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4- Du lundi 17 au vendredi 21 : La descente du Verdon


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Le Verdon

Lundi 17 juillet

Pour arriver tôt, il faut se lever tôt. C’est pour ça que ce jour là, nous nous sommes levés à… 2 heures et demie du matin ! Et pas moyen de traîner, le car nous attendait ! Le réveil fut légèrement plus engourdi que les autres. Après s’être habillé, avoir rangé nos sacs, nous descendons prendre l’autocar. Nous partons bientôt mais personne ne dort car le paysage est très joli à 3 h et demie du matin, avec le jour qui pointe. Nous arrivons à Die, une heure environ avant le train de 5 h 35 que nous prendrons jusqu’à Manosque (Nous avons changé de train à Veynes, où le Père Turck a dit une messe).

Là vous prenons le car jusqu’au Point Sublime, première étape de notre voyage au Verdon. Entretemps, nous nous sommes arrêtés à Moustiers-Sainte-Marie, charmante petite ville du midi, dans une magnifique campagne pleine d’oliviers, lavandes, mûriers et amandiers.

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L’étoile au dessus de la vallée

Cette ville a une particularité : pendant l’époque des croisades, un chevalier de la région fut fait prisonnier par les Sarrasins et il promit à la Vierge ses fers s’il était libéré. Il fut libéré et il suspendit au-dessus de Moustiers une grande chaîne de 227 m de long au bout de laquelle une étoile de 9 kg est accrochée [1]. On dit dans la région que Moustiers-Sainte-Marie est la seule ville à avoir son étoile en plein jour, ce qui ne manque pas de pittoresque… Il faut dire aussi que nous avions un chauffeur très sympathique qui nous a décrit le paysage au fur et à mesure que nous voyagions.

Enfin nous arrivons au Point Sublime. De là, on peut voir un énorme rocher avec, comme gravé dessus, un semblant de personnage gigantesque qui est censé représenter Samson. Décidément, les gens du pays ne manquent pas d’imagination…

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Le Verdon vu du ’chemin’

Après le déjeuner, nous partons par le chemin du Touring Club de France. Ah ! Que c’est loin de nos belles routes toutes droites et bien goudronnées ! Là, c’est un affreux petit sentier qui monte à certains moments aux trois quarts de la falaise pour redescendre à la hauteur de l’eau du Verdon ! Enfin, après avoir parcouru une douzaine de kilomètres, après avoir monté, descendu, escaladé, dégringolé des escaliers en fer placés là pour les touristes, nous arrivons (Ouf ! Enfin !) au gué de la Mescla. Aussitôt là, nous choisissons un coin de patrouille et quelques instants plus tard, hop !

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Première baignade

Tout le monde à l’eau, ce qui nous a vraiment ravigoté et en même temps oublié les incidents du voyage. par exemple, le sac d’Alain Antonini qui a basculé dans le vide et a eu le bonheur de tomber dans un endroit à sec. Évidement, ne parlons pas de la fatigue de Daniel Sowezyk, glorieux assistant de la 32 qui est allé le rechercher. Enfin les patrouilles firent leur cuisine et quelques temps plus tard, tout le monde alla se coucher.

++++

Mardi 18 juillet

Aujourd’hui, lever à 9 h. Aussitôt tout le monde se précipite vers le Verdon pour la toilette-baignade car l’eau est bonne et… potable. Après la messe, le petit déjeuner et temps libre sauf pour les Cerfs qui doivent aller au Chalet de la Mâline à 3 km par le Verdon, chalet qui est tenu par le TCF [2] (Le deuxième photo du début est prise de là). Donc nous partons. Ce n’est pas sans mal d’ailleurs car à un moment il faut passer sur les éboulis d’un tunnel, qui ont bien 100 de haut !

Et ce n’est pas une partie de plaisir, il faut éviter les accidents, passer un par un, car un gars qui tomberait risquerait d’entraîner les autres dans sa chute et un jour à l’hôpital de Moustiers n’est pas spécialement réconfortant.

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Pierre-Olivier en train de passer à son tour les éboulis.

Enfin nous arrivons. Nous entrons dans le restaurant pour - c’est le cas de le dire - nous restaurer car « on peut amener son manger », quand nous apercevons que les haricots sont restés à la Mescla ! Nous demandons à l’hôtelier s’il n’a pas de quoi les remplacer et celui-ci nous donne 2 boîtes de pâté de foie truffé pur porc ! François Mermillod a bien voulu en précisant que c’était Patrice Corre (l’intendant) qui payait donc que ça ne lui faisait rien. Après le reste du repas, le CP et François vont à La Palud, village à 8 km. Ceci doit rester secret : ils y sont allé en stop. Pendant ce temps-là, nous autres faisons une partie de jeu d’approche. François et Jean-Louis reviennent à 6 h. Nous arrivons au camp à 7 h 35. Nous mangeons tout en racontant aux autres ce que nous avons fait. Puis la nuit tomba et toute le monde alla se coucher.

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Mercredi 19 juillet

Le lever a été sonné aujourd’hui à 8 h. Comme d’habitude, tout le monde se précipite vers le Verdon pour plutôt se tremper les pieds que se laver. Ensuite comme d’habitude, la messe, le petit déjeuner et temps libre. Aujourd’hui, étant à notre tour de rester au camp, nous en profitons pour faire une lessive généralisée. Nous mettons tant d’ardeur que nous ne voyons pas le déjeuner approcher et c’est tout juste si nous ne ratons pas l’heure.

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Lessive au camp

Nous déjeunons sur la petite plage devant les falaises. Pour la sieste, Jean-Louis et Alain eurent la malheureuse idée d’aller s’établir de l’autre côté du Verdon et de refuser toute compagnie.Ils se repentirent bientôt : un bombardement d’une heure et quart de toute sorte de projectiles (coquillages, bouts de bois, mottes de terre, petit cailloux) suivit leur décision. Après une heure d’un tir assez précis, Pierre-Olivier se fit mal au pied et abandonna. je continuais seul, mais sur demande des assiégés qui n’avaient plus un endroit en sécurité, je stoppais et nous revenons au camp. Depuis, quand Pio [3] ou moi prenons un caillou, le CP s’écarte toujours. Pourquoi donc ? Hum !

Mais il fallu bientôt faire la cuisine et préparer la messe. C’est d’ailleurs après ceci qu’une pluie torrentielle et soudaine, comme on en voit dans le midi, se mit à tomber. Cela ne dura qu’un quart d’heure mais notre tente, bien que nous ne la touchions pas, était transpercée. Enfin tout revint dans le calme et tout sombra dans le silence de la nuit.

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Jeudi 20 juillet

Jeudi. L’expédition du Verdon touche à sa fin. le matin, tout se passa suivant la routine mais vers 10 h, il fallu tout ranger. Nous faisons nos préparatifs pour le chalet de la Mâline. Nous partons à 11 h et quart. Pour aller plus vite, tous les scouts avaient mis leur slip de bain, mis leur culotte et leurs socquettes sur leur sac et partirent dans l’eau ! Comme ça pendant 2 h 5 ! Il y a des moments où nous avons de l’eau aux hanches, mais généralement jusqu’à mi-mollets. Nous arrivons sans trop de mal à 2 heures de l’après-midi, le temps qu’il nous a fallu attendre l’autre patrouille qui, en ayant assez de l’eau, est passée par le chemin (nous les avons attendu 20 minutes). Il faut que je donne une petite précision : le chalet de la Mâline se trouve en haut d’une falaise qui surplombe le Verdon, aussi nous campons en bas de la falaise à 10 m du Verdon, sur une petite plage. Quand tout le monde répond à l’appel, chaque patrouille s’installe dans un coin et fait sa cuisine. Nous déjeunons à… 4 heures et quart (!). Ensuite il y a temps libre, le montage des tentes et dîner.

Au moment où nous lavons la vaisselle, nous voyons passer de l’autre côté du Verdon… la troupe ou plutôt les troupes (3 troupes, 92 garçons !) de Norbert [4] notre digne et respecté chef de district. Nous parlons ensemble quelques instants puis, comme pour nous il y avait veillée de promesse, nous allons de notre côté.

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Vendredi 21 juillet

Au lieu de 8 h, le lever fut aujourd’hui à 7 h 30. Pensez-donc : le niveau du Verdon avait monté d’au moins 30 centimètres et… la troupe de Norbert se baignait déjà ! Aussitôt toute la troupe se lève d’un bon et alla se baigner, ou du moins se tremper les pieds, car l’eau était quand même froide. Après la toilette, un petit déjeuner rapide, le rangement, l’inspection pour le départ et le départ à 10 h. Les patrouilles arrivent au chalet vers 11 h 30. Là, eût lieu les promesses d’André Pédron, des Hirondelles et d’Yvon Robillard, patrouille des Lynx.

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Bérêt scout 1961

Après les chefs nous ont gracieusement offert un plantureux repas dans le restaurant du chalet. Il y avait : tomates en salade, deux œufs sur le plat, des frites, de la salade, du fromage et des poires (boisson : sirop de menthe) ! Inutile de dire que la vaisselle fut pour ainsi dire faite dans les plats. Après avoir remercié l’hôtelier, nous prenons le car qui était venu nous chercher. Il est trois heures.

…………………………………………………………………………………….

Nous arrivons dans la nuit à la Ferme de la Coche quand, soudain, au grand plaisir de certains, une sentinelle (française) armée jusqu’aux dents, nous arrête. Le chef descendit, s’explique avec le garde et comprit bientôt la raison : une compagnie de 300 soldats environ s’était établie là !

Alors nous avons été coucher dans le grenier au-dessus de la ferme…

[| Fin de la deuxième partie. |]


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Première partie : 3- Du 6 au 16 juillet 1961 : dans le Vercors
Troisième partie : 5- Du samedi 22 au samedi 29 juillet 1961 : retour au Vercors.

Notes

[1Cet histoire est racontée sur le site web actuel de la ville à l’adresse http://www.moustiers.fr/, rubrique Le Village. NDA 2009

[2Touring Club de France.

[3Surnom de Pierre-Olivier, NDA, 2009.

[4Norbert Goudi


Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.
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Les Auteurs

Philippe Giron

Fondateur du site Scoutunjour.org, en 2004. Ancien chef Rangers, puis Animateur de district Rangers, Chef de groupe à Paris (...)

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