangers, Jean-Louis Gèze, dix-huit ans.

1976-1977.
Assistants pionniers, Étienne et Jean Morvillier, sans doute fils du fondateur de la 207e (Cœur-eucharistique-de-Jésus). — Assistant rangers, Pierre Clainchart.

1980-1981.
Assistant rangers, Didier Larmet.

1981-1982.
Assistante scouts, Florence Rauna. Camp en été dans l’Indre dirigé par Didier Larmet.
Aumônier en 1981-1982, le père Gérard de Villers. La troupe participe au jeu na¬tional « Cap aventure » en 1984, sans numéro.

1982-1983.
Assistant scouts, Benoît Reboul-Saulzé. Camp de Pâques dans l’Aisne, dirigé par Philippe Merlier, Camp d’été : scouts dans les côtes du Nord dirigé par Xavier Marichaux ; louveteaux? dans la Seine Maritime dirigé par Catherine Drouet

1983-1984.
Assistant pionniers, Charles Roucayrols.

1984-1985.
Assistant scouts, Cyrille Corbin, Olivier Luquet. Camp été dans l’Yonne avec la 3e Paris dirigé par le CT de celle-ci.

1986-1987
Camps été : louveteaux en Seine et Marne dirigé par Nadine Houillier ; camp scout dans le jura, commun avec la 177e dirigé par Thierry Krust ; camp pionnier? commun avec la 3e dirigé par Barthélémy Nanata chef de cette dernière unité.

1987-1988.
Assistant scouts, Vincent Larmet. C
La 84e est toujours mentionnée au seuil des années 1990 dans les papiers régionaux. L’animation est assurée par les jeunes de la maison d’étudiants installée en 1992 dans un couvent que venaient de quitter ses religieuses, 48, rue des Pyrénées.

Le 81, rue de la Plaine.

Les Routiers?

Saint-Gabriel n’a pas eu de clan propre. Les premiers routiers sont intégrés en 1934 au clan de district de Paris est II (« Roi Albert »), dont Robert Bajard prend la tête en 1936. Il reste dans ce clan jusqu’en 1939. L’aumônier, le père Roussin, est celui de Saint-Gabriel. On trouve ensuite les routiers aux « Nouveaux Rolands », le grand clan clandestin de Paris est. Après la guerre, la 84e dépend tantôt de « Notre-Dame Sainte Marie », le clan de son district, tantôt de « Roy Saint Louis », le clan du district de Vincennes. Voyez aux clans de district.

Et ensuite…

On n’en sait pas plus, mais la paroisse, qui est toujours tenue par les pères de Picpus, possédait jusqu’en 2004 une troupe SdF qui portait curieusement un foulard marin, bleu marine, deux bandes blanches.

La 84e a disparu en 2005 ; le XXe arrondissement ne possède plus que la 177e de Notre-Dame-des-Otages. Un historique de la paroisse paru en 2005 n’en fait qu’une mention rapide…

Blason Jehanne d’Arc
PS

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

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