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Le tri c’est la vie

Au commencement était le grain d’argent

  • en fait non, au commencement, on prenait les photos sur des énormes plaques de verre ou de métal. Du coup, le photographe pouvait difficilement dire à son sujet « attend là, je vais développer, et je reviens demain voir s’il faut la refaire ». La première devait être la bonne, d’autant que ça coûtait un ou deux bras.

Et puis, on a progressivement inventé la bonne vieille pellicule argentique, classique. Moins chère, plus rapide à développer… Et du coup, on a commencé à prendre beaucoup plus de photos, pour beaucoup plus d’usages. Il a fallu commencer à trier les photos.


On tirait les négatifs et obtenait une première planche de photo miniatures, une planche contact. Cette planche servait à trier quelles photos méritaient un tirage, lesquelles ne le méritaient pas. Aller fouiller dans de vieilles planches contact nous apprend un secret essentiel en photographie.

JPEG - 284.3 ko

Cartier Bresson, Doisneau, Diane Arbus, steve McCurry, tous ont pris et prennent aussi des photos pourries. Des floues, des banales, des mal cadrées, des intéressantes, des vides -, des moches, des sans intérêt. La planche contact de Jeff Widener avec le célèbre « Tankman » était on ne peut plus banale et sans intérêt jusqu’à ce qu’un élément perturbateur vienne en faire une des photos les plus célèbres au monde.

Si ces photographes, ou leurs photos sont devenues célèbres, c’est par ce que quelqu’un a su faire le tri, extraire la bonne photo d’un ensemble de photos banales.

Sur ces Planches contact, une seule photo à chaque fois est passée (plus ou moins ) à la postérité, une seule marchait réellement mieux que les autres. Et pourtant, Jean Gaumy (les femmes voilées) rené burri (photo de che guevara) ou Diane Arbus n’étaient pas vraiment des amateurs, ils faisaient parti de ceux qui ont fait l’âge d’or du photojournalisme.

Puis vint le numérique

C’est nous, maintenant, avec nos cartes sur lesquelles on peut entasser des milliers de RAW ou de JPG, nos déclencheurs fous, nos rafales improbables, qui peuvent sans que l’on s’en rende compte nous amener à shooter un millier de photos en une seule soirée.

Mille photos, qu’il s’agisse d’une soirée, d’un voyage, d’une année ou d’une vie, c’est toujours trop. Trop pour être vu, trop pour être utilisé. SI tu as des amis qui acceptent de regarder les 1000 photos de ton voyage, ce sont vraiment de très très bons amis (trop gentils pour te dire combien ça les fait c****), et encore très vite, ils « verront » les photos plus qu’ils les regarderont.

Pour que la photo soit vue, utilisée (ce qui disons le est tout de même la finalité de toute photo, et non le stockage sur disque dur) il faut qu’elle soit visible par rapport aux autres photos. Rien de pire et plus aisé que de perdre la bonne photo au milieu d’un océan de photos médiocre. Pour ressortir le meilleur de ton travail de photographe, il faut l’isoler du reste, et supprimer, oublier ce reste.

Différentes méthodes de tri

La sélection très restreinte sur très grand volume.

Il peut s’agir d’une veillée de jamborée ou on s’est laissé aller sur le déclencheur et que finalement il ne faut garder que 3 photos pour illustrer tout de suite une page facebook. L’enjeu est de passer très rapidement d’un très grand volume d’image dune qualité variable à très peu de très bonnes images.

Sur cette image, il s’agissait d’une commande. Il fallait rapidement avoir une photo correcte d’une cheftaine louveteaux?-jeannettes jouant de la guitare. J’ai shooté en multipliant les angles de vue, les positions, les attitudes pour au final ne retenir qu’une seule image.
Pour ça, j’ai d’abord avant transfert repéré les images qui me plaisaient sur mon boitier. Une fois les images transférées j’ai vu en grand uniquement celles repérées et puis j’ai développé une seule image. Durée totale de la prise de vue à l’envoi à la personne qui a commandé, 20 minutes.

Cette méthode a toutefois des inconvénients, on sélectionne très rapidement en fonction d’un usage précis. On élimine donc toutes les bonnes photos qui ne correspondent pas à l’usage, ce d’autant plus que la sélection ne se base que sur de très grands écarts, il n’y a pas de demi-mesure, on a la photo qu’il faut ou on ne l’a pas.

C’est la technique qu’il faut avoir à l’esprit lorsque l’on a des commandes principalement, trouver la photo de couverture du journal du rassemblement, la photo d’illustration du bandeau d’un site internet.

Avantages : très rapide, sélection du top qualité
Inconvénients : limitée à un usage précis de la photo, Beaucoup de déchets.

Le tri sur le boîtier

Il faut avoir une bonne raison pour trier sur le boîtier. Ce peut être parce que la carte n’est pas assez grande, ce peut être pour anticiper sur le tri sur ordinateur, ou surtout parce que celui qui prend les photos ne sera pas celui qui les triera ou les retouchera. Cette dernière possibilité arrive assez souvent sur un reportage en groupe sur un seul événement. Un groupe de reporters part aux quatre coins du rassemblement, puis les photos sont centralisées sur l’ordinateur d’une seule personne qui effectue un nouveau tri entre les images de tous les photographes et développe les images.

L’erreur à ne pas faire, est de trier sur le boîtier en supprimant directement les images. Lorsqu’on effectue ce tri après la prise de vue, il est répétitif et très vite on en arrive à supprimer par erreur la bonne photo. Trier par suppression, c’est possible uniquement au moment de la prise de vue, si l’on s’aperçoit juste après la prise que la photo s’avère ratée.

La meilleure technique est de protéger les images que l’on souhaite garder, en les verrouillant. Par la suite, on efface soit toutes les images d’un coup (gare à la photo qu’on aura oublié de protéger) soit en repassant toutes les photos et les photos protégées ne risqueront pas ainsi d’être effacées.

Avantage  : sélection rapide en amont du développement.
Inconvénients  : le risque de confondre « effacer toutes les images non protégées » et « formater ». Le formatage écrase toutes les images qu’elles soient ou non protégées ;
la qualité de l’écran est toujours plus trompeuse que celle d’un écran d’ordinateur. La photo peut finalement être floue, la photo surexposée en fait récupérable et inversement.

Tri sur l’ordinateur

Les photos non triées sont téléchargées sur l’ordinateur. Et maintenant, on fait quoi ?

Peu importe l’outil utilisé, il y a deux méthodes fondamentalement différentes qui permettent de trier.

Le tri par suppression :

Je regarde toutes mes photos une à une, et je supprime celles qui ne me conviennent pas, celles qui sont moches (et hop, un glisser-déposer dans la corbeille, ou « x » sous lightroom).

Avantage : on ne rate rien, on regarde précisément toutes les photos
Inconvenient : c’est long
On retire les photos ratées, il reste les potables, les moyennes, les bonnes et les très bonnes.

Le tri par sélection :

Je regarde toutes les photos et je ne garde que celles qui sont bonnes (glisser déposer dans un autre dossier, ou « p » sous lightroom)

Avantage : bien plus rapide que le tri par suppression
Les photos sélectionnées sont les meilleures et non celles qui sont justes potables
Inconvénient : on peut supprimer les photos qui en fait seraient pas mal pour un autre usage…(enfin il faut un brin de mauvaise foi pour dire ça ;-) )
on ne garde que le très bon, c’est frustrant (mais la frustration fait grandir)

La meilleure solution ?
Ce serait un peu de tout. En fait, elle dépend du contexte de tri (pourquoi ai-je pris ces photos, à quoi serviront-elles ?), mais globalement on pourrait retrouver le schémas suivant :

à la prise de vue : je supprime immédiatement les photos vraiment ratées, et verrouille celles que je trouve vraiment bien (au cas où). Je jette un premier regard sur les photos sans les trier

Sur l’ordinateur  : Je sélectionne les bonnes photos, je les édite.

Plus tard : une fois le rush passé, je jette un œil aux photos non retenues, vérifier que je n’ai rien oublié, ni laissé passer. Puis j’écrase définitivement les fichiers non retenus.

Un exercice pour progresser vite : la sélection ultra-restreinte

Lorsqu’on sélectionne les photos, on fait travailler son œil, son regard critique. Les photos retenues servent ainsi de référentiel. Ce sont les photos que je suis capable de faire, puisque je les ai déjà réalisées. Lors de la prise de vue suivante, j’essayerais d’obtenir des images de qualité similaire, progressivement, j’élève ainsi mon référentiel, et mon niveau d’exigence et je progresse.

A LaToileScoute, on a un jour décidé, au cours d’un rassemblement où nous étions bien trop nombreux, que chacun n’aurait le droit de garder que 25 photos maximum. Très vite on s’est aperçu que le niveau global de nos images avait fait un bond incroyable juste par ce choix complètement arbitraire. Certains ont même réalisé moins de 25 images par jour (et quand on fait que ça de la journée, c’est pas beaucoup) parce que leur niveau d’exigence était du coup bien plus élevé.

Depuis, on reproduit la technique dans nos formations, et lorsqu’on forme un photographe en interne. On demande de ne sélectionner qu’une ou deux photos sur une après-midi, ou 10 photos sur un événement.

Le photographe doit alors se poser plusieurs questions pour son choix

  • qu’est-ce qui fera qu’une de mes photos est bonne ou ratée ?
  • est-ce que je garde deux photos bonnes mais assez similaires, ou est-ce que j’en supprime une pour mettre en évidence un autre moment de l’événement ?
  • est-ce que je garde la photo qui me plaît, ou la photo qui sera utilisée ?

Rien que cette contrainte force a photographier différemment, puis à trier différemment pour ne finalement aller qu’à l’essentiel.

Je me suis mis à l’exercice sur les photos de vis tes rêves. J’en ai sélectionné 10 (alors que d’après la numérotation des fichiers j’en ai pris un millier pendant le jamborée) et finalement, il n’y a pas tellement besoin de plus pour raconter un jamborée…

Tu te demandes ce qu’est une photo réussie ?

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Les Auteurs

Xavier

Scout depuis que j’ai des souvenirs je me suis baladé de groupes en groupes dans les hauts de seine, Beaucoup à Nanterre, avec (...)

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