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Alger-Paris : les Scouts de France et la guerre d’Algérie

« Les succès obtenus sont certains, car on obtient toujours beaucoup d’effet auprès des musulmans lorsqu’on montre sa force. Mais le nationalisme et la volonté d’autonomie n’est [sic] pas pour autant endigués ou annulés dans leur pensée parce que les manifestations en sont devenus plus rares ou même inexistantes. Les entretiens que j’ai eus avec les dirigeants des Scouts musulmans algériens, avec des hommes comme Mandouze ou les Pères Blancs ont bien confirmé mon impression personnelle à savoir qu’actuellement le feu couve sous la cendre ». L’observateur lucide qui s’exprime ainsi à l’issue d’une visite en Algérie en novembre 1949 n’est autre que Michel Rigal, à l’époque commissaire national Route des Scouts de France avant de devenir en 1952 commissaire général de l’association [1].

Les Scouts de France et l’Algérie : une prise de conscience (1946-1954)

Depuis la fin des années trente, chacun des trois départements algériens est une province Scouts de France. Les provinces d’Alger, Oran et Constantine apparaissent dans l’annuaire de l’association au même titre que l’Artois, la Normandie ou le Poitou. Elles ne figurent pas dans la liste des unités d’Outre-Mer aux côtés du Sénégal, du Togo, de la Martinique ou de la Réunion. Un effort tout particulier est fait dès 1947 pour l’Algérie : « Etant données les difficultés d’encadrement et l’acuité des problèmes du scoutisme musulman à l’heure actuelle, le QG a fait un très gros effort spécialement pour le financement et l’encadrement de l’Algérie, où Serge Baret, assistant du commissaire national Route, est nommé Commissaire délégué » précise le rapport d’activités présenté à l’assemblée générale des Scouts de France de 1947 [2]. L’Algérie est la seule région où l’association dispose d’un permanent salarié. Son rôle consiste aussi à suivre la situation en Tunisie et au Maroc. En mai 1951, Serge Baret quitte l’Algérie où Jean-Pierre Pertus lui succède [3].

La question de la place des musulmans dans le scoutisme a conduit les Scouts de France à prendre en juin 1942 une position originale en créant une branche musulmane de l’association.

En juillet 1946, celle-ci compte 400 garçons [4]. Cette branche continue l’action des unités de scouts musulmans crées à partir de 1936 par les Pères Blancs au sein de l’AMINA, l’Assistance morale aux indigènes nord-africains, d’abord à Alger puis dans les différentes implantations de cette congrégation. Les Scouts de France se veulent témoins et missionnaires tout en cherchant à s’ouvrir sur les réalités de la société musulmane. C’est toute l’orientation que Michel Rigal a souhaité progressivement donné depuis plusieurs années. Car celui-ci suit le dossier du scoutisme algérien depuis 1947 au sein de l’équipe nationale des Scouts de France et à partir de 1948 pour le Scoutisme français. D’où des tournées fréquentes en Algérie - qu’il a découvert lors de son voyage de noces en 1946 - qui le conduisent à rencontrer, outre les responsables des différents mouvements scouts dont pour les Scouts musulmans algériens (SMA) Omar Lagha et Mahfoud Kaddache, de nombreuses personnalités sociales et religieuses d’Algérie. Son déplacement de novembre 1949 en Algérie est motivée par la demande du gouverneur général Marcel-Edmond Naegelen au Collège algérien du scoutisme, structure regroupant les sept associations du Scoutisme français en Algérie [5], d’exclure de ses rangs les SMA dont « l’attitude contraire aux intérêts de la France ne saurait être tolérée plus longtemps » [6]. En effet, depuis le début de 1945, après d’âpres négociations portant notamment sur le texte de la promesse (« Je jure de servir Dieu et ma Patrie » ou « Dieu et la France ») et sur le nom de l’association (Scouts musulmans algériens ou Association des scouts musulmans français), les Scouts musulmans algériens sont devenus membres du Scoutisme français. Ils s’étaient vu opposer un premier refus à cette adhésion en décembre 1940 [7]. A la veille du 1er novembre 1954, les Scouts de France sont environ 2500 en Algérie. Les SMA sont 5000 et les BSMA (Boy Scouts Musulmans d’Algérie, nés en 1948 d’une scission des SMA) 700 [8]. Il y a au total entre 13.000 et 15.000 scouts et guides en Algérie [9].

A partir 1951, les Scouts de France d’Alger encouragent une initiative originale. Des représentants de différents mouvements éducatifs et confessionnels de jeunes, musulmans et européens, se retrouvent pour des rencontres amicales. Ce sont les Scouts de France d’Alger dont le siège est en pleine Casbah qui permettent aux deux communautés, la musulmane des SMA et la catholique des milieux dits « avancés », de se rencontrer. On trouve dans ces rencontres des représentants de l’Association des étudiants catholiques (« l’Asso »), de la JEC, des Guides de France (Françoise Becht [10], Anne-Marie Chaulet, Evelyne Lavalette, Armande Blasselle [11]), des différents mouvements scouts européens (les Scouts de France y sont notamment représentés par Jean-Pierre Pertus), des Scouts musulmans algériens (représentés par Omar Lagha, Mahfoud Kaddache, Salah Louanchi), des BSMA, des mouvements de jeunesse politique nationaliste (jeunes du MTLD, Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques, le principal parti nationaliste algérien, jeunes de l’UDMA, l’Union démocratique du Manifeste algérien, formation nationaliste modérée). Le représentant des étudiants catholiques est en même temps le chef de la troupe marine d’Alger des Scouts de France, Pierre Chaulet, frère d’Anne-Marie et étudiant en médecine, fils d’un notable catholique algérois [12]. De ces rencontres naît au printemps 1952 l’AJAAS, l’Association de la jeunesse algérienne pour l’action sociale, où sont très impliquées des cheftaines venant des GDF. L’AJAAS organise des rencontres, généralement trimestrielles, entre jeunes de différentes origines, européenne et musulmane, sur des thèmes d’actualité [13] comme le chômage, la faim ou le colonialisme. 300 à 400 jeunes y participent à chaque fois. Des activités sociales sont aussi lancées dans les quartiers défavorisés d’Alger : alphabétisation, consultation médicale gratuite, consultation d’aide sociale. Elles conduisent les européens à la découverte d’un monde ignoré [14].

En mars 1954, l’AJAAS lance une revue, Consciences maghribines. Elle demande à André Mandouze, professeur à la faculté de lettres d’Alger, animateur durant l’Occupation de la revue clandestine Témoignage chrétien et connu pour ses opinions catholiques progressistes, d’en prendre la direction. Le comité de rédaction est composé de membres des SMA (Mahfoud Kaddache, Salah Louanchi, Reda Bestandji), d’étudiants chrétiens de la JEC (Pierre Roche, Jean Rime), de Scouts et Guides de France (Françoise Becht, Pierre Chaulet). L’engagement de Pierre Chaulet vers le nationalisme algérien, entré en contact avec le MTLD à l’été 1953 puis avec le FLN fin 1954, l’éloigne toutefois progressivement de l’Association des étudiants catholiques et des Scouts de France : “Dans ces milieux [catholiques algérois], on considérait que j’allais trop loin”, et on me le faisait comprendre. D’abord à l’Asso, puis aux Scouts de France, j’ai donc vécu les étapes d’un processus feutré d’exclusion, mis en marche par l’« appareil hiérarchique » de ces mouvements [15]”.

A Paris, les Scouts de France suivent aussi attentivement l’évolution de la situation en Algérie. En janvier 1954, la revue La Route publie un article rédigé par des immigrés algériens de région parisienne avec qui des routiers? sont en contact. Celui-ci évoque de manière très nette la répression à la suite des émeutes de mai 1945. D’autres articles de Cyrille Gallice, industriel catholique algérois, membre de la Vie Nouvelle, sont publiés par cette revue durant toute l’année 1954 [16]. Ils témoignent des inégalités sociales en Algérie, Et ils témoignent aussi des orientations que la branche Route des Scouts de France, dirigée par Paul Rendu, s’est donnée depuis le début des années cinquante : volonté d’ouverture au monde, préparation à la vie civique, culture engagée dans une perspective chrétienne, volonté de former les consciences en affrontant les principes aux événements.

Le week-end de la Toussaint 1954, l’assemblée annuelle des chefs Scouts de France du district d’Alger se déroule à El-Riath. Le journal conservateur d’Alger La Dépêche quotidienne écrit à ce sujet : “On peut dire que les Scouts de France se sont délibérément engagés dans une voie nouvelle au cours de cette assemblée”. Au cours de ce rassemblement qui se déroule quelques heures avant le déclenchement de la guerre d’Algérie, Jean Foscoso, assistant Route du commissaire de district, fait un exposé intitulé « Jeunesse algérienne et la situation du mouvement Scouts de France par rapport à cette jeunesse », insistant sur le besoin d’une ouverture plus importante de l’association sur tous les problèmes de la jeunesse d’Algérie. Mahfoud Kaddache, commissaire général des Scouts musulmans algériens, prend la parole pour insister sur la nécessité de contacts entre les divers éléments ethniques et spirituels des jeunes d’Algérie. Des éléments des SMA, des étudiants catholiques, des Coeurs Vaillants, des Éclaireurs Français, des Éclaireurs de France et de la Jeunesse ouvrière chrétienne participèrent aussi à ce rassemblement que Mgr Duval, archevêque d’Alger, clôture (et recadre ?) en félicitant les chefs scouts « de leur souci de demeurer dans l’optique du Christ et de l’Église pour une action efficace et prépondérante » [17]. Les orientations d’ensemble des Scouts de France en Algérie ne sont toutefois pas partagées par toutes les unités. Le puissant groupe Saint Dominique, la « Saint Do », lié au couvent dominicain d’Alger, ne se retrouve pas dans ces positions [18].

Dans la guerre : le silence est-il possible ?

Au moment où débute la guerre d‘Algérie, Michel Rigal et Paul Rendu, commissaire national Route, sont en tournée en Algérie. Ils arrivent à Alger la nuit du 2 au 3 novembre en provenance du Maroc. Ils suivent donc en direct les événements, assistant à la mise en place du dispositif policier. Le 20 novembre 1954, les responsables de quinze mouvements de jeunes d’Algérie [19] dont les Scouts de France envoient une lettre au Gouverneur général de l’Algérie. Ce document est publié dès le 25 novembre par L’Effort algérien, hebdomadaire interdiocésain, dans les quotidiens locaux puis par La Route en janvier 1955 et Feux de France en mai 1955. Après avoir demandé que les auteurs des crimes commis « soient équitablement jugés et punis », les rédacteurs de la lettre font part de leur inquiétude : « Les mots de “répression” et de “ratissage” ont été employés immédiatement et certains ont saisi cette occasion pour nier toute possibilité d’entente et dresser l’un contre l’autre les deux groupes ethniques. […] La haine appelle la haine […]. Nous pensons que de véritables solutions ne peuvent être trouvées que dans la concorde et la compréhension mutuelle. Nous avons depuis plusieurs années travaillé à ce rapprochement. […] Nous pensons également que le problème actuel a des causes antérieures au ler novembre. […] Nous pensons qu’il ne suffit pas de “réprimer” et de “rétablir l’ordre ». Les termes de la lettre, pourtant modérés, déclenchent immédiatement un véritable scandale parmi les notables pieds noirs. Or, son rédacteur est Jean-Pierre Pertus, permanent des Scouts de France d’Alger, avec Paul Rendu et Michel Rigal. Rendu a poussé à la rédaction de ce texte, bien que son nom et son titre de commissaire national Route n’apparaisse pas. Il faut que le texte apparaisse comme venant d’Algérie et non pas téléguidé de Paris. Sous la pression de son entourage, et peut-être des dominicains, Mgr Duval demande aux Scouts de France le renvoi à Paris de Jean-Pierre Pertus et de sa famille. Michel Rigal le nomme immédiatement secrétaire-adjoint au Scoutisme français, ce qui illustre le soutien qu’il lui apporte. Bien des années plus tard, en 1967, Mgr Duval déclarera à Jean-Pierre Pertus : « Je n’avais pas mesuré la véritable opportunité de la fameuse lettre au gouverneur général et je me suis laissé aller devant certaines instances de mes conseillers. Vous savez…, c’est plus tard qu’on m’a appelé “Mohamed Duval”. J’ai compris après que j’avais mal réagi et je suis heureux de pouvoir aujourd’hui vous demander de m’excuser de m’être trompées [20] ». Quelques semaines après la publication de cette lettre, Pierre Chaulet organise une rencontre entre Mgr Duval et des militants nationalistes, dont des conseillers municipaux d’Alger torturés après leur arrestation à la suite des attentats du ler novembre 1954. Cette rencontre est à l’origine directe du texte célèbre que Mgr Duval publie le 17 janvier 1955, texte dénonçant la torture en se basant sur des textes du pape Pie XII. Il marque aussi le lancement d’une campagne d’opinion contre lui [21]. Et il est significatif que le document Pourquoi avons-nous démissionné ?, publié en mai 1957 après la démission de l’équipe nationale Route, reprenne intégralement, en annexe, le texte de cette lettre du 20 novembre 1954 et la liste de ses signataires.

En 1954-1955, il est impossible aux Scouts de France de prendre une position publique au nom de l’institution sur la question algérienne. En revanche, un an après le début des événements d’Algérie, au moment où la situation s’agrave, la revue Le Chef dans son numéro 316 de novembre-décembre 1955, consacre pas moins de vingt pages à l’Algérie. Il s’agit de la contribution de cette région aux Journées nationales des Scouts de France de 1955 qui ont eu pour thème « le scoutisme missionnaire ». Le scoutisme missionnaire en Algérie, le scoutisme missionnaire en milieu musulman, , la sociologie religieuse du milieu européen, le scoutisme missionnaire en milieu européen sont les quatre thèmes étudiés. La mission évangélique reste toujours d’actualité (« Comment apporter le Christ au monde ? ») mais ici sont privilégiés le dialogue fraternel et l’action sociale commune. La mutation du principe missionnaire est nette. Les événements ne sont pratiquement pas évoqués. Les Scouts de France vont privilégier durant la guerre d’Algérie l’expression de leurs positions par l’intermédiaire des cordinations associatives dont ils font partie : le Conseil français des mouvements de jeunesse (CFMJ) qui regroupe les mouvements de jeunesse chrétiens et au sein duquel Michel Rigal joue un rôle essentiel puis, à partir de 1958, le Groupe d’études et de rencontres des organisations de jeunesse et d’éducation pupolaire (GEROJEP, qui regroupe une quarantaine de mouvements et d’associations). Très significativement, le message du Conseil national ders Scouts de France de février 1962 à propos de la situation en Algérie commence par les mots suivants : « Mouvement d’éducation, les Scouts de France répugnent à utiliser habituellement les communiqués de presse pour faire connaître leurs opinions. » Quelle estla cause de cette discrétion des Scouts de France ? Il s’agit d’une volonté de préserver l’unité du mouvement Scout de France par rapport à son assise sociale et religieuse. Les positions de l’équipe nationale Route qui démissionne en 1957 à la suite de la suppression dans la revue La Route d’une page relative à la publication par Témoignage chrétien du “dossier Jean Muller” sont très largement reprises par la presse [22]. Mais les positions de la Route qui dénonce la torture et le colonialisme reflètent-t-elles la position de l’ensemble de l’association ? Il est permis d’en douter.

La culture patriotique revêt en effet à l’époque une large place dans l’éducation scoute : « Le scout est fils de France et bon citoyen » proclament les principes des Scouts de France. La pédagogie Raiders mise en œuvre par la branche Éclaireurs à cette époque par l’équipe Menu fait une large place aux valeurs patriotiques. Notons que la seule troupe Raiders en Algérie (brevetée en 1951) est celle que dirige Pierre Chaulet. la remise en cause de l’action de la France et de son armée en Algérie est pour beaucoup inadmissible. Ainsi en mars 1957, Joseph Follet publie dans Témoignage chrétien une lettre ouverte au président du Conseil évoquant, en des termes modérés, l’emploi de la torture par l’armée. Quinze jours plus tard, une longue lettre de lecteur lui répond. Elle est signée Guy Michel, Scout de France, croix de la valeur militaire avec étoile de bronze, rappelé de 2ème classe [23]. Son auteur fait part de son amertume à la suite de l’article de Joseph Folliet, « Ayant passé six mois en Kabylie, je n’ai jamais constaté d’atrocités comme le prétend M. Joseph Folliet et une certaine presse dite chrétienne qui semble se faire un point d’honneur de critiquer l’action de l’rmée en AFN depuis quelques temps ». Après avoir rappelé la destruction d’un village à titre de représailles à la suite d’une embuscade « inqualifiable de ruse et de traîtrise », il précise : « Jamais il n’y eut de scènes de tortures ni de répression d’aucune sorte. J’ai gardé moi-même des prisonniers fellaghas et ils n’ont subi aucun sévice de la part d’aucun d’entre nous. / ;..) Non, les rebelles ne sont pas dans le Droit quand ils égorgent des familles, les enfants, brûlent les écoles, et torturent nos frères de combat. On plaint les fellaghas qui se font tuer et un peu bousculer ; mais chaque soldat français entre leurs mains subit des tortures ignobles qui se soldent généralement par une mort atroce : et ceux là, vous ne les plaignez pas ».

Dans un ordre d’idée voisin, Jacques Duflot, ancien scout de Metz, qui effectue son service militaire au Maroc en 1956-57 raconte dans ses souvenirs : « J’avais été profondément choqué par ce dossier Jean Muller, non pas que j’en mette en doute le contenu, mais je refusais l’opportunité d’information du public en cette période difficile pour tous : gouvernement, familles, militaires de carrière, appelés. Il ne me semblait pas utile d’introduire le doute dans les esprits, ce qui à mon avis m’apparaît comme une opération de déstabilisation assimilable à une certaine forme de trahison. Ce même dossier, édité après les événements eux-mêmes, eût été plus recevable que de s’attaquer au moral des soldats français et de leurs familles au moment des événements eux-mêmes. Alors que les fellaghas de leur côté, n’avaient pas à se vanter des massacres perpétrés dans des conditions horribles sur des familles pieds-noirs et sur les militaires français capturés ». Il faut de plus préciser que Jacques Duflot connaissait personnellement Jean Muller et qu’il découvre son dossier dans le journal du FLN Résistance algérienne [24] Troublé par la publication du dossier Muller, ce chef scout écrit à Michel Rigal pour avoir son avis. Celui-ci lui répond par une longue lettre du 25 juin 1957 : « Il m’est radicalement impossible, dans une lettre, de faire le tour avec toi d’une question aussi complexe et difficile que la question algérienne ». Après avoir longuement insisté sur l’action de la France en Algérie, Michel Rigal insiste sur l’insuffisante association de la population indigène à la direction des affaires. « Si nous l’avions fait, peut-être aurions nous évité l’explosion actuelle, mais maintenant on ne voit pas très bien comment éviter d’accorder à l’ensemble de cette population la gestion de ses propres affaires ». Puis il souligne que les Français qui quitteraient l’Algérie perdraient tout sans possibilité de retrouver ailleurs l’équivalent : “Cette question dépasse la bonne volonté. Elle est de celles qui ne peuvent se résoudre qu’après beaucoup de peine, beaucoup de sang versé". Alain Maillard de La Morandais, scout à l’époque et futur prêtre et officier en Algérie, témoigne du même trouble à la lecture du dossier Muller « Qui croire ? Le témoignage peu suspect d’un frère dans le scoutisme ou bien la longue tradition d’honneur des officiers ? Y a-t-il bien devoir moral à “parler” ? Est-ce donc la seule façon d’agir et surtout ne risque-t)elle pas d’être manipulée politiquement, y compris et principalement par nos ennemis ? [25] »

La diversité des positions existant au sein des Scouts de France sur le problème algérien, diversité masquée par la médiatisation des prises de position de l’équipe Route, explique certainement l’extrême prudence de Michel Rigal et des déclarations publiques du mouvement. Le commissaire général défend l’unité du mouvement car il est conscient des risques de division que provoque l’affaire algérienne.

Cette division apparaît finalement publiquement en juin 1960. Le 2 juin, le GEROJEP qui regroupe à ce moment 53 mouvements de jeunesse et d’éducation populaire diffuse un texte appelant à la paix en Algérie. L’affaire est suffisamment importante pour faire l’objet d’un article dans Le Monde du 4 juin. Jacques Fauvet écrit : “Pour la première fois, ils [les mouvements de jeunesse] lancent ensemble un cri d’alarme. S’il veut prévoir et non seulement réprimer, le pouvoir serait avisé de les écouter”. Les Scouts de France sont signataires de cet appel. Le 7 juin, Pierre Delsuc, ancien président des Scouts de France et chef du Scoutisme français clandestin durant l’Occupation envoie à Michel Rigal et à la presse une lettre très sévère à la suite de cette prise de position : “En mon nom personnel comme au nom d’un grand nombre de mes amis tant anciens qu’actifs des Scouts de France, je dois vous faire connaître que nous déplorons que vous ayez engagé le mouvement de la sorte ; non que nous entendions porter ici un jugement sur l’opinion à laquelle vous avez souscrit ; mais nous réprouvons l’abus que vous avez fait des fonctions qui sont les vôtres[…]. La position que vous avez prise est, en outre, germe de division et de conflit de conscience au sein de notre mouvement. A cet égard, elle n’est rien d’autre qu’un acte malfaisant”. La présence des Scouts des France parmi les signataires de la motion est même évoquée à l’Assemblée nationale au cours d’un très vif débat. René Hostache, député UNR des Bouches-du-Rhône et ancien routier SDF, dénonce la “perte de sens national d’une très faible minorité […] de jeunes intellectuels". Le 12 juin 1960, le Conseil national et l’assemblée générale des Scouts de France votent, à la suite de la prise de position de Pierre Delsuc, une motion de soutien à l’unanimité moins 6 abstentions à Michel Rigal. Cette lettre publiée par l’hebdomadaire La France catholique du 17 juin 1960, va connaître un certain écho en Algérie. Le 21 juin 1960, L’Echo d’Alger publie un communiqué “signé de plusieurs chefs de la province d’Algérie” qui affirme “Les Scouts de France de la province d’Algérie s’élèvent avec véhémence contre la motion signée de M Michel Rigal” et qui reprend les termes de la lettre de Pierre Delsuc. Ce texte constitue probablement la première manifestation publique des tensions internes que vont affronter les Scouts de France dans les années 60 et 70. Ce n’est pas par hasard qu’une dizaine d’années plus tard Pierre Delsuc [26] participera à la fondation des Scouts unitaires de France, association issue d’une scission des Scouts de France, formée par les éléments contestant la réforme pédagogique et les évolutions des années 60.

Quel engagement face à la guerre ?

Une guerre ne peut laisser un mouvement de jeunesse indifférent. Comment le mouvement réagit-il ? L’engagement militant ne va être le fait que de minorités, tant dans l’OAS que dans l’opposition à la guerre d’Algérie. Pour la grande majorité des Scouts de France, le rôle d’un mouvement d’éducation est d’abord l’éducation au discernement notamment pour les jeunes qui vont partir à l’armée. Des sessions “Scoutisme et armée” se mettent en place au sein des camps nationaux de formation de la branche Route à partir de 1958-59. Chacun y expose sa position, l’animateur intervient pour rectifier les informations inexactes et replace le débat dans sa dimension religieuse. Le but de la session est de porter un jugement chrétien sur les événements [27]. Des démarches du même ordre ont lieu en province. En 1960, à Douai, le commissaire local Route organise à la demande de ses routiers qui veulent comprendre la situation en Algérie une rencontre avec un militant du Mouvement nationaliste algérien qui leur présente les positions des nationalistes algériens. Quelques jours après, le militant du MNA est assassiné par le FLN. Aujourd’hui encore, le commissaire se demande si cette rencontre et cet assassinat ne sont pas liés [28]. Les nombreux articles publiés par La Route à propos de l’Algérie contribuent aussi à cette éducation au discernement. Cette attitude est manifestement la plus fréquente au sein des Scouts de France. On pourra aussi s’interroger sur l’action des officiers chefs des SAS, sections administratives spécialisées. Il est assez probable qu’un nombre important d’entre eux étaient d’anciens scouts. Leur action militaire continuait un projet éducatif commencé dans leur jeunesse.

Du côté des opposants à la guerre d’Algérie, Paul Rendu et son équipe. Plusieurs Scouts de France signent, en leur nom propre, la brochure Des rappelés témoignent publiée par le Comité de Résistance spirituelle au printemps 1957 : on y trouve les noms de Paul Rendu, animateur de ce comité, d’André Cruiziat, ancien commissaire national Route et fondateur de la Vie Nouvelle, Jean-Pierre Pertus, Pierre Acot-Mirande, ancien de l’équipe provinciale d’Algérie, Roger Lazare, responsable routier de région parisienne, une dizaine de membres de la Vie Nouvelles [29]. L’engagement à Alger d’anciens scouts ou guides, également souvent militants à la Vie Nouvelle, au sein de la mouvance libérale est remarqué et commentées [30]. En juin 1956, plusieurs d’entre eux lancent L’Espoir, organe des libéraux d’Algérie. Parmi ses promoteurs, beaucoup d’anciens scouts, tels André Gallice, ancien chef du clan 5è Alger, fils de Cyrille Gallice, conseiller municipal d’Alger, militant de La Vie Nouvelle, ou Mahfoud Kaddache des SMA. Ce journal propose le dialogue et la lutte contre la guerre et le cycle terrorisme-répression. Victime de saisies nombreuses, il cesse de paraître en février 1957. Il est relancé en 1960 par une nouvelle équipe comprenant notamment Jean Foscoso qui faisait partie en 1954 de l’équipe provinciale des Scouts de France d’Alger. Ce journal, de faible audience, refuse la dialectique de la haine et recherche une troisième voie. Son action n’est pas sans rappeler celle d’Albert Camus au même moment qui appelle à la trêve civile. Il faut certainement voir dans les origines des promoteurs de cette revue (scoutisme, engagement chrétien) la source de ces positions originales face à la Fin février 1957, Pierre Chaulet est arrêté à Alger après que Salah Louanchi, commissaire national Route des SMA et premier responsable de la Fédération de France du FLN, l’ait été à Paris [31]. Chaulet a fait le choix de soutien au FLN, en procédant notamment à des opérations chirurgicales de fellaghas (il est interne des hôpitaux), telle celle du commandant Azzedine, blessé en opérations. Sa soeur Anne-Marie, qui épousera Salah Louanchi, est également arrêtée ainsi que d’autres cheftaines, Denise Walbert et Évelyne Lavalette, qui est torturée. André Gallice est arrêté le 6 mars 1957 pendant la bataille d’Alger. Il reste cinq mois en prison, accusé d’avoir hébergé des militants du FLN [32]. A l’issue du “procès des libéraux” et des “chrétiens progressistes” qui a lieu le 22 juillet 1957, largement couvert par la presse [33], trente-cinq inculpés sont remis en liberté mais André Gallice doit quitter l’Algérie dès le lendemain. Michel Rigal, a refusé d’être un témoin de moralité pour Pierre Chaulet, dont la famille a organisé avec la DST son exfiltration vers la métropole, craignant pour sa vie : “Rigal1 a poussé à des choix, mais a refusé d’aller jusqu’au bout" [34].

Cet engagement d’une minorité des Scouts de France soit aux côtés du FLN, soit dans le camp des libéraux, laissera des traces durables dans certains milieux. Dans les polémiques des années 60 à propos de la réforme pédagogique des Scouts de France, les opposants ne manqueront pas de dénoncer l’action de la Vie Nouvelle et feront remonter leurs critiques à cette époque de la guerre d’Algérie, évoquant non sans quelque exagération le « réseau scout d’aide au FLN [35] ». La brochure Scouts ou pionniers ira jusqu’à évoquer « un commissaire Scout de France bien connu à Alger, sous l’uniforme de l’ALN, au cours d’un défilé de blindés. Il avait du s’enfuir précédemment sous l’inculpation de meurtres, portée contre lui par la police française qui protégeait alors les populations algériennes du terrorisme FLN [36] ». Ces arguments passionnels montrent bien comment l’engagement de quelques-uns fut utilisé et ressenti par les éléments conservateurs du mouvement.

Inversement, quelques scouts rejoignirent l’OAS. A Paris, le chef de la troupe 210è Paris est arrêté avec ses assistants en avril 1962 pour avoir participé à des plasticages au sein du réseau OAS Mission III. Plusieurs autres chefs scouts appartenaient à ce réseau. Le même phénomène exista en province.

Une autre forme d’engagement originale en Algérie est signalée par André Nozière dans son livre Algérie : Les chrétiens dans la guerres [37]. En avril 1961, à Alger, des étudiants chrétiens regroupés autour d’André Angsthelm, routier Scout de France à Alger, décide de créer l’OAF, l’Organisation de l’Algérie fraternelle, violemment opposée à l’OAS et à ses méthodes terroristes. Leur position n’est pas sans rappeler celle des libéraux quelques années plus tôt. L’OAS menaça de mort les promoteurs de l’OAF qui ne subsista pas.

Que conclure ? Mouvement d’éducation de jeunes, les Scouts de France ont rencontré la guerre pour la deuxième fois de leur histoire. Une unité de façade avait été préservée en 1944, malgré les choix politiques de ses dirigeants, restés fidèles au maréchal Pétain et à ses projets de Révolution nationale. Cette unité ne résiste pas aux ruptures.et divisions internes créées par la guerre d’Algérie. Elles ont leur part de responsabilité, rarement explicitement formulées, dans l’éclatement à venir du scoutisme catholique en France à peine deux années après le cessez le feu.

Notes

[1Rapport de Michel Rigal à la suite de sa mission en Algérie, archives du Scoutisme français, cité par Alain Michel, Juifs, français et scouts, les Éclaireuses et Éclaireurs israélites de France de 1923 à nos jours, thèse d’histoire, université de Paris I, 1993, p. 225. « Le feu qui couve » est une allusion aux sanglantes émeutes dans la région de Constantine qui ont eut lieu en mai 1945. Une centaine d’européens ont été assassinés. Une répression impitoyable a fait de 6000 à 8000 morts.

[2Le Chef nº 241.

[3Entretien de Serge Baret avec Lionel Christien, Draveil, 25 juillet 1995. Serge Baret est décédé le 11 octobre 1999.

[4Jacques Despins, commissaire chargé la branche musulmane des Scouts de France d’Algérie, Grands Lacs nº 2, 15 novembre 1946. Jacques Despins sera l’adjoint de Serge Baret pour la branche éclaireurs. Les Guides de France créeront de leur côté un guidisme musulman à partir de 1947. Voir Jean Peyrade, Scouts et Guides de France, éditions Fayard, 1961, p. 204-205.

[5Scouts de France, Guides de France, Fédération française des éclaireuses, Éclaireurs unionistes, Éclaireurs israélites, Éclaireurs de France, Scouts musulmans algériens.

[6Lettre du gouverneur général d’Algérie au Collège algérien du scoutisme, 7 septembre 1949. Texte dans l’ouvrage de Mohamed Derouiche Le scoutisme, école du patriotisme, ENAL-OPU, Alger, 1985, p. 253.

[7Mohamed Derouiche, op. cité, p, 227, reproduit la lettre de refus adressée par André Basdevant, secrétaire général du Scoutisme français, à Mohamed Bouras, président des SMA, le 27 décembre 1940.

[8Chiffres donnés par Bernard Giroux dans son mémoire de maîtrise Religion et politique. La Route Scouts de France, 1945-1965, université de Paris X, 1996, p. 163.

[9Effectifs figurant dans l’ouvrage du Secrétariat social d’Alger L’Algérie et sa jeunesse, 1957, p 180.

[10Biographie dans le Dictionnaire biographique des militants, XIXè-XXè siècle, sous la direction de Geneviève Poujol et Madeleine Romer, éditions l’Harmattan, 1996, p. 41-42.

[11Voir le témoignage d’Armande Blasselle sur les GDF à Alger dans Le scoutisme. Quel type d’hommes ? Quel type de femmes ? Quel type de chrétiens ?, sous la direction de Gérard Cholvy, Cerf, 1994, p. 413-420.

[12Voir son témoignage, “Parti pris”, publié dans la revue Magallat al-tarih, Alger, Centre national d’études historiques, 1984. La revue catholique progressiste La Lettre. Temps présent, nº 316-317, mars 1985, l’a reproduit, p. 6-18. Sur son père Alexandre Chaulet, dirigeant de la CFTC d’Algérie, voir son témoignage dans l’article d’Aline Coutrot, « Les Scouts de France et la guerre d’Algérie », actes du colloque La guerre d’Algérie et les chrétiens, Cahiers de l’IHTP nº9, octobre 1988, p. 145-147.

[13L’Eglise catholique fait de même. Le Secrétariat social d’Alger publie ainsi des travaux très documentés : en 1955 La lutte des Algériens contre la faim et en 1956 La cohabitation en Algérie consacré aux différents aspects des relations entre européens et musulmans.

[14A cette époque, il était pornographique de dire qu’il y avait en Algérie des bidonvilles. Il était plus correct pour un bourgeois d’avoir trois maîtresses que de fréquenter un Arabe ” raconte Pierre Chaulet, dans Yves Courrière, La guerre d’Algérie, tome 1, collection Bouquins, éditions Robert LafFont, 1998, p. 609.

[15« Parti pris », témoignage de Pierre Chaulet, article cité, p. 15-16.

[16Voir Bernard Giroux, op. cité, p. 154.

[17La Dépêche Quotidienne, 2 novembre 1954, p. 4. La même édition titre sur toute sa première page : « Des terroristes ont opéré en divers points du territoire algérien ».

[18André Mandouze, Mémoires d’outre-siècle, tome 1, éditions Viviane Hamy, 1998, p. 209 : « Une bonne partie des Scouts de France d’Alger était très nettement, avec leur invraisemblable aumônier dominicain [le père Lefèvre], du côté des futurs inconditionnels de l’Algérie française  ».

[19Sont signataires les Guides de France (Françoise Becht), le MLAJ, les Francs et Franches Camarades, la JOC, l’ANEJI, l’AJAAS, les EIF, les SMA, les EDF, la JEC, la JECF, l’Association catholique des étudiants d’Alger, les Scouts de France, (Pierre Roquebert, commissaire de la province d’Alger), les BSMA et les CEMEA.

[20Témoignage de Jean-Pierre Pertus, La Croix, 4 janvier 2000.

[21Témoignage de Pierre Chaulet, Le Soir d’Algérie, 29 janvier 2001. Le texte de Mgr Duval est repris dans son recueil de textes Au nom de la vérité, Algérie, 1954-1962, éditions Albin Michel, 2001, p. 25-27. Voir également André Nozière Algérie, les chrétiens dans la guerre, éditions Cana, 2001, p. 56.

[22Aline Coutrot, « Les Scouts de France et la guerre d’Algérie », actes du colloque La guerre d’Algérie et les cahiers chrétiens de l’IHTP n°9, octobre 1988, p. 132.

[23Témoignage chrétien n°663, 22 mars 1957 et n°665, 5 avril 1957.

[24Jacques Duflot, Un appelé 56-59 raconte, chronique de l’escadrille de T 6 2/71-20/72, édité à compte d’auteur. Ouvrage déposé au Service historique de l’armée de l’air. Résistance algérienne nº 27, édition B, 11-20 avril 1957, évoque le dossier Muller dans un document préparé par la délégation FLN à l’ONU.

[25Alain Maillard de La Morandais, L’honneur est sauf, éditions du Seuil, 1990, p 88.

[26Pierre Delsuc a démissionné en avril 1958 du Conseil national des Scouts de France, s’opposant à la formation de cercles de formation politique, économique et sociale calqués sur ceux de la Route. Christian Guérin, L’utopie des Scouts de France, éditions Fayard, 1997, p. 522.

[27Aline Coutrot, art. cité, p. 136.

[28Témoignage de Roger Tourdot, Douai, mai 2001. Le MNA était très solidement implanté dans le Nord où une véritable guerre civile l’opposait au FLN. Celle-ci va faire des dizaines de morts. Voir Jean-René Genty, L’immigration algérienne dans le Nord/Pas-de-Calais, 1909-1962, édition L’Harmattan, 1999.

[29Jean Lestavel, La Vie Nouvelle, éditions du Cerf, 1994, p. 151.

[30C’est le cas de plusieurs ouvrages écrit à l’époque par des journalistes qui ironiseront sur ces “boy-scouts ”. Voir les Serge Bromberger, Les rebelles algériens, Librairie Pion, 1958 ou Claude Paillat Dossier secret de l’Algérie, tome 2, 1954-1958, Presses de la Cité, 1962

[31Anne-Marie Louanchi, Salah Louanchi. Parcours d’un militant algérien, Alger, éditions Dahlab, 1999.

[32Raphaëlle Branche, La torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, Gallimard, 2001, p. 126, 127, 128, 132, 142.

[33Le Monde, 23 juillet, 24 juillet, 25 juillet et 1¿ août 1957. Jean Lestavel, Vers la Vie Nouuelle, opus cité p. 150.

[34Entretien avec Pierre Chaulet, Paris, 29 septembre 2001.

[35Permanences nº13, octobre 1964.

[36Scouts ou pionniers, les raisons d’un choix, éditions Le Noeud de Carrick, 1966, p. 47-48.

[37André Nozière, op. cité, p. VIII.

PS

Extrait du livre sous la direction de Nicolas Bancel, Daniel Denis et
Youssef Fatès, De l’Indochine à l’Algérie, la jeunesse en mouvements des deux côtés du miroir colonial, éditions La Découverte, 2003, pp 262-272.

Cet article était originellement publié sur Scout un jour, un site animé entre 2004 et 2014 par des passionnés de l’histoire des Scouts de France.

Source photo : http://ecolerusicade.free.fr/Scout37.html
Philippeville Algérie : Avant la Guerre : Scouts et Louveteaux? sur les escaliers de l’église St Philippe

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