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Organiser une rencontre intermouvement

Ose le défi de la rencontre avec d’autres scouts !

On en parle souvent, des Zautres, les pas comme nous, les « en short » alors qu’on porte des pantalons, les « smarties » quand on est avec une chemise beige, les « tradis » quand on ne l’est pas, les « laxistes » quand on ne l’est pas … Que de stéréotypes !

Et si on osait la rencontre ? Mais comment l’organiser ?

Cette fiche technique ne vaut pas méthode unique mais ce sont quelques retours d’expérience qui pourront te servir.

Des prétextes à la rencontre

Une fois la décision prise de se rencontrer, il faut trouver un prétexte à la rencontre, et réussir à contacter d’autres scouts.

Quelques idées en vrac :

  • une rencontre pendant l’année autour d’un jeu
  • une étape de grand jeu commune avec un camp pas très loin
  • une veillée commune avec le camp en face
  • des points de chute d’explos dans d’autres camps scouts au lieu d’être chez l’habitant (testé : c’est extra !)
  • une marche commune en montagne
  • une fête locale (paroisse, ou autre)
  • trainer au supermarché de son lieu de camp et trouver d’autres scouts qui y font les courses aussi, et leur dire « et si on se faisait un truc ? ».
Responsables AGSE?, SUF?, SGDF? ensemble.

Avant la rencontre

Les chefs se rencontrent entre eux et préparent tout dans les moindre détails. Car ce sont bien les détails qui vont d’abord compter. Certes pour avoir des activités de qualité, mais d’abord et avant tout pour éviter qu’un quiproquo ne s’installe, ou que la rencontre ne se transforme en fiasco, renforçant les idées reçues.

En maîtrise, on prendra alors soin de se parler et de repérer tout ce qui peut paraître l’évidence pour l’un, pas si évident pour l’autre.

Une méthode peut être de discuter entre chefs et de lister ce qu’on veut montrer qui nous rapproche, et ce qu’on veut éviter car qui peut nous diviser. Montrons que nous avons d’abord de très nombreux points communs avant de parler des points qui peuvent diviser. La rencontre se focalisera alors sur ces points communs. Il sera toujours temps de parler des autres différences plus tard, quand on se connaîtra mieux.

Il est aussi nécessaire que les chefs aient une volonté de rapprochement amical, pas une volonté de concurrence. Ce serait un échec. Les chefs doivent être donc particulièrement convaincus des points communs entre mouvements, car pendant la rencontre, il faudra les expliquer aux jeunes. C’est aussi ça la rencontre.

Les premières minutes de la rencontre

Lors des rencontres entre mouvements, les premières minutes sont importantes. Souvent, les scouts se regardent en « chiens de faïence », méfiants, s’observant les uns les autres.

Et là, arrive un scout qui fait le salut scout. Une demoiselle voulait faire une bise, elle hésite, fait la bise en faisant le salut scout, les deux sont mal à l’aise. Normal, le salut scout pour l’un, la bise pour l’autre, étaient leur manière habituelle de se dire bonjour !

Alors entre chefs, on se détermine : salut scout ? « OK, passez l’info à tous vos jeunes ». Rassemblement ? « Non, trop compliqué pour ceux qui ne savent pas le faire ». Comment on amorce la discussion entre les jeunes ? On mélange des jeunes ? Comment forme-t-on les équipes alors qu’ils ne se connaissent pas ? Attention, il ne faudrait pas qu’un jeune se retrouve sans copain parmi des inconnus, comment faire alors ?

Toutes ces questions doivent trouver leur réponse, l’expérience montre que la rencontre se déroule au top par la suite.

Pendant la rencontre

Mais on fait quoi pendant ce type de rencontre ?

Réponse facile : ce qui nous rapproche, pas ce qui peut nous diviser.

Ce qui marche le mieux, et de loin, ce sont les activités scoutes basiques :

  • se défouler dans un grand jeu
  • participer à une veillée commune
  • faire une randonnée
  • faire à manger au feu de bois

Deux idées fortes :

  • il faut très vite briser la glace
  • on se rencontre vraiment quand on ne se confronte pas.

Tu nous vois venir ?

« Confrontons nous ensemble à un ennemi commun ».
Un bon grand jeu, avec des équipes jeunes mélangées, c’est le succès garanti : cela force la rencontre en toute simplicité, parce qu’on est ensemble pour laminer l’équipe adverse. Un simple PRV, une prise de drapeau, une chasse au trésor … on sera simplement très vigilant sur les règles (attention au « comme d’habitude »), et sur la formation des équipes pour que tout le monde soit très vite à l’aise pour jouer. Attention aux différences de tranches d’âge aussi entre mouvements.

Puis au fil de la rencontre, c’est assez sympa que chaque groupe fasse découvrir à l’autre mouvement certaines de ses habitudes, de ses petites traditions locales (un cri, un banc, etc …). Autant de choses enrichissantes pour qu’en rentrant, chaque jeune puisse se dire « OK ils sont scouts aussi, différents, pas forcément ce que j’aime, mais ça se respecte ».

Course de caisses à savon

Attention aux idées reçues

Je te décris quelques moments qui ont gênés des rencontres inter-mouvement que j’ai pu faire.

  • Tous les mouvements ne sont pas catholiques. On peut peut-être faire la concession de ne pas avoir de temps religieux exceptionnellement.
  • Il est loin d’être prouvé que la messe entre catholiques rapproche. Cela peut nécessiter explication quand tous les scouts du mouvement d’à côté viennent avec les gants blancs, le drapeau et s’agenouillent pendant la messe (idée reçue ? Pourtant vécue … )
  • Tout le monde ne pratique pas les rassemblements. Mieux, s’ils sont pratiqués dans beaucoup de mouvements, il existe des nuances entre ceux-ci. Cela nécessite de bien se mettre d’accord sur le cérémonial.
  • Un grand jeu avec des questions ? Génial mais attention aux thèmes des questions qui doivent être abordables par tous. Tout le monde ne connait pas l’histoire de BP par coeur. On s’assurera que chacun puisse se mettre en valeur lors de ce type d’épreuve.
  • Une bataille de foulard ? Une sioule ? Attention aux règles qui varient selon les unités scoutes. Je revois un de mes scouts très énervé contre un Scout Unitaire qui lui chipe mon foulard alors qu’il était en duel : oui dans mon groupe, une fois en duel, un autre scout ne pouvait pas intervenir dedans. « Tricheur ! ». Bonjour l’ambiance.
Une cheftaine FEE? apprend à un scout AGSE? à réaliser une bague de foulard

Soigner la fin de la rencontre

Souvent on prépare bien le début, et moins la fin. Alors, là, comme on ne sait pas trop comment conclure, un chef a souvent la bonne idée de ressortir une de ses habitudes. Pas calé avant. Bim. Non, préparons bien la fin. Ça peut être sympa un temps de relecture commun, ou par unité, pour se dire ce qu’on a découvert chez le voisin, ce qu’on n’aime ou qu’on aime pas, une occasion d’échanger nos regards, de peut-être mieux se comprendre.

Et puis c’est important de se dire proprement au revoir, « à la prochaine » peut-être même, qui sait.

Echange de foulard, d’écussons, ou diffusion d’un objet commun qui fera le souvenir de cette rencontre : un ruban à ajouter au foulard, une bague particulière, un écusson, etc …

Quelques précautions d’usages pour les chefs

Nous t’invitons à vérifier le mouvement scout concerné est bien considéré comme en étant un. Pour rappel, sont reconnus par l’Etat 9 (10, en 2017) associations de scoutisme, que tu retrouveras sur notre portail Scoutisme.net.

Une rencontre inter-mouvement est souvent un acte fort pour son unité, tiens en informé les responsables de ton groupe.

PS

Photos : Centenaire du scoutisme à Grenoble - 2007 (par Ludo - LaToileScoute)

Publié le (mis à jour le )