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Que font nos ados en 2018 sur les réseaux sociaux ?

Après avoir vu les réseaux les plus fréquentés, parlons de ce que les adolescents y font, de leurs usages.


Cet article fait suite à l’état des lieux des présences sur les réseaux sociaux :

  • Les réseaux sociaux des ados en 2018

    Mais ils sont où ? Mais ils sont où ? Mais ils sont où les ados … Et bien probablement pas là où tu le crois, si tu es un adulte en tous cas. (...)

S’informer

Beaucoup ne sont pas plus intéressés par l’actualité que « du temps » des journaux (on exagère, ils existent toujours !).
Mais ils restent nombreux à la suivre, et certains sont même très engagés sur le sujet. Dans ce cas, ils la suivent essentiellement par les réseaux sociaux. Avec la limite des bulles de contenu : l’information présentée sera alors souvent déséquilibrée et partiale.

Pop culture

Les réseaux permettent de nombreuses recommandations entre ados. Chacun s’abonne aux comptes de son choix, sur le média de son choix.

Alors comme à la télévision, qu’ils fréquentent beaucoup moins, certains suivent des choses plus culturelles que d’autres. Les Pranks (terme moderne pour dire à peu près caméra cachée) cartonnent sur YouTube, et un tas de comptes assez hallucinants de bas niveau côtoient des comptes d’une très grande qualité de contenu. Comme on peut avoir NRJ12 et Arte sur le média télévisuel, on retrouve cette disparité dans les réseaux.

Une limite est un comportement de nombreux jeunes sur Internet dans les commentaires, souvent très limites. Beaucoup de créatifs s’en plaignent.

Mais pour beaucoup de jeunes, cela donne une envie forte de créer à leur tour. Et jamais les moyens de créer et diffuser sa création auront été aussi abordable.

De la créativité publique

Des comptes photo Instagram avec de très belles photos, des vidéos créatives de grande qualité. Les ados ont de réels talents, et les développent. A côté de cela, ils doivent gérer la croissance de leur contenu, la croissance de leur canal, leur communauté, voire leurs relations avec les marques … C’est impressionnant.

Un exemple avec The Green Comedy :

Ou avec Satine Walle :

A noter que ces jeunes créateurs animent leur communauté sur YouTube, Instagram, Snapchat, un peu Twitter, mais rarement avec une page Facebook.

Des usages très pratiques

Comptes et groupes de classes, d’équipes sportives, les réseaux permettent beaucoup de coordination entre jeunes. Parfois avec une tonne de messages pour juste définir un rendez-vous : l’instantanéité des messageries n’est pas aussi efficace qu’un sondage, ou une discussion structurée par sujets.

C’est une grande activité souterraine qui a lieu sur des groupes Facebook secrets, des groupes Whatsapp, voire Telegram.

Des relations plus privées

Si, il y a quelques années, on se plaignait du caractère trop public des publications des ados, la tendance est largement inversée.

Les mouvements actuels des réseaux correspondent aussi à une très bonne nouvelle : conscients que Facebook garde tout, change de règle souvent, Julie Smith, scientifique spécialisée dans le social et les ados, indique qu’ils préfèrent des réseaux où le contenu parait éphémère, et où ils sont nettement plus certains de leur caractère privé. Snapchat est le réseau qui répond le mieux à ça.

Limite : beaucoup acceptent un peu tout le monde dans leur communauté privé, surtout à la pré-adolescence. La raison ? La validation sociale.

La validation sociale et la gratification

Les réseaux sociaux répondent aussi à un besoin de l’ado : la validation sociale et la gratification.

Ce besoin incite à créer et partager, à obtenir le maximum de likes, de cœurs, de flammes.

Parlons de ces flammes. Elles sont sur Snapchat. Le principe est que plus tu discutes avec quelqu’un, plus tu gagnes de flammes. Si tu arrêtes de discuter, même brièvement, tu perds tes flammes. On gagne en gros, un cran par jour de discussion. La conséquence ? Maintenir une discussion même si on n’a rien à dire. Et si on part en week-end ou en camp scout ? Pas de soucis, on confie son mot de passe à un ou une amie pour qu’il ou elle entretienne les flammes. Ou on se connecte discrètement le soir dans la tente pour les entretenir. La flamme permet de « valoriser le niveau » d’amitié.

Le culte de la beauté

Quand on est moyennement créatif, alors, on reprend, on plagie … ou on se montre. Quand on est beau ou belle. Photo pas trop habillée, pose avantageuse, la tentation est là, en particulier sur Instagram ou Snapchat. Ou on fait des vidéos tuto maquillage, détail de ses fringues. Vaut mieux avoir un peu d’argent.

Moyennement créatif, moyennement beau, ça devient compliqué. Des ados s’en moquent complètement, pour d’autres, c’est plus difficile à vivre.

Et même pour les créatifs, récemment un live de The Green Comedy avec 4 jeunes vidéastes YouTube montrait leur usure de s’entendre dire qu’ils sont « trop beaux » alors qu’ils préfèreraient être valorisés pour leur art.

Des usages douteux souterrains : sexe drogue et rock’n’roll ;)

Snapchat, par son caractère privé et éphémère permet des usages douteux :

  • des dealers y ont « pignon sur rue » pour y faire leur business. Accessibles par SMS, ils le sont maintenant aussi sur Snap, qui permet de partager assez facilement leur Snapcode. On y voit même des promos !
  • Le sexting, pratique qui existe depuis longtemps, se renforce. Certains jeunes se créent même des comptes secondaires dédiés à ça, avec des groupes de discussion « anonymes » où on s’échange des « nudes », terme tellement entré dans le langage courant qu’il trahit une grande pratique.
  • Des comptes de pronostics pour des paris en ligne, des comptes de fake news, des diffusions de vidéos débiles, on trouve de tout comme comptes. Tenus par des adultes, on peut dire que le glauque d’internet y a une certaine place. L’ajout de liens simplement cliquables a créé une forme de business parallèle difficile à maitriser.

Les dossiers

Lié à Snapchat mais pas que, l’habitude des « screenshots », la capture de photos éphémères, mais aussi l’omniprésence des appareils photos partout, tout le temps, maintient une certaine pression sur chacun. Chacun a des « dossiers » les uns sur les autres. Ce n’est pas forcément très sain.

Un instant malaise lors d’un camp récent, alors que tous avaient leur téléphone rangé et globalement ne posait pas de soucis. Des jeunes lancent un gobage de flamby. Dans la minute, 5 téléphones portables se mettent à filmer. Réflexe.

Enfin, les comportements avec l’écran …

Isolés les uns à côté des autres, il arrive régulièrement que tous soient scotchés sur leur écran. Autant dire que celui qui n’a pas d’écran s’ennuie fort.

Une expérience un jour en camp scout, lors d’une zone qui captait après 12 jours sans réseau, tous se sont mis à regarder leur téléphone. Ambiance de camp détruite.

Attention cependant à bien relativiser ce point : les ados passent moins de temps sur les réseaux sociaux que leurs parents, qui sont bien plus concernés par ce phénomène. Nos ados prennent toujours autant de plaisir à se faire un foot, à délirer en soirée téléphones dans les poches.

Les enjeux éducatifs ?

A partir de ces usages, on commence à voir apparaitre des enjeux éducatifs. Nous en faisons un autre article, le dernier de notre série.

  • Les enjeux éducatifs des réseaux sociaux

    Découvre ici notre proposition d’enjeux éducatifs, mais attention, nous n’avons pas la prétention d’être exhaustifs : le sujet est vaste. N’hésite pas à (...)


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Les Auteurs

Seb Faÿs

Scout depuis quelques années, j’ai compté avoir campé sous la tente en camp scout l’équivalent de près de 2 ans complets. Oui plus (...)

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