La définition du Scoutisme Marin

Par « Embarque ... Garçons » (1937)

En 1937, est paru le livre de référence des Scouts Marins, livre qui sera réédité plusieurs fois (1937, 1939, 1943, 1947, etc …). En introduction, nous y retrouvons la définition du scoutisme marin à cette époque … qui n’est pas si obsolète que ça !

Qu’est ce qu’un scout marin ?

C’est, avant tout, un scout.

Si tu n’es pas renseigné à ce sujet, lis d’abord Éclaireurs, le maître livre du Scoutisme et Pour entrer dans le Jeu. Si tu es déjà chef de scouts relis encore « Le Scoutisme » du R. P. SEVIN, et « Le Guide du Chef Éclaireur » de BADEN POWELL.

Comme les scouts, tu courras donc la grande aventure ; mais bien mieux que ceux qui la vivent à terre, tu la réaliseras, toi, sur mer, au souffle des brises venues du large, sur une mer parfois coléreuse avec laquelle il te faudra lutter de toute ton énergie et de tout ton sang-froid.

Tu apprendras à nager d’abord, puis tout en t’initiant à tous les trucs que les scouts emploient pour se tirer d’affaire en plein air et rendre service à leur prochain, tu sauras de plus découvrir comment les marins se débrouillent sur l’eau.

Il n’est pas question pour toi d’appareiller — au moins maintenant — pour un long voyage autour du monde, ni de te préparer à entrer dans une école de mousses. Peut-être, lorsque tu seras plus grand, voudras-tu devenir un marin de métier. Mais tout cela n’est pas notre affaire.

A la troupe, confondu sous le même uniforme qui allie à la fois le chic des marins et le pratique des scouts, tu apprendras en compagnie d’autres garçons comme toi l’art de savoir te conduire sur mer comme un marin capable, et partout comme un garçon viril, énergique, décidé, un type à cran, bon chrétien et plus tard bon citoyen, apte à rendre service à ceux qui l’entourent et à son pays.

Tes chefs porteront le même uniforme. Ils seront scouts comme toi, durs à la besogne en mer, mais joyeux, -toujours prêts à donner le signal du bruit et des chants si le moment est venu, ou, au contraire, celui du silence, et quelques bons conseils si tu es embarrassé. Ils seront avant tout tes frères aînés. Et si à bord ils exigent une stricte discipline, c’est qu’il ne faut pas plaisanter avec la mer, surtout lorsqu’il y va de l’existence des garçons qui leur sont confiés.

C’est d’eux que tu apprendras à tenir correctement un aviron, à hisser une voile, à connaître de leur vrai nom les diverses parties du bateau, à sonder, à mouiller l’ancre ou à t’amarrer à un corps-mort. C’est encore eux qui t’enseigneront les secrets des signaux et les règles de route à la mer. Tu sauras — pour l’avoir fait toi-même — comment on entretient les voiles, comment on répare, ou repeint une coque.

Plus avancé, tu sauras t’y reconnaître parmi les hiéroglyphes d’une carte marine ; tu sauras calculer ta route, prendre des relèvements Et surtout tu apprendras à piloter ton embarcation, à tenir la barre par tous les temps sous les voiles qui claquent au vent, puis à aborder la côte dans quelque baie pour y dresser la tente et préparer le poisson que tu auras péché.

Tu vivras la rude vie des hommes de mer, énergiques, francs, loyaux, durs à la besogne, toujours prêts à s’entraider et à se sacrifier pour quelqu’un en péril.

Et si ton chef sait en même temps te faire vivre le grand Jeu auquel se livrent tes frères scouts terriens lorsqu’ils s’initient aux pratiques de l’explorateur et du colonial, toi, scout-marin, tu seras vraiment le garçon de caractère que nous, tes chefs, attendons.

En somme, vois-tu, scout-marin = scout + quelque chose …

Es-tu paré ?

Alors embarque avec nous.

PS

Source : Embarque Garçon, 4e édition (1947) aux éditions La Hutte

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