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Chef pionnier belge, j’ai passé mon camp d’été avec des Scouts d’Europe français

Découvrir le scoutisme dans une autre association scoute

L’été dernier, un chef de la fédération des scouts de Belgique (Les Scouts) a décidé de tenter l’aventure d’un camp dans une autre association. A partir du Cercle scout il va découvrir les Guides et Scouts d’Europe français et vivre un échange unique. Retour d’expérience dans cette interview.

Mais quelle mouche t’as donc piquée ?

Avant de commencer le récit de mon expérience au sein de la troupe 1re Chennevières-Ormesson, je vais me présenter en quelques lignes.
Je m’appelle Jean-Benoit, j’ai 19 ans et je suis animateur pionnier? (16-18 ans) en Belgique, dans la région namuroise.

Mon envie de découvrir un autre mouvement scout m’est venue un soir, alors que je réfléchissais à la façon dont tourne mon mouvement, la Fédération des Scouts de Belgique.

Jean-Benoit Chardome

Comment as- tu fait pour trouver un groupe scout, dans un autre pays que le tiens ?

J’ai eu l’idée de publier un message sur le groupe Facebook « Le cercle scout », dans lequel j’expliquais mon envie de découvrir un autre mouvement, mes motivations,…
J’ai dans un premier temps eu des propositions de scouts africains, mais ce n’était pas faisable pour moi.

Quelques heures plus tard, j’ai reçu un message d’un chef de troupe français, originaire de la région parisienne. Son message m’a marqué :« J’ai vu ton post sur le cercle scout et suis scout en France dans l’association des guides et scouts d’Europe. Désirerais-tu venir à mon camp sachant qu’il sera jumelé avec des autrichiens et la 7e Bruxelles campera près de nous et nous ferons un jeu ensemble ? »

Après avoir un peu discuté, nous nous sommes appelés pour en savoir plus et me permettre d’expliquer concrètement mes envies.

Levée des couleurs sur le lieu de camp
Christophe Schoeller

Comment s’est passée la première rencontre ?

Quelques mois plus tard, je devais me rendre à Paris pour le salon de l’agriculture. J’ai donc proposé à Luc, chef de troupe, de se rencontrer. Coup de chance pour moi, il était justement en week-end scout à cette date là ! Il m’a proposé d’y participer, afin de se rencontrer une première fois. J’ai bien sûr accepté assez rapidement.

Le jour J arrivée 3h30 de route plus tard, bien qu’un peu stressé ne sachant pas à quoi m’attendre, j’arrive sur place. Directement, j’ai été accueilli par la maîtrise comme si on se connaissait depuis des années !

Dans les premiers instants, les scouts me regardaient en se disant probablement « c’est qui celui-là avec sa chemise bleue et sa plaque d’immatriculation belge ? »
Mais la situation a vite changée, ils se sont montrés très accueillants après un petit mot d’explication de Luc sur ma venue.

Pendant les différents jeux du samedi, j’ai eu l’occasion de discuter avec les animateurs, qui ont pris le temps de m’expliquer leur mouvement.

Un truc qui t’as marqué sur cette première rencontre ?

Oui le dimanche matin nous sommes partis de bonne heure pour une messe au sein de l’église du village.
J’ai assez vite été surpris par l’immense participation des scouts à la messe, chose que je n’ai pas vue dans mon unité en 14 ans ! Un scout qui sert à la messe, c’est une chose que je n’aurais jamais pensé possible sans l’avoir vu. J’avoue avoir eu besoin d’un peu de temps à la sortie de la messe pour réfléchir et comprendre ce que je venais de voir.

Christophe Schoeller

Tu as voulu poursuivre l’expérience ?

Après ce week-end, je suis rentré chez moi pensif, mais surtout positivement étonné par ce que j’ai vu et surtout vécu. Sans problème je voulais continuer pour le camp d’été.

Mais du coup, tu as enchainé deux camps d’été ?

Oui, pendant la première quinzaine du mois de Juillet, j’étais assez occupé par mon camp pionnier et j’étais assez fatigué, tout en étant impatient de commencer mon deuxième camp avec les Scouts d’Europe. Je suis rentré chez moi de mon camp le vendredi 14 juillet dans la soirée, en ayant juste le temps de faire tourner la machine à laver pour repartir le 15.

Réveil programmé pour 2h30 du matin, c’est parti pour quelques heures de sommeil avant de prendre la route ! Malgré le peu de sommeil, je prends la route vers 3h, arrivée prévue vers 7h pour le petit déjeuner.

Arrivée compliquée due au fait que mon GPS m’a indiqué une mauvaise adresse, et que la couverture gsm est complètement inexistante ! J’ai finalement trouvé par hasard, en entendant le son d’une corne après m’être arrêté la fenêtre ouverte pour consulter ma carte enregistrée sur mon gsm !

Certains scouts ne me connaissant pas encore, j’ai eu le temps de discuter un peu avec eux, et j’ai fait connaissance avec les scouts autrichiens et leurs animateurs.

catapulte pendant les olympiades
Luc Lelièvre

Et comment s’est passé ce camp d’été ?

Au fur et à mesure que les jours avançaient, je découvrais un peu plus les traditions, habitudes, j’ai également eu l’occasion de discuter avec les scouts, afin d’avoir leurs avis sur le mouvement, la présence de la religion et son impact,…
Ces discussions m’ont énormément aidé à comprendre la façon dont le mouvement fonctionne.

Malgré la barrière de la langue, j’ai réussi à discuter avec les scouts autrichiens, afin d’avoir leur vision du mouvement également.

Un autre point qui, pour moi, était surprenant, c’était la réactivité des scouts le matin pour le réveil à 7h, suivi de la messe à 7h15.

Et puis vient le moment du grand jeu ! Ce dernier a été organisé dans les moindres détails par les chefs de troupe des 7 unités présentes dans la région, le tout coordonné par un commissaire national belge, ce dernier connaissant bien la région.

En résumé, notre troupe et la troupe autrichienne jouaient le rôle d’enfants difficiles placés dans un camp très strict, limite militaire, qui étaient censés s’être échappés du bâtiment. Les 5 autres troupes avaient pour mission de nous mettre la main dessus. Afin de rendre le jeu plus crédible, les gendarmes de la région ont fait le tour des camps concernés afin de demander de l’aide. (cfr livre « Grand Jeu » - Signe de piste)

Fin du grand jeu, rassemblement de toutes les troupes
Christophe Schoeller

Ce jeu était tout simplement génial !

Le lendemain matin, après une allocution de Martin Hafner (commissaire fédéral des Scouts d’Europe) et avoir été occupé à soigner les quelques blessures dues au trajet en forêt, nous avons eu une messe par 3 prêtres, avec les 7 troupes réunies. Un moment assez spécial, étant donné qu’on comptait environ 170 personnes !

La suite du camp s’est déroulée assez calmement, dans la bonne humeur générale.

Alors quelle est ta conclusion de cette rencontre originale ?

Après cette expérience, je peux dire que le point le plus marquant est sans aucun doute la religion.
Pour le reste, nos activités sont assez semblables, comme par exemple le grand jeu, le concours cuisine, ou encore la journée sportive.

En résumé, je m’estime extrêmement chanceux d’avoir pu vivre un camp chez les Scouts d’Europe, et si je n’habitais pas si loin d’eux, ce serait un honneur d’être chef à la 1re Chennevière-Ormesson.

PS

En pour ceux qui le désirent : une vidéo a été créée par le chef de troupe autrichien après le camp, vous la trouverez à cette adresse : http://www.dailymotion.com/video/k3ndkhE2RJFfXJoRIa4

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