Fabriquer une pomme de touline

Un joli cadeau ou accessoire de décoration

La pomme de touline est utilisée en marine au bout des cordages pour faciliter leur lancement. Mais fabriquée avec de la ficelle lisse et une bille cela devient un sympathique petit porte clé.

A la fin de ce tutoriel sur la pomme de touline, tu découvriras l’origine et l’usage de la pomme de touline.

Matériel

  • 140 cm de ficelle lisse
  • une bille (ou de la corde et un « calot »)

En vidéo par la Corderie Royale

La Corderie Royale utilise un épissoir. Tu peux aussi utiliser un épissoir « plan B scout » : un maquereau ! Un petit tutoriel explique comment faire sur le site Nico-Matelotage.

Explication pas à pas

Nota : l’exemple montre, pour ne pas trop surcharger les schémas la fabrication d’une pomme avec trois tours de ficelle. Même s’il ne faut descendre dessous ce chiffre, on peut varier à volonté leur nombre.

Saisir la bille entre le majeur et l’index. A l’aide de l’annulaire on bloque la ficelle et on fait trois tours autour de la bille et des doigts qui l’enserrent.

Puis on clôture ces trois tours en tournant autour de l’index, ce qui permet de débuter les tours transversaux.

On fait à nouveau trois tours, perpendiculaires aux trois premiers…

Arrive la manœuvre délicate, il faut retirer ses doigts de l’assemblage ainsi fait.

Une fois cela fait, on fait à nouveau trois tours en passant par les trous laissés par les doigts

Bien remarquer qu’on passe à l’intérieur des anneaux les plus grands et à l’extérieur des plus petits. (vue de dessus sur le schéma à droite)

Une fois les trois tours faits, le bout sert de ficelle d’accrochage et il ne reste plus qu’à serrer : pour cela on reprend un par un les fils en les tirant au maximum (c’est le plus long)

Pour aller plus loin…

Les fabricants chevronnés pourront tenter de la fabriquer sans la bille !

A quoi sert la pomme de touline ?

Un grand merci pour les commentaires sur l’article. Nous les reprenons ici pour faire découvrir à nos responsables ou jeunes scouts et guides toute son histoire.

La pomme de touline est en réalité le nœud de poing de singe appelé également pomme de lance amarre. Le mot touline viendrait d’une déformation du mot anglais towline (littéralement, « ligne de remorquage »). Lorsqu’un navire important (en taille bien sur) arrivait à proximité d’un quai, ses aussières d’amarrages étaient très lourdes et encombrantes et donc impossible à lancer à quai. Un matelot à bord préparait donc le lance amarre : bout’ fin du diamètre d’un doigt environ, et d’une vingtaine de brasse de long (brasse : 1,82m environ). Ce bout’ était alourdit à une extrémité d’un nœud de poing de singe afin de pouvoir le lancer à un autre marin à terre (en ayant veillé que l’autre extrémité soit capelée sur l’œil de l’aussières). Une fois la transaction faite entre navire et terre, plusieurs personnes parfois mêmes aidées de chevaux pouvaient enfin haler l’aussière sur le quai et la frapper sur une bite d’amarrage.

Sur les lance-amarre en bout’toronné (plusieurs brins tournés autour d’une âme), le lance amarre est fait à l’extrémité du bout’ directement, avec la pomme de tire-veille (extrapolation du nœud de diamant) qui est une superposition d’un cul de porc et d’une tête de more qui sont doublé, triplé voir + suivant la taille de la pomme que l’on souhaite obtenir. Ce nœud d’arrêt est serré directement sans être lesté en son centre (jadis on le lestait dans le goudron, aujourd’hui il est trempé dans de la peinture à plusieurs reprises après chaque séchage).

De nos jours ce système est toujours utilisé par les services de lamanage des ports, malgré l’aide considérable apportée par les remorqueurs et autre skiff d’approche de quai.

Pat précise alors :

La pomme de touline est toujours utilisée ! Et ce par tous les marins du monde ! Personne à ce jour n’a trouvé mieux pour envoyer une amarre à terre … La pomme de tire-veille est reliée (amarrée) à la touline, en général un cordage flottant de diamètre 6, parfois elle-même reliée à une vérine de diamètre bien plus fort, jusqu’à 40 mm…
Récapitulons : on lance la touline, on file cette dernière, puis la vérine, qui elle est reliée à l’aussière qui peut être un énorme câble d’acier sur les navires de fort tonnage, comme les pétroliers, minéraliers, méthaniers ou encore porte-containers géants. Dans ce cas, d’amarres en fil d’acier, elles comporteront toujours une extrémité en nylon pour servir d’amortisseur. C’est cette partie de l’amarre qui comportera l’œil épissé qui sera capelé sur la bite d’amarrage. Ces amarres sont si lourdes, que les quais sont équipés de cabestants (treuils verticaux) pour permettre aux lamaneurs de les hâler.

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